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Khalid Alioua
Publié dans MarocHebdo le 06 - 02 - 1999

Khalid Alioua, prototype de la génération des rénovateurs
L'ALTERNATEUR DE L'ALTERNANCE
Au fil d'un entretien franc et direct, parfois même serré, on comprend que Khalid Alioua a des messages politiquement forts à transmettre. Mais que les points de presse, après chaque conclave gouvernemental, ne suffisent pas à faire passer.
Le porte-parole du gouvernement a le verbe facile. De par la nature de sa fonction, les sujets abordés sont variés. L'éventail est sans limite. Tout y passe, de la réforme de l'administration pénitentiaire à la révision du code du travail, en passant par la subvention de l'orge et du maïs ou l'assainissement de la CNSS. Sur chaque dossier, Kalid Alioua, en bon généraliste du gouvernement, jongle avec les chiffres et les mots clés, fait défiler les lexiques appropriés dans des développements où technocratie et politique font assez bon ménage.
Jongleur mais pas prestigiditateur. Sa facilité verbale, dans un bilinguisme parfait, le ferait passer pour un hâbleur accompli, si ce n'était son engagement reconnu et bien ancré. Le propos du ministre trahit une militance non seulement assumée mais revendiquée. L'étiquette partisane, Alioua y tient et y croit, ce qui ne l'empêche pas de la théoriser.
L'USFP est plus pour lui un fanion gagnant qu'un totem sacré, à maintenir en l'état pour mieux le vénérer, pour mieux l'idolâtrer dans sa longue histoire de refus. Cette histoire, il la veut productive, politiquement prospective, mise au service d'un parti de gouvernement qui quitte son opposition quarantenaire pour embrasser la conduite des affaires du pays.
Triennat solidaire
Alioua semble être le prototype de la génération des rénovateurs qui entend réconcilier les acteurs politiques avec le public. Réconciliation dont il compte bien engranger les bénéfices pour son parti, aux prochaines élections. L'USFP cartonnera, dit-il d'un air entendu, comme si des prochaines urnes sortiront soit des bulletins socialistes soit de la fausse monnaie électorale. Khalid Alioua peut envisager, sans l'ombre d'une angoisse, le congrès tant redouté de l'USFP. Mais qu'il mette dans le même élan de sérénité, des élections totalement régulières, cela frise le rêve éveillé.
Ce qu'il retient précisément d'une année d'alternance consommée, c'est la réhabilitation du politique. Il annonce un peu trop vite le retour du public à de meilleurs sentiments à l'égard de ses gouvernants et de leurs partis. Excès d'optimisme, mais optimisme volontaire, car il en faut bien pour digérer la dose quotidienne des réalités vues des postes de responsabilité. L'implication est totale. La griserie de pouvoir n'est jamais perceptible. De même qu'il est difficile de prendre à défaut une bonne foi à fleur de peau.
L'ancienne majorité qui s'était incrustée au pouvoir, en prend pour son grade. Le leg est lourd. Un handicap difficile à négocier. Les gouvernements précédents n'ont engagé aucune grande réforme, même pas celles de l'administration ou de la justice, pourtant exigées par la Banque Mondiale. Dix années de PAS dilapidées. Les difficultés, les problèmes et les facteurs de blocage sont aussi nombreux que les attentes. La pente à remonter est longue et pénible. Il faut donc savoir attendre et surtout pas demander des miracles.
De l'euphorie au scepticisme
Alioua revendique un "triennat solidaire". Trois années de grâce, bien qu'il n'aime pas le terme, avant le vrai démarrage. Après, il faudra compter deux autres années avant d'espérer toucher les premières dividendes de l'alternance. Echéancier électoral en main, cela fait un bail législatif tout rond. On le tient, donc, le vrai enjeu de la transition actuelle. Le seul qui vaille pour les socialistes: Un positionnement fort pour des élections propres. Rendez-vous est pris pour 2002. Une démocratie qui prend sa vitesse de croisière à une échelle millénaire, c'est de bon augure pour l'avenir lointain. La campagne électorale aura tout de même des allures de bilan pour le gouvernement Youssoufi.
À entendre Khalid Alioua, ce sont toutes les composantes de la coalition gouvernementale qui s'y préparent, et pas seulement les socialistes. Malgré les apparences, le gouvernement travaille. Il prend même des décisions que son porte-parole est chargé de nous transmettre. À chaque conseil de gouvernement suffit sa peine de nouvelles à répercuter. Elles sont rarement de nature à soulever l'enthousiasme des foules. À la vérité, après l'euphorie des premières semaines, elles sont reçues avec un scepticisme qui confine à l'indifférence.
Pourtant, de temps à autre, les mesures prises ont une portée nationale et des répercussions positives sur certaines catégories professionnelles, voire sur de larges couches de la population. À titre d'exemple la récente augmentation des médecins, qui va remonter le moral et peut-être même améliorer la qualité de travail des toubibs de la santé publique. Ou encore la subvention de l'orge et du maïs, qui devrait profiter à quelque six millions de personnes. Ce type de mesures visibles et traduisibles au quotidien, sont rares. Le gros du travail du cabinet Youssoufi, que Alioua doit rapporter au public, se veut une action de remise en ordre et de rattrapage. L'humanisation de l'univers carcéral et l'amélioration des conditions de détention, l'incitation à l'investissement et les efforts inlassables pour la relance de la machine productive, le relèvement du taux de scolarisation en milieu rural, la moralisation de la passation des marchés publics par des procédures plus rigoureuses Autant d'actions nécessaires, mais difficilement accrocheuses, en termes de relations grand public.
Assurance tous risques
Action en profondeur d'un côté, amoncellement d'urgences et de doléances immédiates de l'autre. Entre les deux, Khalid Alioua semble pris en tenaille. Il s'en sort en essayant de communiquer sa conviction dans l'expérience en cours. Il en est tellement convaincu qu'il en arrive à décréter qu'il n'y a pas d'alternative à la méthode Youssoufi des petits pas, de l'accumulation des petits changements, des "micro-ruptures", comme les qualifie le porte-parole du gouvernement. Non seulement notre politique est une uvre de sauvetage national, mais rien ne sera plus jamais comme avant, assure-t-il, en martelant ses mots. Autrement dit, même si les coalisés de l'ex-opposition quittent le pouvoir, une perspective que Alioua croit très peu probable à terme, leurs successeurs seront obligés de partir de ce qui a été entrepris. Jusqu'à nouvel ordre gouvernemental, l'équipe de Abderrahmane Youssoufi s'emploiera, donc, à multiplier les points de non-retour, à poser les jalons irréversibles de la continuité du futur.
Me Youssoufi aime à répéter qu'il n'y a pas d'assurance tous risques en politique. Le risque n'en existe pas moins. Ce serait, à trop faire patienter, à trop tirer sur la corde de la compréhension présumée du public, de faire le lit d'une droite libérale rénovée qui sortirait des lambeaux de l'opposition actuelle. Rien n'est définitif en politique. Me Youssoufi, surtout lui, est bien placé pour le savoir.
Au fil d'un entretien franc et direct, parfois même serré, on comprend que Khalid Alioua a des messages politiquement forts à transmettre. Mais que les points de presse, après chaque conclave gouvernemental, ne suffisent pas à faire passer. Le new-look, la nouvelle attitude face aux médias et au public, se sont progressivement estompés, pour laisser apparaître une impression de répétition, voire même de redandonces. Le porte-parole du gouvernement en est conscient. Aussi, relativise-t-il l'impact de la télévision, en tout cas pour ce qui concerne sa fonction à lui. Dans la position qui est la sienne, un média de masse tel que la télévision, n'est pas forcément le meilleur canal de communication et de persuasion des élites. Les opérateurs économiques, le personnel d'encadrement des partis politiques, se reportent, surtout, sur la presse écrite pour se faire une religion. Alioua compte beaucoup sur ce support d'information pour développer ses idées et les faire parvenir aux acteurs de la vie publique et à tous les faiseurs d'opinion.
C'est la raison pour laquelle Khalid Alioua refuse de réduire sa fonction de communicateur attitré du gouvernement, à des comptes rendus télévisés, certes décontractés, mais forcément sibyllins. D'autant que ses apparitions ponctuelles à la télévision ne lui font pas que des amis politiques parmi ses collègues de l'exécutif. Face à une coalition composite, Alioua est tenu à un dosage subtil qui frise la gymnastique cérébrale, pour ménager les susceptibilités de toutes les sensibilités représentées au gouvernement. Un Thami Khyari qui prend position, trop tôt, semble-t-il, pour la non reconduction de l'accord de pêche avec l'Union européenne, peut être difficilement passé sous silence. Et encore, Alioua a de la chance de ne pas avoir à porter la parole d'un ministre du genre Ziane.
Innovation bien ordonnée...
Mais il n'est pas pour autant sorti de l'auberge. Doit-il ne nous entretenir que des interventions qui ont abouti à des décisions, ou nous restituer l'ensemble du débat et de l'ambiance gouvernementale, l'espace d'un conseil? Dans le premier cas, il ne se distinguerait pas trop, profil politique mis à part, de son prédécesseur. Dans le deuxième, il se ferait immanquablement taper sur les doigts, mais il innoverait. Voilà un terme qui lui tient à cur, l'innovation, à commencer par la gestion et l'image de sa propre fonction. Y parviendra-t-il? Une seule solution: innover, précisément. Innovation bien ordonnée commence par soi-même. Après un an de portage loyal de la parole du gouvernement, Alioua devrait revoir sa copie et son style. Faire passer à la télévision les questions-réponses qui suivent sa synthèse déclaratoire, serait un bon début.
Mieux, un biais médiatique qui pourrait le rendre convaincant là où il ne l'est pas suffisamment. Là, où le gouvernement, Alioua compris, trouve toutes les difficultés du monde à développer et à faire partager une stratégie opératoire, efficace et porteuse. Je veux parler de la trilogie, gouvernement-patronat-syndicats. Un triangle où l'équipe Youssoufi n'en finit pas de s'embourber. Un triangle qui risque d'engloutir les espoirs fondés sur l'alternance. Bref, le triangle de tous les désenclavements économiques et sociaux possibles et souhaitables. Alioua n'y peut rien tout seul. Soit. Mais il peut être d'un grand apport en portant un peu plus sa propre parole. Celle de dépositaire d'un grand pôle ministériel où devrait se faire la régulation, la cohabitation et l'interaction dynamique entre l'économique et le social. Notre fringant ministre-alternateur s'y met tous les jours que le gouvernement fait.
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