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Les prisonniers marocains de Tindouf
Publié dans MarocHebdo le 03 - 03 - 2000


LA HONTE DE L'ALGERIE
Séquéstreées marocaines.
Grand tapage médiatique en Europe autour des 186 prisonniers marocains libérés par le Polisario. Esbroufe, propagande, poudre aux yeux. Le Polisario détient 2.000 prisonniers marocains sur le sol algérien. Mais même la presse étrangère a senti que quelque chose ne cadrait pas. Le Polisario abattu par le Conseil de sécurité de l'ONU cherche à se faire bonne contenance à peu de frais. L'Algérie laisse faire.
Agadir, samedi 26 février 2000, des prisonniers de guerre marocains, 186, débarquent et voient le monde pour la première fois depuis des lustres. Certains depuis 21 ans, d'autres depuis 24ans. Et le monde, c'est le ciel marocain. Il est 13 heures à l'aéroport quand ces soldats libérés le jour même, descendent de l'Airbus belge affrété par le Comité international de la Croix rouge et qui vient de Tindouf. Ils revoient le Maroc après un emprisonnement dans des conditions inhumaines. Ils ont vécu dans le pire camp de concentration d'Algérie, celui que ce pays a mis à la disposition des séparatistes du Polisario dès 1975. Ils vont devoir passer quelques jours sur la base militaire d'Agadir pour y être soignés, recevoir un soutien psychologique et se reconstituer un peu le moral. Le Polisario a maintenu ces hommes dans la faim, la soif, la torture puis les mauvais traitements, depuis 1976 ou 1979.
Les plus anciens ont été capturés, en 1976, lors de l'attaque par l'armée algérienne contre Amgala, au nord-est du Sahara marocain, une garnison marocaine isolée. Quand le Polisario n'était encore qu'une bande d'illuminés ou de pillards, mal préparés aux coups de poignard dans le dos de leur propre pays, ni à l'enfermement d'une partie de l'armée du pays où ils sont nés et où ils ont grandi.
Agression
En 1976, le Maroc, qui savait que Boumedienne avait tourné casaque en passant de la neutralité à l'anti-marocanisme, sur le dossier du Sahara, ne pouvait pas imaginer un seul instant que l'armée algérienne pourrait commettre une aussi grave agression : attaquer l'armée marocaine à l'intérieur même de son territoire. Mais les Algériens eurent ensuite la mauvaise idée de se retrancher à Amgala où ils allaient être cueillis aussitôt après, comme des néophytes, par les FAR. Mais c'est une autre histoire.
En 1979, c'est lors de l'attaque de Bir Anzaren que le Polisario se saisit du reste, en tout cas de la majeure partie du reste des 2.000 prisonniers, à peu près, qui croupissent dans des geôles surveillées par des pseudo sahraouis et des Algériens des services spéciaux. Bir Anzaren avant cela était pratiquement un lieu-dit, largement à l'intérieur du Maroc, au nord-est de Dakhla, une bourgade, jusqu'en 1978 aux mains de Mauritaniens tout sauf pugnaces, tout sauf motivés.
Enjeu
Le Polisario sillonnait alors allègrement le territoire mauritanien et opérait des coups de mains contre les villes du Sahara dans des chars, des half-tracks et des jeeps de l'armée algérienne et libyenne, sous les ordres d'officiers algériens, parfois Tadjakant de Tindouf ou R'gueibat Ech Charg. Leur psychose : éviter les unités marocaines issues de leurs tribus ou des tribus Aït Oussa ou Teknas, plus généralement, car les Sahraouis étaient très souvent en tête de ces coups de mains, de ces attaques et contre-attaques des Forces armées royales. Car ils se battaient sur un territoire qu'ils connaissaient mieux que le Polisario. Et l'armée marocaine, dans sa globalité, avait adopté une tactique strictement défensive, mais déjà les soldats originaires du nord du pays apprirent par cur chaque ride de chaque dune, chaque route de chaque puits, les défilés, les monts, les gorges et les oueds asséchés. À tel point que le Polisario ne pouvait en aucun cas se targuer de faire des prisonniers marocains.
Le Maroc n'a jamais exercé de droit de suite ni en Algérie ni en Mauritanie.
Trahison
Le Polisario, toujours encadré dressa même quelque temps ses tentes dans l'Ouarkziz, soit une chaîne de montagnes que même le Polisario ne revendiquait pas, tant elle était loin à l'intérieur, à l'Ouest de Tan Tan. Il fallut les déloger, il fallut même améliorer la défense de Tan Tan, à la suite d'un raid algéro-polisarien.
Puis les murs de sécurité mirent le Sahara hors d'atteinte. Le reste, c'est le néant " libéré ". Ils pourraient pousser la libération jusqu'au bord de la Mer Rouge, personne ne s'en formaliserait. Le problème est que ce genre d'affirmations fonctionne avec les observateurs étrangers ignares.
Mais en tout cas, le Polisario, en tant que mouvement armé, commença à se fissurer sérieusement dès 1983. Il mourut de sa belle mort en 1984. Ce qui advint jusqu'au cessez-le-feu de 1991 n'était qu'un flux de type razzia, défense, poursuite des " guérilleros " très spéciaux, car armés comme des sous-marins, mais essoufflés. Le Polisario a perdu la guerre.
Les prisonniers marocains qui ont atterri à Agadir, en ce 26 février, sont tous des hommes de troupe, des hommes du rang. Pas d'officiers ni de sous-officiers.
Ils appartiennent à un groupe de 191 prisonniers libérés par le Polisario "pour prouver ses bonnes dispositions", en novembre 1999. En fait ils sont un enjeu. Des hommes transformés en pièces sur un damier. Parmi ces hommes, 5 prisonniers malades avaient déjà été accueillis par le Maroc. Les 186 autres ont été remis la veille, le vendredi 25 février au coordinateur du CICR pour le Maghreb, Pierre Reytr, à Tindouf, en présence de représentants de la Mission des Nations Unies au Sahara occidental (Minurso).
En 1997, déjà, le Polisario s'était montré magnanime, à bon compte, en libérant 67 autres prisonniers à l'occasion de "la relance du processus référendaire" et de la visite, à Tindouf, de l'ancien secrétaire d'Etat américain James Baker, émissaire spécial de Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU, pour le Sahara. Seulement, c'est de 2.000 personnes qu'il s'agit. Deux mille soldats marocains trahis sont séquestrés en Algérie, sous la protection et avec la bénédiction de ce pays.
On sait d'où vient le cynisme de la canaille séparatiste qui libère des prisonniers de guerre au compte-gouttes, et à des moments choisis, après 9 ans de cessation des hostilités.
Si le Maroc et le Polisario ont signé un cessez-le-feu en 1991, ce n'était que la formalisation d'une vérité patente. Depuis la révolte du peuple sahraoui dans les camps de Tindouf, en 1988, le Polisario n'avait plus ni d'armée ni de stratégie ni de perspectives. En lieu et place de tout cela, il avait l'Algérie.
Et ce cessez-le-feu n'avait de sens que comme première étape avant la libération des prisonniers de guerre -le Maroc ne détenant aucun militaire du Polisario- l'ouverture des camps, le déminage, l'identification des Sahraouis en vue du référendum. Rien de tout cela n'a été respecté par le Polisario. Le Maroc a déminé avec des experts suédois et français, notamment, le Polisario ne veut ni libérer les prisonniers de guerre ni ouvrir les camps ni même laisser le HCR faire son travail de recensement des réfugiés à l'intérieur de ces camps.
La vérité c'est que le Maroc veut discuter avec le HCR sur la manière dont il s'occupe de la question. Et le HCR s'occupe mal de la question, il n'est ni efficace ni neutre. Alors le Maroc se doit de réclamer le retour de ses enfants au pays, à chaque occasion, et de la manière la plus ferme. Pour que le HCR cesse de tolérer que le Polisario marchande avec de la chair humaine. Encore une fois, il ne s'agit pas d'un échange de prisonniers de guerre mais de la libération des 2000 prisonniers qui auraient dû être libérés en un seul groupe après la cessation des hostilités en 1991. Des gens que le Polisario a fait surveiller de très près par des geôliers algériens sur le sol algérien.
La vérité c'est que dès que le Polisario en position de faiblesse tente d'émerger pour respirer encore une fois, il libère une poignée de prisonniers qu'il a transformés en cadavres ambulants. Les "mesures de confiance" décidées après le cessez-le-feu ayant été systématiquement bafouées par le Polisario, le Maroc a décidé de faire rentrer chaque prisonnier libéré, compte non tenu des mobiles réels des criminels de Tindouf.
Report
Voilà pourquoi le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a indiqué dans son rapport sur le Sahara occidental publié le 17 février, que le Maroc avait dès le 24 janvier 2000, informé le CICR par écrit qu'il était " prêt à accueillir tous les prisonniers de guerre marocains dont le nom figurait sur la liste que le Front Polisario avait remise à son représentant spécial le 23 novembre 1999 ".
Et les prisonniers rentrés au pays sont dans un tel état qu'on a dû les soigner d'urgence, leurs conditions de détentions les ayant brisés.
Mais le renvoi du référendum à une date indéterminable dans le Rapport de Kofi Annan au Conseil de sécurité n'est pas le seul point qui embarrasse le Polisario et qui provoque sa rage. En fait la libération des 186 prisonniers est un geste d'autosuggestion, une manière de vivre en se donnant bonne conscience à peu de frais.
Parce ce que le Conseil de sécurité a appelé le 29 février le Maroc et le Front Polisario à trouver une solution politique au problème du Sahara et qu'il a reconduit le mandat de la Minurso pour 3 mois.
Les Accords de Houston ont été foulés au pied par le Polisario, Kofi Annan a redemandé à James Baker de reprendre contact avec les deux parties. Mais James Baker n'obtiendra pas de Houston II, les Sahraouis qui ont déposé des recours parce qu'on les a passés par la guillotine lors de l'identification, n'ont pas l'intention de se transformer en fumée et finalement le Maroc est clair. Le Sahara est marocain, c'est le Maroc qui y est, il n'y a plus de problème. Il reste seulement au Polisario et à ceux qui le soutiennent à comprendre que le Maroc dira la même chose dans un siècle. Alors Mohamed Abdelaziz peut bien nous menacer de "reprendre les armes", on ne saura jamais pourquoi.
Puisqu'il n'avait déjà plus d'armée en 1985. Quant à son armée actuelle supposée et prétendument "aguerrie et résolue", c'est une farce record. Pour en revenir au référendum mort en pleine enfance, le Maroc continue de le demander, Mohamed Abdelaziz le veut pour " la fin de l'année au plus tard " faute de quoi, il va envoyer une bombe atomique sur chaque ville marocaine.
Le chef du Polisario a commis l'outrecuidance d'appeler Sa Majesté le Roi à "éviter les affres de la guerre" en acceptant la tenue rapide d'un référendum au Sahara occidental. Un référendum de type lunaire, bien entendu.
Affres
Il souligne même "la grave responsabilité du Maroc en cas d'échec du plan de règlement" qui ne permettra pas "d'éviter à la région les affres de la guerre et le gaspillage de ses ressources humaines et matérielles dont nos peuples et notre région ont le plus grand besoin". On aura tout vu. Même des pantins humanistes. Ses propos sont rapportés par l'agence de presse algérienne APS, mais ce n'est peut-être qu'une coïncidence.
Pour enfoncer encore plus le Polisario, qui demandait à l'ONU de se retirer du Sahara puisqu'elle n'avait pas été capable de régler le problème, la Minurso ne va pas quitter le Sahara. La résolution prise à l'unanimité des 15 membres du Conseil de sécurité a pris acte du rapport du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan selon lequel le dernier calendrier mis au point pour le processus référendaire " n'est plus valable ", et aucune nouvelle date ne peut être fixée avec certitude.
Le Conseil a approuvé la décision de Kofi Annan de recourir de nouveau à James Baker, son représentant personnel pour le Sahara. James Baker viendra, il verra, il dira. Le Maroc est au Sahara et il dira ce qu'il a toujours dit et qu'il dira dans un siècle, le Sahara est marocain. Le Polisario perd donc la paix après avoir perdu la guerre. Nous attendons le retour des deux mille prisonniers encore entre les griffes de la sécurité militaire algérienne. Nous attendons que l'Algérie ordonne au Polisario d'ouvrir les camps où sont parqués des dizaines de milliers de Marocains.
Il sera toujours temps ensuite de chercher des solutions politiques à des problèmes politiques.


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