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Le grand cancérologue français claude Maylin a signé à Rabat son dernier livre Un plaidoyer pour guérir. Une occasion de faire le point sur la situation de ce mal. Cancer: tous les espoirs sont permis
Publié dans MarocHebdo le 30 - 03 - 2007

Le grand cancérologue français claude Maylin a signé à Rabat son dernier livre Un plaidoyer pour guérir. Une occasion de faire le point sur la situation de ce mal.
Cancer: tous les espoirs sont permis
Hauman Yaakoubi
Claude Maylin
Le 9 mars 2007, le cancérologue Claude Maylin a signé son dernier livre Un plaidoyer pour guéri, à Rabat chez le libraire Kalila wa Dimna. Ce livre sous-titré, Parole de cancérologue a été préfacé par Etienne Mougeotte, directeur général de la première chaîne de télévision française TF1, et paru aux éditions de La Méridienne.
L'intérêt indéniable du livre tient de la personnalité de son auteur, son engagement, son humanisme, sa proximité avec ses patients; bref, de son professionnalisme. Le cancérologue Claude Maylin est professeur des hôpitaux de Paris, chef de service de cancérologie et de radiothérapie de l'hôpital Saint-Louis, à Paris, et depuis janvier 2007, il est président du pôle cancérologie dans la même ville. Ce "Marocain de cœur" est un humaniste convaincu. Militant infatigable, il a toujours été soutenu par son épouse marocaine, qui a mis en place le Comité international pour la Renaissance de l'Afrique (CIRA). Ce comité œuvre pour équiper des hôpitaux et des structures médicales dans plusieurs pays africains, dont le Maroc.
Le professeur Claude Maylin, dont la renommée n'est plus à faire, est aussi le médecin traitant de certains grands de ce monde. Des stars du show-biz aux chefs d'Etat et têtes couronnées, en passant par des sommités de la presse et des personnalités politiques, notamment marocaines. Beaucoup lui sont redevables de guérison du cancer. Cependant, sa modestie et son humanisme orientent ses actions les plus significatives vers le commun des mortels. Son livre en est l'expression.
Comme il est de coutume chez les scientifiques, il arrive un moment où ils ressentent le besoin de se faire comprendre par le grand public, de s'adresser à monsieur tout le monde et non uniquement à des spécialistes.
Le Professeur Maylin n'a pas dérogé à la règle. Son livre est un effort considérable pour expliquer en des termes simples un concept scientifique complexe avec une terminologie non moins barbare pour le public non averti. Il a trouvé les mots qu'il faut pour mettre à la portée du lecteur moyen la compréhension du cancer, son dépistage, son traitement. Il y plaide pour un «coaching» personnalisé des malades. L'essence de ce concept, c' est l'humanisation des soins, la prise en main des malades en fonction de leurs pathologies, leurs conditions sociales, familiales et psychologiques.
L'objectif: aider le malade à surmonter les épreuves successives de chaque étape qu'impose le cancer, détection, diagnostic, bilan, traitement, guérison, réinsertion. Outre le fait qu'il est précurseur d'un mode de soin qu'il applique dans son service à l'hôpital Saint-Louis, et dont il prône la généralisation, l'auteur plaide pour la création d'un ministère délégué au cancer en France, à l'instar de ce qui a été fait pour les handicapés, tant il est vrai que le cancer emporte 150.000 Français par an.
Pour ceux qui se posent la question de l'intérêt du livre pour les Marocains, la réponse est simple: l'information. En effet, l'auteur part du principe que le cancer n'est ni de gauche ni de droite, qu'il n'a ni religion ni nationalité, et qu'il frappe de façon aveugle et sans discrimination, toutes les catégories sociales, aussi bien les humbles que les puissants. Il n'épargne pas les enfants non plus. Sans être alarmiste, il nous apprend que le risque d'avoir le cancer dans sa vie concerne sept personnes sur dix, toutes catégories confondues. Nous apprenons également qu'en France, le cancer touche chaque année 350.000 personnes et en tue 150.000. En l'espace de trente ans, 7 millions de Français ont été atteints de cancer et 3,5 millions en sont morts.
L'auteur explique que le cancer est une croissance anormale de cellules anormales favorisées par le vieillissement. Cela est d'autant plus important que nous renouvelons chaque jour 1% de nos cellules. Un renouvellement sous contrôle d'une sorte de police cellulaire qui en régule le processus. Mais lorsque cette police ne joue plus son rôle, les cellules se multiplient de manière anarchique et rapide. Cette multiplication est pilotée par des gènes dont environ un millier sont impliqués dans l'apparition du cancer.
Sans entrer dans les détails, la diffusion des métastases se manifeste au niveau des organes bien connus tels les os, le foie, les poumons, le cerveau ou la prostate. Il est à signaler que le cancer de la prostate est l'un des plus répandus. Les tumeurs sont alors de deux sortes: les superficielles, faciles à détecter comme les cancers de la peau, du sein, de la bouche, et du col de l'utérus. Au contraire, les tumeurs profondes sont dépistées tardivement. Il s'agit du cancer du poumon, de l'œsophage, de l'appareil digestif ou de l'ovaire, d'où l'importance de l'information du public, du dépistage et de la détection.
Le public doit être informé des agents responsables du cancer et qui sont de deux types. Le premier type est l'ensemble des agents endogènes, ils sont dans le corps humain, autrement dit, les gènes. Le deuxième type est constitué d'agents exogènes. Ils sont faciles à combattre parce que mieux connus (alcool, tabac, pollution, obésité, etc.)
Cependant, la recherche avance, doucement certes, mais sûrement et notamment en matière génétique. Si l'on conçoit que le cancer est intelligent, les chercheurs se doivent d'être plus intelligents encore, explique le Professeur Maylin. Un grand défi car cela relève de l'infiniment petit.
Les progrès en la matière sont tels que ce fléau peut connaître, à moyen terme, une solution. Ils permettent d'avoir une vraie politique de détection avec des nouvelles techniques biologiques et électroniques, dont les marqueurs tumoraux, les nouveaux tests génétiques, les imageries, de plus en plus affinées, du scanner, l'échographie ou encore l'Imagerie à Résonance Magnétique et, plus récemment, PET scan (tomographie par émission de positron). Parallèlement à l'hygiène de vie, à la prévention et aux moyens de dépistage, la médecine moderne est en mesure, outre les traitements classiques, de neutraliser, voire de détruire les gènes responsables de la multiplication des cellules cancéreuses. Il y a là un progrès notable dont on parle peu. Si le cancer est une fatalité, il est en passe d'être vaincu.
La lecture de ce livre apporte un éclairage nouveau, aussi bien pour le grand public que pour les professionnels de la santé chez nous. Ils devraient s'en inspirer, tenir compte de la dignité humaine dans le respect du serment d'Hippocrate.


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