La DGSN ouvrira ses portes au public à Marrakech    IT Days : Journées de recrutement pour les métiers des Systèmes d'Information    Ligue des Champions : Le Wydad sort par la petite porte    El Othmani affirme que son gouvernement lutte contre la corruption    Partielles à M'diq-Fnideq : Le RNI l'emporte    2 priorités selon M. Benchaâboune, justice sociale et satisfaction des citoyens    Ebola de retour en RDC    ONU: Le Comité des 24 salue l'apport des élus des Provinces du Sud    Rapport Ramses 2019: «Il y a une grande attente d'Europe»    Sommet de Salzbourg: Brexit et migrations au menu    L'Boulevard 2018: Underground et bon enfant    Environnement et climat politique : Les mises en garde de Ségolène Royal    Le rapport de la commission du Parlement européen met en relief l'impact des efforts de développement sur les résidents des provinces sahariennes    Le chef de la diplomatie marocaine s'entretient avec son homologue mauritanien    La diplomatie au service de l'économie : Nasser Bourita appelle les représentations diplomatiques à promouvoir le label Maroc    Le Maroc n'est pas un havre de paix    Au moins 3 morts dans une fusillade aux Etats-Unis    L'Aquarius cherche un port pour 11 migrants secourus au large de la Libye    Theresa May humiliée à Salzbourg    Lancement d'un projet vert en faveur de jeunes diplômés en voie de réinsertion    Le Moghreb de Tétouan, club de la Colombe blanche, démarre la saison l'aile cassée    La Commission centrale de discipline a sévi    Sorties peinarde pour le Raja et délicate pour la RSB en Coupe de la CAF    Divers    Insolite : Eléphant électrocuté    Textile et tourisme, parents pauvres du marché halal    Angelina Jolie jouera dans le thriller "The Kept"    Un nouvel album pour Kanye West ?    La grosse colère de Harrison Ford contre les politiques    Rentrée scolaire: 7,9 millions élèves inscrits, dont 52% des filles    Averses orageuses localement fortes ce vendredi dans plusieurs régions du Royaume    Fraude fiscale. Les scandales en hausse en Espagne    Le chiffre d'affaire d'Oulmès affecté par le boycott    Kénitra : Un incendie ravage une usine de sucre    Alger entrave la coopération bilatérale et régionale    Attijariwafa bank : Une nouvelle offre publique de vente dans le pipe    Fifa : Trois anciens cadres du foot nord-américain suspendus à vie    Saad Lamjarred continuera à être diffusé sur Chada FM    1ère édition du Festival de la poésie arabe à Marrakech    Qui dit mieux… DHJ: 145 supporters pour un leader    Le WAC appelé à rebondir face à l'ESS pour une place au dernier carré    Turquie : Le Maroc participe à un Festival de soufies    INDH : Acte III    Arrestation à Casablanca de deux récidivistes pour leur implication présumée dans un homicide    Médecine légale : Le Conseil de gouvernement adopte le projet de loi    Mohamed Karim Lamrani n'est plus    Funérailles à Casablanca de Mohammed Karim Lamrani    Le film marocain «Razzia» de Nabil Ayouch en salles au Mexique    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Ahmed Ouayach, président de la Comader : « La filière laitière est au bord du sinistre »
Publié dans Challenge le 25 - 06 - 2018

Le mouvement de boycott a eu un important impact sur la filière du lait. Les agriculteurs sont aujourd'hui dans une situation de désespoir total, et ne savent plus à quel saint se vouer. Ahmed Ouayach, président de la Confédération Marocaine de l'Agriculture et du Développement Rural (Comader), décrypte la situation.
Challenge : Lors de sa dernière Assemblée générale, la Comader a tiré la sonnette d'alarme sur les conséquences du boycott de la filière du lait. Avez-vous des données précises aujourd'hui pour nous évaluer le niveau des dégâts engendrés par ce mouvement de boycott sur cette filière ?
Ahmed Ouayach : Nous ne pouvons pas estimer exactement les dégâts engendrés à l'heure actuelle. En tant que Comader, nous avons plus un rôle de soutien à la filière, et peut-être dans une deuxième phase, nous pourrons jouer d'autres rôles. Mais, ce que nous constatons, c'est que le lait n'est pas totalement collecté par la société qui le fait d'habitude. Cela engendre donc des pertes chez les éleveurs, qui sont obligés de vendre leur lait à d'autres collecteurs ou colporteurs et dans des conditions qui laissent à désirer, et en plus à bas prix. Ces éleveurs ont aujourd'hui un problème de trésorerie et se trouvent dans une situation désespérante. Nous essayons, nous en tant que Comader d'appeler les composantes de la filière à se concerter et ne pas commencer à se tirer dans les pieds, car ce n'est dans l'intérêt de personne.
Challenge : Pour vous qui êtes sur le terrain, quelle issue peut-on envisager à cette situation ?
La solution idéale serait que le lait soit collecté totalement. C'est vrai qu'au début, la société concernée par le boycott (ndlr : Centrale Danone) a essayé de faire des efforts, mais à un moment donné, elle n'en pouvait plus, car ses pertes étaient devenues trop importantes. Etant donné que c'est un partenariat d'agrégation qui lie la société à ces agriculteurs, elle donnait donc des crédits, finançait les acquisitions des bacs à lait, l'achat des vaches, et souvent le fourrage, et aujourd'hui tout cela semble au point mort. L'entreprise en question fait ce qu'elle peut aujourd'hui. Face à cette situation, notre rôle à la Comader est de sensibiliser tout le monde, y compris les autorités. Soulignons aussi que cette filière est un gisement d'emplois, et ce sont surtout les femmes et les petites filles qui y travaillent. Si cette situation perdure, c'est tout l'équilibre de l'exploitation qui est menacé. Aussi, les éleveurs seront-ils dans l'obligation de se séparer de leurs vaches parce qu'ils ne pourront plus acheter des aliments de bétail pour les nourrir, ni les vacciner.
Challenge : Quel appel avez-vous à lancer aux autorités au vu de la gravité de la situation ?
Il est important de souligner que la filière laitière est au bord du sinistre. Mon appel s'adresse donc à tout le monde, y compris le gouvernement qui peut réunir les opérateurs de la filière pour trouver une solution. Il doit y en avoir. Et ce sont les professionnels du lait qui ont à proposer une alternative, en concertation avec les pouvoirs publics, pour ne serait-ce que venir d'abord en aide à cette population sinistrée. Nous sommes devant une équation à plusieurs inconnues et donc il faut trouver la bonne solution.
Son parcours
Ahmed Ouayach est le président de la Confédération Marocaine de l'Agriculture et du Développement rural. Homme très engagé et très discret, il a aussi créé plusieurs associations et coopératives. Il est né en 1952, et est un lauréat de l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II et de l'Institut National Agronomique Paris-Grignon
Son actu
La Comader a récemment tenu son Assemblée générale ordinaire. En marge de cette assemblée, la Confédération a examiné l'impact sur les agriculteurs producteurs de lait du boycott des produits de certains groupes.
Challengenews
Le meilleur de la rédaction sélectionné par Challenge :


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.