Chambre des Conseillers: La Charte des services publics adoptée à l'unanimité    Botola Pro : WAC et RCAZ se neutralisent    CAN 2021 : Les Ecureuils du Bénin éliminés par les Leone Stars    Euro 2020 : L'Italie se qualifie pour les 8èmes de finale    Bourita attire l'attention sur l'impact des nouvelles technologies    OCP et l'américain BCG proposent une offre unique dans le domaine de la maintenance et de la numérisation industrielle    France. M'jid El Guerrab interpelle le ministre de la Santé sur la non-reconnaissance du vaccin de Sinopharm [Vidéo]    La 2è manche du championnat des circuits de vitesse à Marrakech    Le monde de Julie Guégan    Avec un système audio de pointe sur sa nouvelle gamme : Ford séduit les mélomanes    Ismail Sqarou : «La Dekka est l'enfant légitime de Taroudant en termes de patrimoine»    Trois astronautes chinois dans la station spatiale    L'Algérie face à ses démons    Diplomatie : le NMD présenté aux ambassadeurs    Energies renouvelables : le Maroc se relance dans l'hydrogène vert    Fnideq : la nouvelle zone d'activités économiques "recrute" ses investisseurs    Le nouveau modèle de développement ne fait pas l'unanimité    Euro 2020 : La Hongrie craque en fin du match face au Portugal    Botola / WAC-RCAZ (0-0) : Un Wydad faiblard et épuisé à quelques jours de sa demi-finale africaine !    Adoption finale du projet de loi sur l'usage légal du cannabis    Lancement d'une campagne contre la privatisation de la plage d'Aïn Diab    Quand la polygamie séduit les Marocains    Le roi Mohammed VI félicite le premier ministre israélien    Invité par le PJD, le Chef du Hamas Ismaïl Haniyeh en visite au Maroc    Profonds désaccords et faibles attentes    Quand on aime la vie, on va au musée    Edition: Lever l'hypothèque sur l'université    Sahara : Large soutien au Maroc à l'ONU    Le Congrès péruvien refuse l'interférence de l'Europe dans la crise entre Madrid et Rabat    Les Bleus s'imposent dans la douleur contre l'Allemagne    L'agent de Hakimi confirme son départ !    Le roi Mohammed VI félicite le nouveau Premier ministre isralien Naftali Bennett    L'ONMT lance l'opération Welcome Back    MRE: l'ONCF lance un plan spécial    Marocains de l'étranger : dix-sept villes annoncées pour la quarantaine obligatoire    Covid-19 au Maroc : 500 nouveaux cas et 165 000 doses dispensées en 24 heures    Covid-19 en France : plus de masque en extérieur, levée du couvre-feu dans quelques heures    Carte sanitaire au Maroc : Ces chiffres à retenir...    Privé : Akdital poursuit sa marche pour s'accaparer 20% de la capacité litière nationale    Législatives algériennes: 23% de participation, abstention historique et massive    Le Nigeria s'apprête à construire le gazoduc avec le Maroc    Agrégation agricole: un nouveau dispositif réglementaire pour des projets d'agrégation de nouvelle génération    Les hôtels Accor se mobilisent pour favoriser l'accueil des Marocains résidant à l'étranger    "African Lion 2021": une délégation militaire maroco-américaine visite l'hôpital de campagne près de Tafraout    «Méditations et médisances»    «Soufi, mon amour» en tournée au Maroc    Action citoyenne : des livres pour les écoles primaires, les collèges et les lycées les plus défavorisés au Maroc    Pays de l'Otan : la politique envers la Chine à renforcer, selon le SG de l'OTAN    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





La France a profité du cannabis marocain
Publié dans Challenge le 06 - 05 - 2021

La France n'a pas toujours réprimé l'usage et la commercialisation du cannabis. Entre 1912 et 1954, elle a même organisé son commerce au Maroc, alors sous protectorat français, par le biais de la Régie des tabacs et du kif à qui elle concédait le monopole. Avant d'en interdire l'usage, rappelle francetvinfo.fr.
Un peu plus d'un siècle plus tôt, à moins de 2000 kilomètres au sud de Paris, entre 1912 et 1954, l'hexagone a même organisé le commerce du cannabis au Maroc, alors sous protectorat français. Avec, en bras armé en territoire marocain, la Régie des tabacs et du kif. Ce monopole sur le cannabis, la France l'a obtenu lors de la conférence d'Algésiras de 1906 qui fixe le sort du Maroc, l'un des rares pays africains qui n'a pas été pris en charge par une puissance européenne. Et avec l'instauration du protectorat français, en 1912, la vente et l'achat du cannabis, ou kif, entrent dans le monopole exclusif de la Régie. La France confie à la Banque de Paris et des Pays-Bas, devenue Paribas avant de fusionner avec la BNP, le soin d'exploiter ce monopole, via la Société internationale de régie co-intéressée des tabacs au Maroc. La concession perdurera jusqu'à l'indépendance du Maroc, date à laquelle il sera mis un terme au commerce d'Etat du cannabis dans le pays.
Lire aussi | Marché des voitures neuves au Maroc : le trend haussier se poursuit
Destinés à la consommation locale, le kif et le tabac sont alors transformés à Tanger, où la Régie a son siège. Les terres allouées à la culture du tabac et du cannabis sont contrôlées par la Régie, qui établit des contrats avec les paysans locaux, garantissant prix, qualités, quantités et méthodes de transformation. « La régie du cannabis, qu'on appelle le kif au Maroc, relève d'un processus directement lié à la colonisation du pays », explique Yann Bisiou, maître de conférences en droit privé et sciences criminelles à l'université Paul-Valéry Montpellier 3. « La culture traditionnelle du kif devient, au moment de la colonisation, un enjeu politique et économique car elle est la deuxième recette des budgets coloniaux après les droits d'importation. Les différentes puissances européennes vont donc se battre autour du contrôle de l'Europe sur cette ressource. À la fois par intérêt économique, mais aussi par intérêt politique et stratégique : en contrôlant le monopole du cannabis, on contrôle de fait l'Etat », surenchérit le maître de conférences.
Lire aussi | Renault Maroc : Nabil Touzani endosse la fonction de Secrétaire général du Groupe
De 1912 à 1954, l'enjeu pour l'Etat français est aussi de faire la promotion du tabac français contre le cannabis. Les colons français n'imaginent pas, à cette époque, vendre autre chose que du tabac. Les agents des douanes surveillent alors les lieux de culture jusqu'à la récolte, écrit Yann Bisiou dans Histoire des politiques criminelles : le cas des régies françaises des stupéfiants. À en croire un rapport d'étude pour la Banque de Paris et des Pays-Bas, il semble que même les moineaux soient soumis à la vigilance des exploitants. L'auteur du rapport écrit ainsi que « vers le mois de mai, au moment où le kif fait son épi, il faut en chasser les moineaux qui en sont très friands. Après la récolte, les cultivateurs ont l'obligation de vendre l'intégralité de leur récolte à l'administration, à un prix fixé par elle unilatéralement ».


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.