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Entretien avec Said Scally
Publié dans GoAgadir le 23 - 06 - 2008


Agadir Tourime / Entretien avec S. Scally
Etat des lieux sur la situation du tourisme. Rencontre avec Said Scally , ex-président du CRT, grand réceptif de la place et responsable du Comité régional de l'aérien.
Dans le cadre de la tenue des Assises Internationales du Tourisme de Tétouan, S. Scally, ex-président du CRT d'Agadir, grand réceptif de la place et responsable du comité de l'aérien à Agadir, grand connaisseur de l'aérien aussi ( domaine qu'il a toujours maîtrisé à merveilles), dresse un état des lieux sur la situation du Tourisme à Agadir. A travers un entretien qu'il a accordé à notre confrère Ahmed Zghari, dont nous reproduisons des extraits, il a pris du recul pour analyser la conjoncture actuelle. En tant que responsable du Comité de l'aérien créé à Agadir, il s'est exprimé pour nous sur les enjeux de l'aérien dans le développement du tourisme, sujet de l'heure qui préoccupe sérieusement les professionnels locaux.
Entretien
Question : Quelle lecture faites vous du bilan touristique 2007 ?
Réponse : Le bilan 2007 pour AGADIR fait ressortir près de 700 000 arrivées pour 4 250 000 nuitées. Nous sommes loin des prévisions de la vision 2010 qui prévoyait de franchir le cap des 2 millions de touristes. Contrairement à Marrakech, la taille critique en capacité est difficilement rattrapable. On n'associe pas les professionnels aux décisions prises par l'Etat pour les aménagements des infrastructures d'accueil à des promoteurs.
A mon avis c'est à la Région et au Wali d'encourager des promoteurs à investir dans des constructions d'unités touristiques. Il ne faut pas refaire l'erreur de tout décider à Rabat, il a fallu plus de 30 ans pour que le projet SONABA prenne forme. L'Etat, dans ce cas, avait mis un temps fou pour lotir au lieu de confier la commercialisation à des privés comme c'est le cas aujourd'hui, je l'espère pour Taghazout.
Pour Agadir il n'y a pas eu de soutien ni d'accompagnement de l'Etat à des compagnies aériennes pour « forcer » la demande dans un marché de « Charter » et de « Point à Point » non mature et de faire cette politique une priorité pour Agadir avec son balnéaire et sa nouvelle image. D'ailleurs, tout est dans la cadence et la mesure du temps pour réussir le développement touristique. Il ne sert à rien d'inonder l'offre comme actuellement à Marrakech, par à coups, plusieurs ouvertures d'hôtels et de stagner comme Agadir pendant des années. C'est le cas actuel « cyclique » pour le Maroc et nous en payons le prix.
Question : Quel remède pour un repositionnement d'Agadir et de Marrakech suite à la baise du début 2008 ?
Réponse : Si les professionnels ont tiré la sonnette d'alarme début 2008, nous l'avons fait déjà en 1998 et tout particulièrement en 2005. Les raisons sont connues et les remèdes aussi. L'offre de l'aérien est pénalisée par des taxes aéroportuaires les plus élevées du monde, le kérosène faiblement détaxé, le déficit en lignes aériennes directes pour Agadir, les compagnies aériennes ne jouent pas le rôle de lièvre pour Agadir et mènent une guerre sans merci aux low cost à Marrakech. La suppression des avantages du code des investissements, le retard pris dans le plan de rénovation des unités existantes à Agadir, le report de l'ouverture de la station Saadia et l'état des lieux de Tanger et de Tétouan en cours de se positionner comme de belles stations, une stratégie publi- promotionnelle défaillante, tout cela a été proclamé, prouvé, dans un désert d'incantations.
Certes, AGADIR a vu quelques unités nouvelles mais tous les handicaps cités n'ont fait que « déplacer » la clientèle vers ces nouvelles unités, qui, pour se lancer, ont dû passer par une politique de dumping des prix.
L'arrivée dans le capital de certains tour opérateurs étrangers a eu pour effet de remplir d'abord « leurs » propriétés et passer l'over-flow sur quelques unités qui luttent pour leur survie. C'est un miracle et une prouesse que d'atteindre aujourd'hui, encore, un taux annuel moyen de l'ordre de 50% à Agadir, grâce à tout ce qui se fait par les Autorités et la Région d'Agadir et de même pour Marrakech qui dépasse les 60%.
Question : Quelles mesures faut-il prendre de toute urgence, selon vous ?
Réponse : Les mesures d'urgence ne s'appliquent pas malheureusement dans une industrie aussi lourde que le tourisme. Une profonde prise de conscience de l'Etat doit aboutir à lever tous les goulots d'étranglement que j'ai cités et à déléguer aux Régions la prise en main de leurs destins. Des marchés nouveaux sont à conquérir autant que les marchés traditionnels sont à reconquérir et à consolider. Les fusions / acquisitions des gros voyagistes européens a lissé la concurrence. Des opportunités nouvelles s'offrent à nous par le net, par la création de lignes directes « Point à Point » et la formation professionnelle. Il faut une dose d'innovation, de l'ambition et le soutien du politique (Autorités et Elus).
Question : Vous avez été à la tête du CRT d'Agadir pendant trois ans, quel regard porter actuellement avec deux ans de recul ?
Réponse : Il faut revenir aux fondamentaux et aux principes novateurs des GRIT/CRT impliquant tous les acteurs : institutionnels, publics et privés, autorités territoriales, tout en dotant de structures humaines et de moyens à hauteur des enjeux. La présence de quelques bénévoles, l'addition des politiques et des Elus aux manettes des CRT n'est pas la solution idéale. Il s'agit d'un véritable GIE à qui il faudrait confier l'exécution des plans d'actions et en faire l'évaluation par des professionnels impliqués.
Les professionnels ne sont pas unis pour défendre l'intérêt du pays sauf quand ils sont directement concernés. Ce qui simplifie la vie aux politiques.
Question : En ce qui concerne l'aérien actuellement, quel est votre diagnostic ?
Réponse : Le diagnostic est inquiétant et impossible à décrire en quelques lignes. Tous les professionnels de la Région sont altérés et désarmés par les décisions prises par la RAM et Atlas Blue et ne comprennent pas les tensions entre les élus et la compagnie nationale qui porte tort au tourisme de Ouarzazate et particulièrement à Agadir.
  
Au lieu d'augmenter les fréquences à 6 voir 7 quotidiens Casablanca / Agadir par le hub de Casablanca et dans conditions dignes de passagers, on diminue à 3 fréquences les Jeudis et quatre pour le reste de la semaine. Suppression de toutes les lignes point à point qui étaient rentables comme par exemple, Genève / Agadir. Les prix appliqués pour tous les vols via Casablanca sur Agadir sont trop élevés et nécessitent une explication notamment par rapport à Marrakech. Une étude établie par le CRT a d'ailleurs détaillés tous les chiffres, retards, annulations de vols, ayant causés de vrais indispositions pour le tourisme. Les professionnels sont vexés de recevoir du président de la RAM un écrit les informant de la décision ne plus participer aux festivals et d'apprendre après, une diminution de 50 à 20 gratuités pour Agadir mais une reconduction du quota de 120 sièges pour Essaouira et plus de 200 pour Fès ( Festival des Musiques sacrées).
Question : A quel point la vision 2010 a atteint ses objectifs au Maroc et à Agadir en particulier ?
Réponse : Tout d'abord la bataille des chiffres n'apporte rien. Les Dix Millions de touristes à l'horizon 2010 n'est pas une fin en soit. La vision 2010, sans atteindre les objectifs escomptés, fut un élan bénéfique qui a permis plusieurs réalisations. Les retards enregistrés sont à même de fonder le socle de nouveaux développements et modifications à apporter et qu'il faudra planifier, pour encourager les efforts fournis à ce jour et reporter les objectifs de 2010 à 2015 tout particulièrement pour Agadir avec l'arrivée de la nouvelle station de Taghazout.
Question : Comment se présente la saison 2008 / 2008 ?
Réponse : L'hiver a été frileux accusant une baisse de fréquentation dans certaines unités dépassant les 25 %. L'été peut être sauvé par le marché national car sur le marché international la « messe est dite », la concurrence des stations du bassin méditerranéen est rude et autrement plus compétitive. La Turquie, la Tunisie sont en hausse et le Maroc est en baisse et le restera pour 2008 – 2009.
   
Pour Agadir, la capacité actuelle en lits ne dépasse pas les 22 000 lits commercialisables et dont le tiers nécessite des rénovations urgentes. Cela ne constitue pas une force de frappe bien évidemment. Toutefois, un plan de rénovation étalé sur 1 à 2 ans conjugués à une stratégie décidée par le C.R.T. de marketing, commercialisation et animation, d'Agadir et sa région peuvent constituer un nouveau point de départ. Il faut le dire et le redire, l'investissement ne se décrète pas, les conditions le favorisant, oui.
Question : Au sujet de l'aérien à Agadir, comment peut remédier à la situation ?
Réponse : Il y a hémorragie et urgence pour qu'une réunion soit tenue avec tous les intervenants : Ministère du Transport, Ministère de l'Energie, Ministère du Tourisme, ONMT, RAM, ONDA et CRT. IL y a plusieurs décisions à prendre, à condition de se mettre autour d'une table avec comme objectif le développement du tourisme dans toute une région. Ce n'est pas les conventions pour quelques sièges en plus ou en moins pour les festivals et une cotisation de 50 000 Dh qui font le tourisme à Agadir.
Les professionnels d'Agadir ont toujours privilégié le dialogue et ont essayé de promouvoir la destination avec la RAM. Ils savent que la compagnie nationale ne peut tout faire pour Agadir. La Région débloque un budget de 12 millions de DH pour trouver des solutions au problème de l'aérien et attend toujours de la RAM une suite à cette dynamique initiative. Atlas Blue qui devait avoir la moitié de sa flotte basée à Agadir, suit les consignes de la maison mère. Jet 4 You est une compagnie low cost privée qui devait être basée à Agadir, fait plus de vol sur Casablanca et transporte des RME d'Oujda, Nador… L'apport de la compagnie nationale est donc plus que déterminant dans le développement touristique national et régional. Dans tous les pays concurrents, le développement du tourisme a toujours été initié et accompagné par les compagnies aériennes nationales, c'est le cas pour la Tunisie, et l'Egypte , par exemple. Pour le Maroc aussi, mais cela peut se faire mieux encore dans le cadre de la concrétisation de la stratégie touristique nationale Vision 2010.


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