Relance économique : les associations de microcrédit bénéficieront aussi des garanties de la CCG    Réseau FCA Morocco : La Continentale s'implante à Dar Bouazza    Le secteur de la santé bientôt représenté au sein de la CGEM    Maroc-USA : Des relations plus fortes que jamais    DTFE : Hausse de 35,2% des souscriptions sur le MAVT à fin août    Coronavirus : Ahmad Ahmad testé positif (CAF)    Raja: les supporters élisent leur joueur du mois (PHOTO)    Reconfinement: la France s'attend à une récession de 11% en 2020 (ministre)    Radical. Les menaces à peine voilées de Benkirane    PSG: Neymar forfait jusqu'à la trêve internationale    Le Qatar va sanctionner l'auteur des frottis forcés à l'aéroport de Doha    Dernière plongée pour Sindika Dokolo    Education : 66 % des enfants marocains sont incapables de lire un texte simple selon la Banque mondiale    La 17ème édition du festival des Andalousies Atlantiques d'Essaouira sera virtuelle    Safae et Hanae répondent à la femme prétendant être leur vraie mère (VIDEO)    1ère édition de «Talents Africains» : Attijariwafa bank allie les jeunes et compétences pour l'avenir du continent    Algérie : Une économie au bord de la banqueroute    En 9 mois, les tribunaux du Royaume ont enregistré plus d'un million d'affaires    Mais où est donc Charlemagne ?    Casablanca : 12 ans de prison ferme pour avoir abusé d'une mineure    Covid-19: la mort rôde partout, surtout à Casablanca    Dialogue libyen : les efforts marocains salués par le Parlement arabe    Attentat de Nice: nouveau rebondissement    Météo: temps brumeux ce vendredi au Maroc    Casablanca-Settat : les détails du plan stratégique 2020-2022 du CRI    Vaccin grippal : le Ministère de la Santé rationne les quantités et met les pharmaciens en difficulté    Malaisie. Mahathir veut tuer des millions de Français    Et revoilà Benkirane, le retour!    Nizar Baraka présente ses condoléances à la famille de Mohamed Melihi    Condoléances du Roi Mohammed VI à la famille de feu Mohamed Melehi    Le Maroc dénonce l'attaque perpétrée à Nice    Mohamed Melehi est décédé mercredi : Un pionnier de l'art contemporain emporté par la Covid-19    Procès à distance: 8.775 audiences du 27 avril au 23 octobre    Mort de Driss Ouhab: les journalistes lui rendent hommage (PHOTOS)    Attaque dans une église à Nice: plusieurs morts et blessés (VIDEO)    Vers la création de la Chambre de commerce maroco-kényane    Covid-19: Confinement général en France (VIDEO)    Ligue des champions : Le Real échappe au pire    Hamza Sahli, un marathonien ambitieux pour graver son succès aux JO deTokyo    S.M le Roi félicite Mme Bouchra Hajij suite à son élection à la tête de la CAVB    Paris: l'artiste-peintre marocain Mohamed Melehi succombe au covid-19    Vernissage à la Villa des arts d' une exposition rétrospective de l' artiste-peintre Bouchaib Habbouli    a Zambie se dote d'un consulat général à Laâyoune    Sahara marocain: quand les médias « algésariens » inventent de toute pièce une fake news    Abderrahman Ziani: La vivacité colorée    Que la paix soit sur l'ensemble de l'humanité    Laftit: une série de compétences propres seront transférées aux régions    Atteinte aux religions et prophètes : Le Conseil supérieur des ouléma dénonce    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Entre stabilité politique et représentativité
Publié dans La Gazette du Maroc le 17 - 06 - 2002


Scrutin de liste à la proportionnelle
Pour la première fois en quarante ans, le mode de scrutin va changer. La classe politique lance, à l'occasion, un défi à la fraude électorale.
La réforme, par voie consensuelle du mode de scrutin pose problème : elle concerne l'impact de telles orientations sur la structuration du champ politique national. La réponse est délicate, c'est que les référents, en modèle et en expérience ainsi que les modalités d'intervention divergent.
En défendant une relecture du mode de scrutin en vigueur depuis quelques décennies, la classe politique a jugé opportun de redéfinir sa nature : elle a, pour ce faire, délaissé un SMO (scrutin majoritaire uninominal) au profit d'une représentation politique à scrutin de liste. Pour en donner une certaine lisibilité, les acteurs politiques ont fait de la “lutte contre la fraude électorale” une devise-phare. L'argument est le suivant : le système proportionnel est fidèle dans la représentation du corps électoral. Elémentaire diraient les étudiants en sciences-Po : “l'objectif fondamental de la proportionnelle est de réduire l'écart entre la part du vote national d'un parti et sa part de sièges au parlement”. Autre argument : plusieurs nouvelles démocraties adoptent ce mode de scrutin.
Cependant le système proportionnel est décrié pour moult raisons : elles se résument en deux points principaux : manque de stabilité, en raison des gouvernements de coalition avec les désavantages qu'ils traînent d'une part et le mauvais ancrage de l'élu, ou ce qu'on appelle le lien d'imputabilité géographique entre le député et ses électeurs.
A ce sujet, les exemples ne manquent pas. La coalition, d'abord. Les quatre années de gouvernement composé de sept formations politiques, avec les guéguerres entre alliés et l'incapacité subséquente de mener une politique harmonieuse, ont fait mauvaise presse. Autre risque relatif aux coalitions, non encore avéré au quotidien, mais qui ne demeure pas moins envisageable.
Le système de représentation proportionnelle à scrutin de liste peut fragmenter, et donc déstabiliser les partis au moment des négociations visant la formation de gouvernement de coalition. Dans le cas échéant, les petits partis peuvent prendre les grands en otages. Un cycle d'instabilité politique, à l'instar de l'Italie n'est donc pas exclu.
A cela s'ajoute l'affaiblissement du lien des députés avec leur électorat. Ce qui n'est pas pour plaire, bien évidemment, aux électeurs d'une part et d'autre part aux membres des partis qui ont su s'implanter dans des fiefs électoraux. D'où cette réticence, à peine voilée, qu'on ressent chez certains cadres moyens. D'ailleurs, certains organes de presse s'en sont déjà fait l'écho. Certains parmi les élus, on ne le sait que trop, peuvent faire fi de “l'effet destructeur” du scrutin de liste sur leur lien avec les électeurs, pourvu qu'ils “passent”. Tout le problème est là, bien évidemment. Le système de liste donne trop de pouvoir aux chefs de parti et la légitimité est prisée “d'en haut”. Les chances de succès des “carriéristes” partisans dépendent en premier chef de leur capacité de se faire “admirer” par les “patrons” du parti.
Avantages
En raison de l'histoire peu reluisante de nos suffrages passés, liés en grande partie au système majoritaire uninominal, le scrutin de liste semble une alternative incontournable pour la consolidation démocratique. C'est là une lente maturation d'un pacte (consensus) pour rompre avec une réalité désuète. Marquée par une abstention plus qu'inquiétante et un immobilisme civique périlleux, la scène politique avait besoin d'un changement, devenu lui aussi incontournable. Car les électeurs seront plus convaincus que leurs voix auront un impact, quelle que soit son étendue sur les élections, et partant sur la vie politique. Le scrutin de liste, sous cet angle, facilite l'accès des petites formations au parlement. Les listes des partis en quête de voix comprendront, pour raison de représentativité, toutes les franges de société. Aussi, dans un système proportionnel, les chances que les femmes soient élues sont plus fortes. En principe, les partis politiques peuvent présenter le nombre de femmes qu'ils désirent faire élire, mais en pratique telle option tombe à vau-l'eau. Trois décennies de vie parlementaire sont là pour en témoigner. Car les partis placent en avant un candidat qui est rarement une femme.
Au vu de la réalité nationale, deux raisons plaident pour la représentation politique à scrutin de liste : un gouvernement plus efficace qui, formé de deux ou trois pôles politiques, peut rester longtemps aux commandes. Avec bien évidemment une participation électorale élevée et une performance économique.
Deuxième raison : donner une grande visibilité au partage du pouvoir entre les partis et les groupes d'intérêts. En d'autres termes : entre la majorité arithmétique détenant le pouvoir politique et la minorité détenant le pouvoir économique.
Le plus grand avantage serait, enfin, la limitation de constitution de fiefs électoraux, comme c'est le cas dans le système majoritaire. Et c'est déjà beaucoup.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.