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Santé mentale : Arrêtons la stigmatisation
Publié dans La Nouvelle Tribune le 04 - 07 - 2014

A l'occasion du 5ème Forum «IMPACT Mental Health», qui s'est tenu à Casablanca du 24 au 26 juin, à l'initiative de Sanofi et l'Association Mondiale de Psychiatrie Sociale, les praticiens ont lancé un appel à changer notre regard sur la maladie mentale. Il s'agit d'une pathologie comme une autre ; le malade peut avoir une vie normale, il suffit qu'il bénéficie d'une prise en charge convenable et au moment opportun.
Quarante-cinq experts en santé mentale, venus de 20 pays, ont fait le déplacement pour prendre part aux travaux de cet évènement. L'occasion de partager des expériences sur les programmes de prise en charge des troubles mentaux dans différents pays, mais aussi d'attirer l'attention sur ces troubles mentaux, de rappeler les chiffres, et de s'arrêter sur des situations déconcertantes.
Les questions de la guérison en santé mentale et de la réhabilitation psychosociale des patients étaient à l'ordre du jour.
Oui, une personne atteinte d'une pathologie mentale peut être soignée, elle peut être intégrée dans la société, avoir une vie familiale et professionnelle quasi-normale, si elle est suivi, si elle a accès à la thérapeutique et si elle le soutien de ses proches. Aujourd'hui, les nouvelles générations de soin, hélas très coûteuses, donnent d'excellents résultats. Dans le cas contraire, c'est l'isolement, l'exclusion, la déchéance sur tous les plans. De nombreuses familles ont éclaté parce qu'un membre était atteint d'une maladie mentale. «On accorde beaucoup d'importances aux maladies infectieuses comme le Sida, ou chroniques, comme le diabète, l'HTA… mais on ignore souvent les maladies mentales. Pour autant, la schizophrénie est la maladie la plus dévastatrice», a déclaré Pr Tom Graig, président de l'Association Mondiale de Psychiatrie Sociale. Et de poursuivre : « Les troubles mentaux représentent la deuxième cause de morbi-mortalité dans les pays en développement. Environ 80% des personnes atteintes de troubles mentaux sévères dans ces pays ne reçoivent aucun traitement. Et pourtant, avec des soins adaptés et un soutien psychosocial approprié, la guérison est possible pour la plupart d'entre elles».
L'impact de la non prise en charge des troubles mentaux sur la croissance socio-économique est indéniable. C'est un véritable problème de santé publique. «Il ne faut jamais prendre à la légère une dépression», explique Pr. Moussaoui, directeur du centre psychiatrique Ibn Rochd à Casablanca.
Vigilance
C'est dire qu'il ne faut jamais négliger une sensation de mal-être. Or, ce n'est pas toujours évident, car quand bien même aujourd'hui, on assiste à une sorte de prise de conscience, que ce soit au niveau de la population ou des autorités, il n'en demeure pas moins que la stigmatisation demeure le lot quotidien des personnes souffrant d'un trouble mental. Résultat, ceux qui franchissent le pas et vont consulter pour une dépression, ou un malaise, sont très peu nombreux. Mais, au-delà de la simple dépression, qui peut évoluer vers des choses plus sérieuses, certains troubles nécessitent une prise en charge rapide et obligatoire. Il n'existe pas une maladie mentale, mais plusieurs.
Au Maroc, un peu plus de 40% de la population de plus de 15 ans souffrent, ou ont souffert, d'au moins un trouble mental. Les troubles mentaux représentent, comme dans beaucoup d'autres pays, un réel problème de santé publique. Hélas, force est de constater que les malades, au même titre que leur famille, sont dans une souffrance permanente. Non pas par ignorance comme d'aucuns avancent, car on ne choisit pas d'amener son fils, son frère ou sa mère à Berrechid, mais on y est contraint, faute de structures d'accueil, faute de moyens, faute de ressources humaines…
«Il y a un manque flagrant au niveau des structures d'urgences, en cas de crise. Résultat, la famille est souvent livrée à elle-même pour faire face à une situation de détresse, alors qu'elle n'est pas disposée à y faire face», a rappelé Mme Naima Trachen, présidente de l'association Amali.
La ville de Casablanca ne dispose que de 104 places, et on compte seulement 273 psychiatres pour tout le Maroc.
Certes, on assiste aujourd'hui à une prise en conscience, mais les déficits sont tels, qu'il faut agir en urgence. «Nous avons eu de bons ministres de la santé (Benchikh et Harouchi), mais c'est la première fois qu'un ministre déclare dans l'enceinte du Parlement que la santé mentale et les urgences sont les deux priorités du département de la Santé. Cela augure de bons espoirs», explique Pr Moussaoui.
La santé mentale fait aujourd'hui partie des priorités de la stratégie sectorielle (2012-2016) du ministère de la Santé marocain, auquel Sanofi apporte son soutien dans le cadre d'un partenariat public-privé. Celui-ci vise à renforcer et à améliorer la prise en charge des troubles mentaux, à former les professionnels de santé et à lutter contre la stigmatisation des patients. Une lutte qui concerne tout un chacun, le malade mental étant avant tout une personne qui doit vivre, et se soigner dans la dignité et le respect. C'est aussi un citoyen qui a des droits qui ne doivent pas être bafoués. On pourrait déjà commencer par changer notre regard sur les maladies mentales. Personne n'est à l'abri.
Leila Ouazry
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Un autre regard
Pour lever l'omerta sur les troubles mentaux, l'Association Mondiale de Psychiatrie Sociale et Sanofi se sont associés, dans cet esprit, depuis 2009, à travers le projet FAST (Fight Against Stigma) pour lutter contre la stigmatisation et la discrimination dont peuvent souffrir les personnes atteintes de troubles mentaux. Au-delà du Maroc, des programmes de prise en charge ont également été mis en place en Mauritanie, au Bénin, au Guatemala, en Inde, à Madagascar, en Arménie, aux Comores, et plusieurs sont en préparation dans d'autres pays.


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