Quelle réforme pour la fiscalité au Maroc?    Des solutions contre l'insatisfaction des troupes    Vladimir Poutine invite Kim Jong-un    Wafa Assurance signe un accord de rapprochement avec des compagnies au Cameroun    Brief d'avant match : Que peut-on attendre de la rencontre WAC-Mamelodi Sundowns    Maluma et Gims préparent un clip à Marrakech !    Ukraine : À peine élu, Zelensky pris entre deux feux    Les dispositions relatives à la protection sociale des artistes mises en oeuvre par le ministère    Un policier tire sur deux voleurs à Rabat    L'UE a accordé une protection à plus de 300 000 demandeurs d'asile en 2018    Badr Tahiri. ‘‘Une stratégie dédiée à la région s'impose''    Après freddy Mercury, Rami Malek passe au mode "Bond"    Jazzablanca 2019 accueillera Metronomy !    Afrique du Nord. Les pistes de promotion de l'emploi    Festival international de la culture Aissaoua : Retour sur les temps forts    Le Wydad assuré de jouer la Ligue des Champions 2019/2020    CAN 2019 : L'UAR veut maintenir les droits de retransmission télévisée à un niveau abordable    9è fête des journalistes sportifs marocains : Des journalistes honorés    Programme Moucharaka Mouwatina : Lancement d'un appel à propositions    Arrestation à Meknès de deux individus soupçonnés de possession et de trafic d'ecstasy    DGSN : Huit employées d'un centre d'appels non autorisé arrêtées à Khouribga    Khalid Naciri au Forum de la MAP    De Zemamra à Azemmour    Benabdallah: le PPS soutient totalement l'Initiative civile pour le Rif    ABL Aviation: faire de Casablanca un hub régional de l'Afrique    Santé scolaire: «Jeux Vidéo : Jouons sans en abuser»    Les hommes qu'il faut à la place qu'il faut    Irlande du Nord: Une renaissance de l'I.R.A.?    Ramadan et santé: Les précautions à prendre    Dialogue social : Nouvelles conditions des syndicats    Partenariat : La BEI et l'Amica renforcent leur coopération    Données: Facebook table sur une amende record de 3 à 5 milliards de dollars    Le pétrole dépasse 75 dollars pour la première fois depuis fin octobre    Dans l'ouest de la Libye, des anti-Haftar se battent contre un "nouveau Kadhafi"    Insolite : Navigateur non-voyant    Edito : Ordures    Limogeages en série en Algérie : Le PDG de Sonatrach congédié    La jeunesse marocaine discute du Maroc de demain    Mohamed Benabdelkader : Passer d'une gestion administrative des carrières à une gestion professionnelle basée sur les compétences    Pourquoi la Lune et le Soleil semblent avoir une taille similaire vus depuis la Terre    Campagne agricole: 80% du PIB hors aléas climatiques    Le Barça quasiment champion d'Espagne    Autopsie de l'équipe nationale par Hervé Renard    Coup d'envoi de la 46ème édition du Trophée Hassan II et de la 25ème Coupe Lalla Meryem de golf    Anders Holch Povlsen, un milliardaire très discret    Vers une protection effective du livre et des droits d'auteur    "La lune et Casablanca", une immersion dans les univers de l'art vidéo    Projection à Washington du long métrage franco-marocain "Tazzeka"    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo acquitté de crimes contre l'humanité
Publié dans La Nouvelle Tribune le 16 - 01 - 2019

Laurent Gbagbo a été acquitté mardi de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale, qui a ordonné la mise en liberté de l'ancien président ivoirien, infligeant un nouveau revers à l'accusation de cette juridiction internationale.
« La Chambre fait droit aux demandes d'acquittement présentées par Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé (ex-chef du mouvement des Jeunes patriotes) concernant l'ensemble des charges » retenues contre eux et « ordonne la mise en liberté immédiate des deux accusés », a déclaré le juge président Cuno Tarfusser.
Cette décision avait été prise, car « l'accusation ne s'est pas acquittée de la charge de la preuve conformément aux critères requis » par la justice internationale.
M. Gbagbo, 73 ans et M. Goudé, 47 ans, vont toutefois devoir passer encore au moins une nuit dans leur cellule du centre de détention de La Haye. Le procureur peut encore contester leur mise en liberté lors d'une audience prévue mercredi à 09H00 GMT. Il aura également la possibilité de faire appel.
L'heure était à la fête dans le banc des accusés au moment de l'énoncé des acquittements. M. Gbagbo et M. Goudé sont tombés dans les bras l'un de l'autre, sous les applaudissements de leurs sympathisants.
– Scènes de liesse –
Scènes de liesse également en Côte d'Ivoire, où la nouvelle de la prochaine libération de M. Gbagbo a été saluée par des cris de joie, des danses et des concerts d'avertisseurs à Gagnoa, la ville natale de l'ancien président.
« Je suis content. Il n'a rien fait de mal et il a fait 7 ans de prison. C'est important qu'il soit libéré, c'est notre leader », a lancé un de ses partisans, Bertin Sery.
L'ancienne première dame ivoirienne, Simone Gbagbo, a également laissé éclater sa joie. « Ma conviction était faite, le président Laurent Gbagbo n'est pas coupable de tout ce dont on l'accusait ».
Le porte-parole du gouvernement ivoirien, Sidi Tiemoko Touré, est resté sur sa réserve après l'acquittement : « On ne commente pas la décision de justice. Mais en toutes choses, il faut garder de la compassion pour les victimes » de la crise post-électorale qui a fait environ 3.000 morts en 2010-2011.
Premier ancien chef d'Etat à avoir été remis à la CPI, M. Gbagbo était jugé pour des crimes commis pendant la crise post-électorale de 2010-2011, née de son refus de céder le pouvoir à son rival, l'actuel président ivoirien Alassane Ouattara.
– « Impunité des crimes »-
M. Gbagbo et Charles Blé Goudé étaient accusés de quatre chefs de crimes contre l'humanité: meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains, pour lesquels ils ont toujours plaidé non coupable.
Après avoir occupé le palais présidentiel pendant plusieurs mois, Laurent Gbagbo avait finalement été arrêté en avril 2011 par les forces du président Ouattara, soutenues par l'ONU et la France, avant d'être remis à la CPI.
« Enfin la Côte d'Ivoire entière va pouvoir tourner la page des tristes événements de 2010-2011 », a réagi Pascal Affi N'Guessan, président du Front Populaire Ivoirien (FPI), fondé par M. Gbagbo, avant d'ajouter: « Pour le FPI, les conditions sont désormais réunies pour l'unité en vue de la reconquête du pouvoir en 2020 », date de la prochaine présidentielle dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, premier producteur mondial de cacao.
L'acquittement de MM. Gbagbo et Goudé est « une victoire de la justice », s'est félicité l'avocat principal de l'ancien président ivoirien, Emmanuel Altit.
Mais la décision des juges ravive les critiques sur la CPI, qui essuie un nouveau camouflet.
Les avocats de l'Etat ivoirien ont qualifié mardi de « non-sens » et de « surprenante » la décision de la CPI.
« C'est une décision surprenante parce que quatorze demandes de mises en liberté ont été successivement refusées et on ne peut pas imaginer qu'à chaque fois la CPI n'ait pas examiné les faits. Pour nous c'est inexplicable: 3.500 morts et il n'y a pas de coupable », a déclaré Me Jean-Pierre Mignard.
La plupart des tentatives de la Cour de juger des personnalités politiques de haut rang – presque toutes en Afrique – se sont terminé par des échecs ou des acquittements.
Dernier acquittement en date, celui de l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba en juin 2018. Il avait d'abord été condamné à 18 ans de prison pour des crimes commis par sa milice en Centrafrique entre 2002 et 2003.
Mais selon la défense de M. Gbagbo, son acquittement après plus de sept ans en détention et plus de deux ans de procès est, au contraire, une preuve de « professionnalisme et d'indépendance ». « En rendant cette décision, la CPI a contribué à bâtir sa légitimité », a estimé Emmanuel Altit.
L'acquittement des deux hommes est « un nouveau pas vers l'impunité des crimes commis lors des violences post-électorales », a regretté la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH).
Le procureur de la CPI, Fatou Bensouda, a regretté la décision des juges, « décevante et inattendue ».
En Côte d'Ivoire, M. Gbagbo est toujours sous le coup d'une condamnation de 20 ans qui date de janvier 2018 pour crimes économiques. Deux autres condamnés dans la même affaire sont libres – condamnés mais pas écroués. Il est peu probable que la police ivoirienne tente d'arrêter M. Gbagbo une fois de retour dans le pays.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.