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La Grèce encourage le maréchal Haftar dans le processus de paix libyen
Publié dans La Nouvelle Tribune le 17 - 01 - 2020

La Grèce, exclue de la conférence de Berlin sur la Libye, a reçu vendredi le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'est de la Libye qui s'oppose au gouvernement de Tripoli, l'encourageant à « réussir le cessez-le-feu » à deux jours de cette conférence de paix.
Malgré ses multiples pressions, le gouvernement grec n'a pas été invité à la conférence de Berlin qui vise à lancer un processus de paix en Libye sous l'égide de l'ONU.
Mais à la surprise générale, il a reçu vendredi à Athènes le maréchal Haftar, qui s'est dit « en principe » prêt à se rendre à Berlin.
« La Grèce a encouragé Haftar à participer à la conférence de Berlin dans un esprit constructif » et à « essayer (…) de réussir le cessez-le-feu et le rétablissement de la sécurité en Libye », a déclaré le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Dendias après une heure et demie d'entretiens avec l'homme fort de l'est libyen.
« La Grèce ne participe pas à la conférence de Berlin. Nous attendons de l'Allemagne qu'elle soit la gardienne de la position européenne sur la Libye », a ajouté le ministre grec, devant la presse.
La Grèce n'a cessé de renforcer ses liens avec l'homme fort de l'est de la Libye, après la signature d'un accord controversé sur le partage des eaux en Méditerranée entre Ankara et le gouvernement de Tripoli.
La Libye, qui dispose des plus importantes réserves africaines de pétrole, est minée par les violences et les luttes de pouvoir depuis la chute et la mort en 2011 de Mouammar Kadhafi.
Les forces du maréchal Haftar ont lancé en avril 2019 une offensive pour tenter de s'emparer de Tripoli. Plus de 280 civils ont été tués depuis, de même que plus de 2.000 combattants, selon l'ONU. Quelque 146.000 Libyens ont dû fuir les combats.
– Trêve globalement respectée –
Une cessation des hostilités, globalement respectée, est en vigueur depuis dimanche. Mais le maréchal Haftar avait quitté Moscou, sans signer l'accord de cessez-le-feu obtenu lors de discussions organisées dimanche sous l'égide de la Russie et de la Turquie. Le chef du Gouvernement d'union nationale (GNA), Fayez al-Sarraj, l'a signé.
Le chef de la diplomatie grec Nikos Dendias a en outre offert l'aide de son pays au processus de paix en Libye, et proposé de déployer des forces pour participer avec ses partenaires européens à l'opération commune « sur l'embargo des armes dans le pays au lendemain du cessez-le-feu ».
Athènes a cependant à nouveau exhorté l'UE d'annuler un accord turco-libyen sur le partage des eaux en Méditerranée, dans lequel certaines îles grecques sont ignorées.
« L'Europe a une position commune et reconnaît le fait que (cet) accord est nul et non avenu », a rappelé le ministre Dendias.
Cet accord a été conclu le 27 novembre par Fayez al-Sarraj et par le président turc Recep Tayyip Erdogan, principal soutien de M. Sarraj face au maréchal Haftar.
Il permet à la Turquie de faire valoir des droits sur de vastes zones en Méditerranée orientale. M. Erdogan a déclaré jeudi que son pays allait commencer « dès que possible » à faire des forages dans ces zones contestées riches en hydrocarbures.
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a averti que la Grèce mettrait son veto au sein de l'Union européenne à tout accord de paix en Libye si les accords Ankara-Tripoli ne sont pas annulés.
Chypre, l'Egypte, la France et la Grèce ont jugé ces accords « nuls et non avenus », dans un communiqué commun.
Dès son arrivée jeudi soir à Athènes à bord d'un avion privé, le maréchal Haftar s'était entretenu avec le ministre des Affaires étrangères.
Le maréchal Haftar, qui n'a pas fait de déclaration, a été ensuite reçu vendredi à la mi-journée par le Premier ministre grec. Celui-ci s'est entretenu auparavant au téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel au sujet de la conférence de Berlin, selon une source gouvernementale. Il avait déclaré jeudi qu'exclure la Grèce de cette conférence était « une erreur ».
Ankara soutient militairement le gouvernement de M. Sarraj et a annoncé l'envoi de troupes en Libye pour l'aider à repousser les assauts des forces du maréchal Haftar. Celui-ci bénéficie de l'appui des Emirats arabes unis et de l'Egypte, deux adversaires de la Turquie.
M. Sarraj a confirmé jeudi, via son service de presse à Tripoli, qu'il participerait à la conférence de Berlin. M. Haftar devrait en principe s'y rendre aussi, après son départ d'Athènes samedi.


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