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Taliouine: Comment la filière safran s'organise
Publié dans L'Economiste le 17 - 11 - 2015

Le nom de Taliouine est définitivement associé à celui du safran. En effet, cette localité, qui relève de la Province de Taroudant, est un grand centre de production de l'épice la plus convoitée dans le monde. Le Safran de Taliouine est bio et est d'une qualité supérieure. Il a aussi un pouvoir colorant dépassant de loin celui du safran cultivé, certes en plus grande quantité, en Iran. En fait, la production du safran au niveau de Taliouine est estimée à 3 tonnes par an. Ce qui permet de classer le Maroc en quatrième position sur le plan international, juste après l'Iran, l'Inde et la Grèce. Le lancement du safran comme produit phare du développement de cette région de Taroudant a passé un cap important. Avec notamment la multiplication des coopératives. Leur nombre est passé de 2 en 2004 à plus de 50 en 2014, indique l'Agence de développement des zones oasiennes et de l'arganier (ANDZOA). Le Programme National «Plan Maroc vert» et l'implication de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH) ont en effet, permis de mettre en avant ce levier économique important et d'œuvrer à sa protection. Et à maintenir son prix avec une très forte valeur ajoutée pour les agriculteurs. Le prix de cette épice issue de la plante Crocus sativus va de 35 DH à 45 DH le gramme. Sachant que pour un kilo de safran, il ne faut pas moins de 230.000 fleurs, explique un agriculteur. L'adoption de l'Appellation d'Origine Protégée (AOP) et la création de la Fédération interprofessionnelle marocaine du safran «FIMSAFRAN»... sont d'autres étapes franchies pour l'organisation de la filière. S'ajoute aussi la création des Groupements d'intérêt économique (GIE). Ces organisations paysannes jouent ainsi un rôle de partenaires et d'interfaces entre l'Etat et les producteurs pour la mise en place des politiques publiques. Notamment, en termes de subventions, de soutien... Cette approche de partenariat permet ainsi d'encourager les producteurs à s'organiser en coopératives et en réseaux de coopératives pour mieux défendre leurs intérêts.
Un festival dédié
La semaine dernière a eu lieu la 9e édition du Festival international du safran, organisé par l'Association éponyme. Avec la participation de la population locale, l'appui des partenaires régionaux, nationaux et internationaux, cette manifestation a été l'occasion de mettre en relief le rôle de la recherche scientifique dans le développement de la filière du safran. Ainsi que sur l'économie sociale et solidaire en tant que moyen de développement économique, territorial et environnemental. L'Office National du Conseil Agricole (ONCA) a dans ce sens organisé des séances d'animation au profit des agriculteurs et professionnels du secteur agricole. Les thèmes abordés ont porté sur les bonnes pratiques culturales du safran et techniques de l'irrigation rationnelle pour une agriculture durable, la valorisation du Safran et sur l'organisation professionnelle de la filière. L'Office a ainsi pu véhiculer des messages de sensibilisation à caractère technique et managérial dans un souci de développement de la filière du safran.
De notre correspondante,


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