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Afilal: Il n'y aura pas un «hirak de l'eau»
Publié dans L'Economiste le 31 - 08 - 2017

«L'eau est un domaine qu'il faut gérer durablement, avec une solidarité interterritoriale et une planification à long terme... Pas de crainte pour les besoins jusqu'en 2030», assure Charafat Afilal, secrétaire d'Etat chargée de l'Eau (Ph. Y.S.A.)
Pas de répit pour l'équipe El Othmani, surtout lorsqu'il s'agit des secteurs névralgiques. C'est ce qui ressort en effet de la tournée menée actuellement par Charafat Afilal. La secrétaire d'Etat en charge de l'Eau s'est déplacée, jeudi 17 août à Sefrou, l'une des régions en proie aux problèmes d'alimentation en eau potable. La secrétaire d'Etat répondait ainsi à l'appel de Abdelhak El Hamdaoui, gouverneur de la province, qui voulait rassurer la population sur les projets hydrauliques.
Ce 17 août 2017, Charafat Afilal a mobilisé ses cadres pour présenter l'état d'avancement des chantiers relatifs au secteur de l'eau ainsi que les projets prévus à Sefrou. Un peu tendue, Afilal émet d'abord un vœu avant de répondre aux critiques politiques dont elle fait l'objet: «L'eau est un domaine qui nécessite une distribution responsable et durable et une solidarité interrégionale; il faut éviter la surenchère politique et travailler main dans la main».
A ceux qui spéculent autour d'un présumé «hirak de l'eau», Charafat Afilal a fait un démenti sans vraiment convaincre. «Il n'y a pas de crise de la ressource hydraulique que chez certains esprits. Sur le terrain, la situation est normale», prétend-elle. Certes, la distribution enregistre quelques perturbations cet été à cause d'une forte consommation. Mais rien de comparable avec la situation de 2016 qui était une année de sècheresse», déclare-t-elle à L'Economiste. Sur les 700 centres de la province, seulement 37 connaissent des perturbations très limitées dans le temps, concède Afilal. Oui, c'est 37 centres de trop au vu des difficultés qu'affrontent ces populations. La secrétaire d'Etat tempère : « C'est très courant pendant l'été».
Pour y remédier, l'Etat mobilise les fonds pour les projets en cours de réalisation comme le branchement de grands aménagements hydrauliques et la construction de barrages. «Nous optons également pour des mesures d'urgence afin de répondre aux besoins de la population», explique Afilal. Une centaine de forages et puits sont prospectés dans les zones touchées par la rareté de l'eau. Pour des localités montagneuses, elles sont desservies par des camions-citernes.
Toutefois, ces mesures ne semblent pas convaincre les présidents des communes concernées. A Sefrou, les élus de Ribat Al Kheir, Ras Tbouda et Ighzaren lancent un appel de détresse. «Nous avons épuisé la nappe phréatique... il faut nous alimenter des barrages avoisinants et appeler les gros agriculteurs à éviter le pompage excessif», alertent-ils. Face à cette situation, Afilal a recommandé l'élaboration d'une étude pour le contrat de nappe de Sefrou, à l'instar de celle réalisée pur la plaine du Saïss.
En attendant, elle tempère: «Comme partout ailleurs, pendant l'été, et lorsque la consommation augmente et la pression diminue dans les réseaux, des perturbations sont enregistrées mais restent très limitées par rapport au régime global de desserte à l'échelle nationale». En tout cas, les grandes villes sont épargnées des perturbations. «Il n'y aura pas de crise concernant l'alimentation en eau potable. Pour nos besoins actuels ainsi que pour les générations futures, nous avons planifié des projets pouvant assurer la sécurité hydrique au-delà de 2030 et nous élaborons sur un plan pour 2050», fait remarquer la secrétaire d'Etat.
La sécurisation des ressources en eau reste une priorité au Maroc, classé parmi les pays à stress hydrique. Depuis quelques années, les projets de barrage se multiplient dans le pays. Ainsi, Afilal a visité le chantier de la construction d'un des plus gros ouvrages du Royaume. Le barrage M'dez, situé dans la commune rurale de Tazouta relevant de la province de Sefrou. D'un coût global de 1,5 milliard de DH, ce projet affiche un taux de réalisation financier de l'ordre de 30%.
L'ouvrage aura une capacité de retenue de 700 millions m3, soit le huitième du pays, en taille. Ce barrage vise la protection des zones aval contre les inondations, la production de l'énergie électrique, l'amélioration du volume régularisé au niveau du haut Sebou pour le développement de l'irrigation dans le bassin, ainsi que l'amélioration de l'alimentation en eau potable des centres avoisinants.
Il permettra également la recharge de la nappe phréatique et l'irrigation des terres agricoles du Saïss (125 millions de m3). Ce barrage, d'une hauteur sur fondation de 109 m, d'une longueur en crête de 320 m, et d'un volume de 2,5 Mm3 de remblais, sera construit sur une superficie de 27,5 ha.
Une «solution définitive» pour Ribat Al Kheir
«Le projet de renforcement de l'alimentation en eau potable de la ville de Ribat El Kheir et du centre d'Oulad Mkoudou apporte une solution définitive aux problèmes d'eau de cette zone», indique Charafat Afilal. Financé par l'Onep, pour un investissement de 18 millions de DH, ce projet sera finalisé dans huit mois. Il consiste en le rééquipement du forage Oulad Mkoudou pour un débit de 80 litres/seconde, la réalisation de deux stations de reprise de débit unitaire 50 l/s, la pose d'une conduite d'adduction d'eau sur 10,5 km en PVC diamètre 315 mm, un réservoir de stockage surélevé de capacité 500 m3 à Ribat El Kheir, et l'amenée des lignes électriques aux deux stations de reprise. «Ce projet permettra de résorber le déficit dans la production de l'eau potable enregistré pour la 2e saison estivale dans cette ville, qui résulte de la baisse de la productivité des ressources souterraines exploitées par l'ONEE dans le voisinage de ce centre», souligne la secrétaire d'Etat chargée de l'Eau. Le débit qui sera équipé permettra la satisfaction des besoins de la ville jusqu'à 2040. A noter que le projet profitera également à la population riveraine du douar Mqatla, qui bénéficiera d'un autre projet visant l'accès à l'eau.


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