Digitalisation bancaire : Sommaire de notre spécial    Société Générale, s'adapter aux nouveaux comportements des clients    Vidéo-Bourita: « Le Pacte mondial sur les migrations est un acte de souveraineté »    Blocage à Paris-Nanterre contre la hausse des frais pour les non-Européens    Botola Maroc Telecom : Une reprise difficile pour le Raja    CR7 défie Messi !    Finances publiques. Comment en finir avec les inégalités sociales ?    Clôture du 17ème Festival international du film de Marrakech : L'Afrique aux alentours du palmarès    Décès à Marrakech du chanteur Hamid Zahir    Dédié à la sécurité et à la sûreté : Le Maroc abrite la première édition de l'Asec Expo 2019    Conférence de Marrakech sur la migration.. Que dit la lettre royale lue par El Othmani?    Société civile, secteur privé… de vrais engagements pour l'action?    Doing Business : Le Maroc vise le top 50    Lutte contre le diabète : La Fondation Mohammed VI lance une campagne de dépistage    Environnement – Pays à risque climatique dans le monde : Le Maroc 124ème    Sahara : Une deuxième table ronde à Genève au 1er trimestre 2019    Cycle des grands interprètes : Célimène Daudet en tournée dans plusieurs villes    "Gilets jaunes": Vers une baisse des taxes pour apaiser le mouvement?    Fès : Arrestation de deux individus en possession de 5.330 comprimés d'ecstasy    Les bonbonnes de gaz turques arrivent au Maroc    Les pays du Golfe tiennent toujours à leur partenariat avec le Maroc    La communauté juive célèbre la hiloula à Taroudant    FIFM. Coup de maître !    «Regarde-moi», l'autisme autrement    Botola Maroc Télécom: Victoire du Wydad de Casablanca face à l'AS FAR    Le Pacte mondial sur les migrations, un document fondamental pour une meilleure gestion de la question migratoire    Africa Forum 2018 : Le Maroc a développé un modèle de coopération intégré et multidimensionnel    Raja: Les conditions de Garrido pour renouveler son contrat    «Le cinéma est une forme d'art très démocratique»    La Marine royale porte assistance à 72 candidats à la migration clandestine    Trafic international de cocaïne : Un nouveau coup de filet du BCIJ    Trafic international de drogue et de psychotropes : Arrestation à Casablanca d'une Brésilienne en possession de 610 grammes de cocaïne    Développement en Afrique. L'analyse de la DEPF    Journal d'un enfant cireur: «A l'origine de mon calvaire, un échec scolaire»    Sur le plateau de France 24, Cheikh Amar était aussi serein que les membres de la délégation marocaine à Genève    Après une mobilisation des "Gilets jaunes" en léger recul, l'attente d'annonces de Macron    Washington accuse Moscou d'avoir aidé à mettre en scène une attaque chimique en Syrie    Le Congo candidat pour l'organisation de la CAN 2019    Divers    Le Barça roi du derby    Divers    Déclaration finale de la Conférence parlementaire organisée à l'occasion de l'adoption du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières    Le Pacte mondial sur la migration, une réponse commune à un défi global    "Variety" souligne l'accès grandissant des productions marocaines à l'international    Patrick Terhechte : La 17ème édition du FIFM a été "très réussie" à tous les niveaux    Le message de remerciement et d'engagement de Driss Lachguar, Premier secrétaire de l'USFP et directeur général du Conseil d'administration de "Al Ittihad Presse"    La valse des ministres et conseillers de Trump    BCIJ: Saisie d'une tonne de cocaïne fortement dosée et arrestation de 7 personnes    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





L'impayé, la phobie des entreprises de l'hexagone
Publié dans L'Economiste le 22 - 05 - 2018

Stéphane Colliac, économiste senior en charge de la France et de l'Afrique chez Euler Hermes, spécialiste de l'assurance-crédit: «Les velléités des entreprises françaises de renforcer leur présence au Maroc nécessiteront un accompagnement...» (Ph. Euler Hermes)
- L'Economiste: Outre la proximité géographique et une croissance plutôt stable, quelles sont les autres opportunités qu'offre le Maroc pour les entreprises françaises?
- Stéphane Colliac: Le Maroc a progressé en matière d'attractivité et pas simplement parce qu'il est proche ou que sa croissance est stable. Le Royaume a développé une logistique (en particulier Tanger Med) qui permet aux investisseurs étrangers d'exporter depuis ses bases, notamment dans l'automobile. C'est en premier lieu à cette montée en charge que l'on doit l'appétit croissant des entreprises françaises pour le Maroc. Elles y envoient des machines et des pièces afin de produire sur place. Ainsi, c'est le phénomène très positif d'intégration du Maroc dans les chaînes de valeur auquel nous assistons.
- Quels seraient les freins à la politique de promotion des exportations?
- Un affaiblissement des débouchés serait évidemment préjudiciable. On exporte et on produit au Maroc en partie pour réexporter. L'insertion du Maroc au sein des accords commerciaux régionaux est capitale. Mais, ce que les entreprises françaises craignent le plus à l'étranger, c'est l'impayé. Bien évidemment, tout impayé ne s'accompagne pas systématiquement d'une défaillance, mais notons que ces dernières ont encore augmenté de 12% en 2017 et ont doublé en 5 ans au Maroc. Notons aussi que les délais de paiement client ne sont pas exactement au même niveau, puisque s'ils sont de 83 jours au Maroc et de 74 jours en France, ils ne sont que de 54 jours en Allemagne, le principal débouché de la France. Autant dire que les exportateurs français ne sont pas habitués à de tels délais de paiement. Ceci veut dire que les velléités des entreprises françaises de renforcer leur présence au Maroc nécessiteront un accompagnement, afin d'éviter qu'elles ne soient échaudées trop vite.
- Quels sont les secteurs porteurs?
- En tant que site industriel qui s'équipe progressivement le Maroc est un débouché pour le secteur français des machines et équipements, qui représente 20% des exportations de la France vers le Royaume. Et c'est aussi le secteur qui a le plus de velléités d'accroître ses exportations vers le Maroc. Mais il n'échappera à personne que l'automobile est le secteur dont la progression est la plus marquante. Il représentait 6% des exportations françaises vers le Maroc il y a 10 ans. Cette proportion a doublé aujourd'hui.
- Comment booster la compétitivité entre le Maroc et la France?
-Le renforcement des relations commerciales entre les deux pays tient au positionnement du Royaume par rapport aux pays qui pourraient le concurrencer en tant que hub régional, ainsi que dans sa capacité à effectivement agir en tant que hub. Ici, le succès n'est pas assuré. Car si l'on considère le Maroc en tant que site de production à proximité de l'Europe, le Maroc a des concurrents, dont la Tunisie ou même la Turquie. Et puis, l'ambition du Maroc d'être une porte d'entrée vers l'Afrique n'est pas non plus la chronique d'un succès annoncé. D'après nos calculs, les exportations marocaines devraient augmenter de 50 milliards d'euros entre 2017 et 2030. C'est certes un chiffre intéressant, mais nos calculs ne montrent aucune différence entre la mise en œuvre de la zone de libre-échange de l'Afrique et sa non mise en œuvre. En effet, pour le moment le Ghana apparaît mieux armé et mieux situé pour devenir le hub de l'Afrique de l'Ouest et bénéficier des effets multiplicateurs d'une telle zone de libre-échange. Pour contrecarrer ce risque de se faire précéder, il est important de continuer à réformer l'économie marocaine et à l'intégrer à celles de la zone.
Propos recueillis par Fatim-Zahra TOHRY


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.