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Les pauvres sous les projecteurs
Publié dans L'Economiste le 19 - 04 - 2019

Les indicateurs de pauvreté montrent de grands écarts entre les Etats. Si la Roumanie, la Bulgarie, la Grèce et la Hongrie sont en tête de peloton. La Suède, le Luxembourg ou la Finlande arrivent à l'autre extrémité de l'échelle
Note: Les pays sont classés par taux de privation matérielle et sociale décroissant. Pour les individus dont la situation n'est pas connue, le taux du pays en question leur a été appliqué. Cette méthode a tendance à sous-estimer la part de la pauvreté cumulative, en particulier là où le taux de non-réponse de la population pauvre est relativement important, comme en Suède ou aux Pays-Bas.
Vous ne pouvez pas faire face à des dépenses inattendues, vous offrir une semaine de vacances hors de votre domicile, remplacer des meubles hors d'usage et dépenser une petite somme d'argent pour soi sans avoir à consulter quiconque… Eh bien vous figurez dans la liste (voir tableau) de personnes en situation de privation matérielle et sociale.
Après l'analyse de l'OCDE sur les classes moyennes (cf. notre édition N° 5494 du 12/04/2019), c'est au tour de l'Institut national de la statistique et des études économiques (l'Insee) de s'intéresser dans son ouvrage «La France dans l'Union européenne» à une autre catégorie: celle des pauvres (1). La crise des «gilets jaunes» a remis en avant les questions des inégalités et de la pauvreté. Le phénomène touche aussi le Maroc où la moitié des Marocains se considèrent comme pauvres (cf. notre édition N° 5424 du 03/01/2019).
En 2016, 12,7% de la population française et 15,7% de la population de l'UE sont en situation de privation matérielle et sociale (soit plus de 78 millions de personnes), selon l'Insee. La pauvreté monétaire, elle, touche 13,6% des Français et 17,3% des Européens.
La France a un des plus faibles taux de pauvreté monétaire de l'UE et un taux de privation matérielle et sociale médian. Les deux taux sont corrélés, mais certains pays présentent des taux de pauvreté proches selon une définition et très éloignés selon l'autre. Le taux de privation matérielle et sociale varie de manière très importante selon les pays, allant de moins de 3% en Suède à quasiment 50% en Roumanie.
A cet égard, les deux régions de l'UE présentent de grandes disparités. Le taux de privation matérielle et sociale de l'Europe du Nord et de l'Ouest est inférieur de moitié à celui de l'Europe du Sud et de l'Est (respectivement 10,7% et 21,3%). L'Europe du Sud et de l'Est rassemble ainsi près des deux tiers des Européens en situation de privation matérielle et sociale, alors qu'elle concentre moins de la moitié de la population de l'UE.
En moyenne dans l'Union et pour les deux types de pauvreté, les actifs occupés sont un peu moins touchés que les retraités, et environ quatre fois moins que les chômeurs. Du point de vue de la profession, les taux de pauvreté des cadres et des professions intermédiaires sont proches, et bien plus faibles que ceux des ouvriers.
Les types de famille les plus touchées sont les familles monoparentales, dont les taux de pauvreté sont trois fois supérieurs à ceux des couples sans enfants (respectivement 34% et 11,7% pour la pauvreté monétaire, et 32% et 10,5% pour la privation matérielle et sociale). En ce qui concerne les profils socio-démographiques, la première différence notable concerne l'âge des populations touchées.
Dans la plupart des pays de l'UE, les taux de pauvreté monétaire des jeunes de 16 à 24 ans sont bien supérieurs à ceux des autres tranches d'âge. Ce qui n'est pas le cas en matière de privation matérielle et sociale. Les aides intrafamiliales au bénéfice des jeunes, qui ne sont pas captées dans la mesure du revenu, et le fait qu'ils vivraient moins négativement des conditions matérielles considérées comme transitoires pourraient l'expliquer.
La difficulté la plus fréquemment rencontrée par les Européens est de ne pas pouvoir faire face à une dépense inattendue d'un montant de l'ordre du seuil de pauvreté mensuel (environ 1.000 euros en France). C'est le cas, en 2015, d'un tiers des Français et des personnes vivant dans l'UE. A l'inverse, le fait de ne pas pouvoir se payer un accès à Internet est une privation rencontrée par seulement 5% des Européens et 2% des Français
Quant au statut d'activité, des différences notables existent au sein de la catégorie des actifs occupés. Ainsi, dans la majorité des pays de l'UE, les indépendants ont un taux de pauvreté monétaire bien supérieur à leur taux de privation matérielle et sociale, ce dernier étant souvent du même ordre que celui des salariés.
Du point de vue de la profession, un décalage similaire a été observé chez les agriculteurs, dont le taux de privation matérielle et sociale (bien que relativement élevé par rapport aux autres professions) est systématiquement plus faible que leur taux de pauvreté monétaire.
Que ce soit pour les indépendants ou pour les agriculteurs, il se peut que la mesure des revenus soit incomplète, surestimant ainsi l'indicateur de pauvreté monétaire. De même, un patrimoine plus important ou le recours à l'autoconsommation pourraient également mieux protéger ces catégories de la privation matérielle.
En France, les écarts entre catégories d'individus sont du même ordre que dans la moyenne de l'UE. En revanche, la situation des retraités y est particulière : alors que leur taux de pauvreté monétaire est le plus bas des pays d'Europe du Nord et de l'Ouest (7%), celui de privation matérielle et sociale est le plus élevé de ce groupe de pays (9,9%). Ce dernier indicateur conduit à relativiser le constat d'une situation a priori plus favorable de cette catégorie de la population.
Pour lutter contre la pauvreté, il faut comprendre donc ses dimensions cachées. Une équipe internationale composée de chercheurs et de professionnels de terrain s'est attelée à définir et évaluer les différentes expériences de la pauvreté. Leur rapport, intitulé «The Hidden Dimensions of Poverty», sera présenté et examiné lors d'une conférence organisée par l'OCDE à Paris le 10 mai 2019.
Fatim-Zahra TOHRY
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(1) La pauvreté monétaire et la privation matérielle et sociale sont deux approches différentes de la pauvreté. La première, fondée sur le revenu du ménage, est définie de manière relative: le seuil de pauvreté dépend du niveau de richesse du pays. La seconde repose sur les conditions de vie et établit un même seuil pour tous les pays. Les personnes identifiées par ces deux approches de la pauvreté ne sont pas les mêmes, et cela a un impact sur les comparaisons entre pays de l'UE.


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