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Episode 10 Jésus, une grande figure biblique du Coran: Marie, mère de Jésus, dans le Coran
Publié dans L'Economiste le 24 - 05 - 2019

Alors que les Evangiles ne fournissent pas beaucoup de détails sur Marie, mère de Jésus, le Coran lui consacre tout un chapitre. Gérard Mordillat et Jérôme Prieur affirment: «Dans les Evangiles, Marie a, à peine, un petit rôle ; si l'on mettait bout à bout tous les passages qui la mentionnent, on obtiendrait au mieux une demi-page, plus vraisemblablement quelques lignes.» Ce qui n'est pas le cas du Coran qui la cite, souvent, et la qualifie de préférée de Dieu, par rapport à toutes les femmes de l'univers : «Les anges dirent: (Ô Marie! Dieu t'a choisie, en vérité, Il t'a purifiée ; Il t'a choisie de préférence à toutes les femmes de l'univers) » (Coran, III, 42).
Ainsi, le Coran traite, avec beaucoup de détails, des conditions de la naissance et de l'éducation de Marie. Il lui réserve une place particulière en sa qualité d'«élue de Dieu».
La naissance et l'éducation de Marie, mère de Jésus, selon le Coran
Le Coran donne des détails intéressants sur les conditions de la naissance de Marie. Lorsque sa mère, Hannah (Anne), tombe enceinte, elle émet un vœu: si elle accouche d'un garçon, il sera au service du Temple de Jérusalem. Mais comme elle accouche d'une fille, elle se souvient de sa promesse et exprime sa déception. «Elle dit: (Mon Seigneur! J'ai mis au monde une fille.) Dieu savait ce qu'elle avait enfanté: un garçon n'est pas semblable à une fille. » (Coran, III, 36). Elle continue en disant qu'elle a nommé le nouveau-né «Marie» et déclare le placer, ainsi que sa descendance, sous la protection de Dieu, contre le diable. Certains exégètes musulmans interprètent cette affirmation de Hannah, en se référant à un hadith (une citation) du prophète Mohammed, où il dit: «Aucun bébé ne naît sans qu'il ne soit touché par Satan, au moment de sa naissance, et il sort en criant, excepté Marie et son fils Jésus». Ce hadith, dont l'authenticité est reconnue par l'ensemble des exégètes musulmans, est cité, notamment, par Al-Boukhârî et rapporté dans l'ouvrage de Al Boukhari, Les traditions islamiques.
Le Coran continue son récit, en rapportant, au sujet de Marie: «Son Seigneur accueillit la petite fille en lui faisant une belle réception ; Il la fit croître d'une belle croissance, et Il la confia à Zacharie. » (Coran, III, 37).
Plusieurs exégètes, dont Imam Ahmed, cité par Ibn Kathir, rapportent que, quand Hannah accouche de Marie, elle l'amène au Temple de Jérusalem, chez les prêtres qui avaient un grand respect pour leur maître, Imran, le père de Marie. Ils commencent à débattre, entre eux, de la personne qui va s'occuper de l'éducation de Marie et décident, pour cela, de recourir au tirage au sort. C'est ce que rapporte le Coran quand il affirme, s'adressant au prophète Mohammed: «Ceci fait partie des récits concernant le mystère que nous te révélons. Tu n'étais pas parmi eux lorsqu'ils jetaient leurs roseaux pour savoir qui d'entre eux se chargerait de Marie. Tu n'étais pas non plus parmi eux lorsqu'ils se disputaient. » (Coran, III, 44). Le Coran décrit, dans ce verset, comment les prêtres ont organisé le tirage au sort pour savoir qui aura le privilège de la garde et de l'éducation de Marie. Ils rassemblent leurs plumes, de façon anonyme, et envoient un enfant pour chercher une plume. Il faut rappeler que le jet des plumes (calames) est une pratique connue chez les Sémites pour tirer au sort. C'est la plume de Zacharie (Zakaria pour les musulmans) que l'enfant apporte. Quelques prêtres demandent à refaire le tirage au sort, mais en jetant, cette fois-ci, les plumes dans une rivière: celle qui flotte contre le courant serait la bonne. Encore une fois, c'est la plume de Zacharie qui sort. Une troisième tentative est faite et, encore une fois, c'est la plume de Zacharie qui est tirée au sort. Ainsi, la garde de Marie est confiée à Zacharie.
Le Coran, dans la sourate «Al Imran», ajoute: «Chaque fois que Zacharie allait la voir dans le Temple, il trouvait auprès d'elle la nourriture nécessaire, et il lui demandait: (Ô Marie! D'où cela te vient-il?) Elle répondait: (Cela vient de Dieu: Dieu donne, sans compter, Sa subsistance à qui Il veut)» (Coran, III, 37).
De nombreux exégètes, cités par Ibn Kathir, rapportent que Zacharie construit une chambre pour Marie dans le Temple. Ce qui constitue, à l'époque, un fait exceptionnel. Durant sa jeunesse, Marie adore Dieu et s'occupe du sanctuaire, chaque fois que son tour arrive. Sa piété et sa dévotion sont reconnues de tous, et les gens commencent à la citer en exemple. La nourriture dont parle Zacharie est constituée, essentiellement, de fruits hors saison; ce qui est un véritable miracle à l'époque.
La place de Marie, mère de Jésus, dans le Coran
Comme nous l'avons remarqué, le Coran a réservé une place de choix à Marie, mère de Jésus, élue de Dieu. Elle est citée trente-quatre fois dans le livre sacré, plus que Jésus lui-même qui n'est cité que vingt-sept fois par son nom. Gérard Mordillat et Gérôme Prieur font remarquer que deux chapitres du Coran lui sont consacrés (sourates III et XV) et elle apparaît dans un nombre bien plus considérable que les quelques lignes que lui concède le Nouveau Testament. C'est la seule femme qui est désignée par son nom, contrairement aux autres femmes citées dans le Coran, et qui sont évoquées par référence à leurs compagnons masculins tels Adam pour Ève, Abraham pour Sarah, Loth, Imran, ou Pharaon. Même Agar, mère d'Ismaël, n'est pas citée par son nom. Pour Michel Dousse, par cette désignation nominale, non seulement exceptionnelle mais unique, c'est comme si Marie récapitule en sa figure toutes les femmes, à commencer par Eve qui trouve en elle un nom. Dans le Coran, on trouve une grande partie de la sourate «Al Imran» qui est consacrée à Marie. Ce qui constitue une particularité remarquable qui montre la grande place de Marie dans le Coran et, par extension, dans l'islam. C'est la seule femme à être saluée par les anges eux-mêmes. Ainsi, le Coran dit, au sujet de Marie, dans la sourate «Al Imran»: «Les anges dirent: (Ô Marie! Dieu t'a choisie, en vérité, Il t'a purifiée ; Il t'a choisie de préférence à toutes les femmes de l'univers. Ô Marie! Sois pieuse envers ton Seigneur ; prosterne-toi et incline-toi avec ceux qui s'inclinent)» (Coran, III, 42-43).
Le Coran rapporte que les anges viennent voir Marie et lui annoncent qu'elle a été purifiée et choisie par Dieu parmi les femmes du monde. Cette position exceptionnelle s'explique par le fait qu'elle a été désignée pour porter, en son sein, Jésus, dans des conditions extraordinaires. Ce qui est remarquable aussi, c'est le fait que le Coran est le premier qui décrète «l'immaculée conception de la Vierge», exempte de tout péché, ceci plus de mille ans avant sa proclamation par Rome en 1854.
Cette place de choix de Marie dans le Coran est confirmée par le prophète Mohammed, dans un hadith cité par Ibn Kathir, quand il dit: «Les meilleures femmes du monde sont au nombre de quatre: Meriem Bint Imran, Asiyah la femme du pharaon, Khadija bint Khouwailid (première épouse du Prophète) et Fatima Bint Mohammed (la fille du Prophète)».
Il est rapporté que, quand le prophète Mohammed est tombé malade et que sa fille Fatima lui rend visite avant sa mort, elle sort en pleurant, mais commence à sourire. Sa belle-mère, Aicha, lui demande pourquoi elle sourit. Elle lui répond:
«Le Prophète m'a dit qu'il allait mourir, alors j'ai pleuré, puis il a dit que je serai la première à le rejoindre, que je serai la cheftaine dans le paradis, après Marie Bint Imran, alors, j'ai souri.»
Plus encore, le Coran qualifie Marie de «Seddiqa», c'est-à-dire la «Véridique» (Sainte), qui a atteint le plus haut degré de la piété et de ce fait, la plus proche de Dieu.
Les interrogations concernant la naissance miraculeuse de Jésus
Sur la naissance miraculeuse de Jésus, les Evangiles et le Coran sont entièrement d'accord et se rejoignent sur beaucoup de détails. À ce titre, le Coran conforte les thèses avancées par les chrétiens et rejette, de façon catégorique, toutes les allégations concernant une quelconque relation illégitime de Marie.
La naissance miraculeuse de Jésus, selon les Evangiles
D'après les Evangiles de Matthieu et de Luc, la conception de Jésus est due au Saint-Esprit, conception directe et exceptionnelle de Dieu qui, du néant, est capable de créer le monde et la vie. Cette manifestation de la volonté de Dieu a commencé d'abord avec Zacharie, dont l'histoire se rattache à celle de Jésus. Zacharie fait partie d'une des nombreuses classes religieuses en activité dans le Temple de Jérusalem. Sa femme, Elisabeth, est descendante de Aaron (Haroun chez les musulmans), frère de Moïse. C'est d'ailleurs dans la lignée de Aaron que se recrutent les prêtres car il s'agit d'une ligne sacerdotale.
Le couple connaît un problème: il n'a pas d'enfants, ce qui est perçu chez les juifs de l'époque comme une malédiction, d'autant plus que la femme est âgée. S'accomplit, alors, le miracle, comme celui qu'a connu Sarah, l'épouse d'Abraham. Alors qu'il officiait dans le temple, Zacharie reçoit la visite d'un ange qui l'informe de la venue d'un enfant qu'il appellera Jean (Yahia chez les musulmans) et qui sera le «héraut du Messie qui vient». La nouvelle laisse Zacharie sans voix mais il la garde pour lui-même jusqu'à ce qu'Elisabeth accouche de Jean.
Le même phénomène se produit avec Marie, fiancée de Joseph. Marie reçoit la visite extraordinaire d'un ange qui lui annonce l'avènement du Messie et que cette venue va passer par elle. Lorsque Marie s'étonne sur la possibilité d'avoir un enfant alors qu'elle était vierge, l'ange lui annonce qu'elle sera «couverte par la puissance du Très-Haut»: l'impossible n'existe pas pour Dieu. L'ange l'informe qu'Elisabeth, qui est sa cousine, est enceinte de six mois, alors elle répond «Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon Sa parole.» Pour vérifier cette information, Marie se rend chez sa cousine qui lui confirme son état de grossesse. Marie demeure chez Zacharie et Elisabeth jusqu'à l'accouchement de celle-ci.
À son retour à Nazareth, Joseph remarque que Marie est visiblement enceinte, alors qu'il sait qu'il n'a jamais eu de rapports avec elle. Il pense rompre, c'est alors que l'ange, envoyé de Dieu, lui apparaît à lui aussi, dans un rêve, et lui explique la réalité. Il lui recommande de prendre soin d'elle et de celui qui est l'espérance d'Israël. Il lui dit que «l'enfant qu'elle porte vient de Dieu et elle donnera naissance à un fils auquel tu donneras le nom de Jésus; c'est lui qui sauvera le peuple de ses fautes».
De son côté, Elisabeth accouche et met au monde Jean ; c'est alors que Zacharie recouvre la voix pour chanter sa joie. Quelques temps après, César Auguste ordonne un recensement des populations pour le prélèvement de l'impôt. Pour la Judée, chacun doit se rendre dans sa ville natale pour y être recensé. Ce qui pousse Joseph et Marie à se rendre à Bethléem, alors que Marie est proche de son terme. Le couple se réfugie dans une étable et c'est là où Marie accouche de Jésus. Huit jours après, Jésus est selon la Loi juive, circoncis, peut-être dans la synagogue de Nazareth. Après la quarantaine imposée par la Loi mosaïque à toute femme venant d'accoucher, Marie et le bébé se rendent au Temple de Jérusalem pour offrir des tourterelles.
À Jérusalem, ils rencontrent le vieux Siméon qui, à la vue de Jésus, est convaincu que le bébé est l'Envoyé de Dieu. Ce que confirme Anne, une femme reconnue comme prophétesse, qui décrit Jésus comme «la délivrance de Jérusalem».
Jésus, une grande
figure biblique du Coran
Rachid Lazrak
La Croisée des Chemins,


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