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Enquête: Trouver un emploi au Québec
Le Québec cherche des jeunes de 23 à 35 ans
Publié dans L'Economiste le 16 - 08 - 2001

· Un bureau officiel sera ouvert à Rabat à la rentrée
· Bien connaître le français, avoir une spécialité professionnelle… les critères de sélection
“Nous ne voulons pas des immigrants pour Montréal seulement, mais pour le Québec en entier”, explique André Boulerice, secrétaire d'Etat à l'Accueil et à l'Intégration des immigrants, dans un entretien exclusif pour les lecteurs de L'Economiste. Il y annonce la mise en place d'un bureau à Rabat, qui ouvrira en principe à l'automne
- Quelle est votre stratégie en matière de soutien des immigrants?
- André Boulerice: Un léger préambule s'impose. La politique d'immigration du Québec est consensuelle. Elle a été adoptée à l'Assemblée Nationale à l'unanimité des formations politiques qui y siègent. Son objectif principal consiste à augmenter le niveau d'immigration au Québec. Nous visons particulièrement des personnes âgées entre 23 et 35 ans, très scolarisées ou spécialisées, connaissant suffisamment le français, pour accéder rapidement au marché du travail, mais aussi désireuses de s'établir à l'extérieur de Montréal.
C'est le cas de plusieurs personnes vivant en Europe francophone et dans les pays du Maghreb dont fait partie le Maroc, où nous allons d'ailleurs ouvrir un bureau d'immigration du Québec à Rabat l'automne prochain. Ce bureau, qui s'ajoutera aux sept services d'immigration du Québec (SIQ) répartis à travers le monde, permettra à la population marocaine d'avoir accès à des services sur son territoire.
Pour revenir à votre question, l'intégration ne débute pas à l'arrivée en sol québécois, mais dès le moment où le candidat à l'immigration reçoit son certificat de sélection du Québec. A partir même du pays d'origine, le Ministère des Relations avec les citoyens et de l'Immigration aide la personne à préparer sa démarche d'intégration professionnelle.
- Que pensez-vous des difficultés rencontrées par les immigrants sur le plan professionnel?
- C'est le cas pour certaines catégories, pas toutes. Comme dans tous les pays, il y a des professions, à exercice exclusif, réglementées par des ordres professionnels qui ont le mandat de protéger la santé et la sécurité du public. C'est le cas, par exemple, de l'Ordre des médecins du Québec, l'Ordre des infirmières et l'Ordre des ingénieurs.
Néanmoins, des mesures ont été entreprises avec certains ordres (infirmiers, ingénieurs) pour faciliter l'accès à certaines professions.
Mais je suis bien conscient qu'il est difficile pour certaines personnes immigrantes de se voir refuser la reconnaissance de tous leurs acquis professionnels et académiques. Mais, un immigrant doit s'attendre à ce qu'une partie de ses acquis ne soit pas automatiquement reconnue. D'ailleurs, plusieurs étudiants, qui changent d'université à l'intérieur même du Québec, se voient refuser la reconnaissance de certains de leurs cours par une autre université québécoise.
Le problème ne concerne donc pas uniquement les personnes immigrantes. En parlant de la reconnaissance des acquis, je peux vous assurer que l'efficacité des critères québécois d'évaluation des équivalences est reconnue à travers le monde.
- Mais les autres profils, eux non plus, n'arrivent pas à accéder au marché de l'emploi, puisque l'employeur québécois exige toujours une expérience québécoise, même si les immigrants effectuent des études au Québec?
- Mais c'est le cas pour l'ensemble de la population québécoise, notamment les universitaires québécois fraîchement diplômés. Néanmoins, il y a des mesures qui sont entreprises pour soutenir les immigrants dans leurs démarches d'intégration dans le marché professionnel. Dans ce sens, l'Etat se doit de donner l'exemple au secteur privé, d'où l'adoption à l'unanimité par l'Assemblée Nationale, en décembre 2000, de la Loi sur l'accès à l'égalité en emploi dans des organismes publics.
Entrée en vigueur dès le 1er avril dernier, cette loi, témoigne de la volonté du gouvernement du Québec de favoriser l'accès à l'égalité en emploi pour les femmes, les autochtones, les personnes faisant partie d'une minorité visible (immigrants) et celles dont la langue maternelle n'est ni le français, ni l'anglais, dans des organismes publics, municipaux, scolaires et ceux du secteur de la santé et des services sociaux. En tout, plus de 700 employeurs sont visés par cette loi, représentant un bassin d'environ 500.000 emplois.
- Mais les immigrants, eux, et contrairement aux universitaires québécois fraîchement diplômés, disposent déjà d'une expérience qui se doit, comme l'indiquent les formulaires de demande d'immigration, d'être pertinente pour faciliter leur intégration au Québec?
- Vous avez entièrement raison! Toutefois, même si l'expérience professionnelle dont ils disposent est fort pertinente, elle est davantage adaptée au marché de leur pays d'origine que celui du Québec, lequel répond à des besoins différents et des habitudes de consommation différentes. C'est pourquoi, nous incitons les personnes immigrantes à peaufiner davantage leur expérience, à se familiariser avec les codes et les pratiques professionnelles des entreprises québécoises pour qu'elles puissent répondre aux besoins spécifiques de notre marché.
J'encourage d'ailleurs les personnes immigrantes à exercer rapidement un premier emploi, même si celui-ci semble être en deçà de leurs compétences génériques.
- Encore faut-il que l'employeur québécois leur donne cette opportunité, ce qui n'est pas évident?
- C'est vrai que ce n'est pas encore évident. Mais des mesures sont entreprises pour trouver des solutions à ce problème. Le hic, c'est que chacun nous arrive avec un exemple isolé. Si on prend l'ensemble des Québécois d'origine marocaine ayant immigré au Québec, on verra que plusieurs d'entre eux ont pu réussir. Je ne dis pas que le problème n'existe pas, mais je m'interroge si le problème a vraiment l'ampleur qu'on lui donne.
- Le gouvernement a mis en place des subventions salariales pour pousser les sociétés à recruter des employés, mais cette mesure ne semble pas donner les résultats escomptés?
- Là, je suis obligé de vous contredire. Je reçois plusieurs appels de la part d'entrepreneurs me demandant si j'ai des candidats bénéficiant de cette mesure. Et si, par malheur, elle venait à disparaître, bon nombre d'entreprises en seraient révoltées.
- Reste que cette mesure est très limitée dans le temps?
- Effectivement. Dès que les gens commencent à y prendre goût, elle s'arrête. De plus, on s'aperçoit que même si les organismes, qui embauchent des immigrants bénéficiant de cette mesure, sont intéressés à les engager, ils ne peuvent le faire à cause de leur faible solidité financière.
- Pensez-vous qu'il serait alors temps de tenir compte de ces facteurs au niveau de la sélection des candidats?
- Notre grille de sélection est très rigoureuse et objective. Le profil de tous les candidats à l'immigration est étudié de façon très minutieuse. L'analyse des demandes d'immigration s'effectue en fonction des disponibilités d'emploi au Québec et des besoins de main-d'oeuvre de la province, sachant que 90% des emplois sont fournis par les petites et moyennes entreprises. En outre, nous allons préciser, lors des entrevues de sélection, que nous cherchons des gens qui seraient intéressés par les autres régions du Québec et non seulement Montréal.
Et puisque la plupart des immigrants ont tendance à se concentrer dans la métropole, nous allons également leur expliquer davantage qu'il est tout aussi possible, sinon plus facile, de réussir dans les autres villes québécoises qu'à Montréal. D'ailleurs, dans plusieurs régions, le taux de chômage est plus bas qu'à Montréal et les employeurs nous demandent toujours quand ils pourront compter sur l'arrivée des immigrants dans leur région.
Propos recueillis par Rafik IKRAM
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Méfiez-vous des intermédiaires en immigration
Les personnes intéressées par l'immigration au Canada devraient être vigilants à l'égard des intermédiaires en immigration. En effet, le secrétaire d'Etat à l'Accueil et à l'Intégration des immigrants au Québec, André Boulerice, assure que la majorité des consultants ne sont pas mandatés par le gouvernement du Québec. “Les personnes intéressées par l'immigration au Québec devraient s'adresser directement à la source. Elles peuvent aller directement sur notre site (www.mrci.gouv.qc.ca ou www.immq.gouv.qc.ca) et avoir toutes les informations dont elles ont besoin. Elles peuvent aussi y calculer le nombre de points mesurant leurs chances d'être acceptées au Québec et au Canada en tant qu'immigrante”, explique-t-il. “Passer par ces intermédiaires n'augmentera pas leurs chances d'être admises”, soutient-il.
· Méfiez-vous des intermédiaires en immigration
Dès le début du processus de sélection, des informations relatives aux possibilités professionnelles permettent à l'individu de préparer un plan d'action pour faciliter les premières étapes de son processus d'insertion socio-économique”, explique Boulerice. Le ministère remet aux candidats à l'immigration sélectionnés par le Québec une pochette d'information “Vivre au Québec” contenant des renseignements généraux sur les différents aspects de la vie québécoise: logement, santé, emploi, études et services d'intégration et parfois, sur les professions et métiers réglementés. La pochette contient aussi un aide-mémoire indiquant les documents essentiels que l'immigrant et sa famille doivent apporter et dont ils auront besoin pour obtenir un numéro d'assurance sociale, une carte d'assurance-maladie, pour solliciter un emploi ou faire reconnaître leurs acquis scolaires et professionnels. Les candidats reçoivent plusieurs adresses de sites Internet, y compris celle du ministère. “Ils y trouvent une foule de renseignements utiles pour faciliter leur établissement et leur intégration au Québec”, souligne le secrétaire à l'Immigration.
Avant leur arrivée, des candidats sont informés, par courrier personnalisé, des possibilités d'emploi dans leur domaine dans différentes régions du Québec et des principales caractéristiques environnementales, sociales et économiques de ces régions. “Le ministère leur communique aussi les noms et coordonnées de ses personnes-ressources qui connaissent bien les régions et qui peuvent répondre à leurs questions, notamment en ce qui concerne les perspectives professionnelles et la qualité de vie qui s'offriraient à eux s'ils choisissaient de s'y établir”.
“Finalement, les carrefours d'intégration, mis en place récemment par le ministère, soutiennent les citoyens et partenaires de la société d'accueil dans leurs efforts pour comprendre et partager les objectifs d'immigration et d'intégration, afin qu'ils prennent une part active à l'intégration des immigrants dans leur milieu”, affirme Boulerice, “les partenaires collaborent avec le ministère pour mettre en oeuvre des projets favorisant l'intégration linguistique, sociale et économique des immigrants”. Mais à côté de cela, rien ne vaut l'expérience personnelle souvent bien éloignée de la documentation des pouvoirs publics, même portée par la meilleure volonté d'intégration
· Que font les Marocains au Québec?
Selon les dernières statistiques disponibles, celles de 1996, la plus grande partie des immigrants marocains s'oriente vers la vente et les services, avec 2.315 personnes, soit près de 28% de la population marocaine active au Canada. Idem pour les Tunisiens (350 personnes) et les Algériens (730 personnes).
Viennent en deuxième position les affaires, la finance et l'administration qui absorbent un peu plus de 16% de la population active avec 1.345 personnes. De même pour les Algériens (près de 13% avec 365 personnes) et dans une moindre mesure pour les Tunisiens (10% avec 145 personnes).
Les industries manufacturières attirent également beaucoup d'immigrants, soit 13% de la population active marocaine, 18% des Tunisiens et près de 12% des Algériens.
Les industries primaires ainsi que la construction constituent les secteurs qui suscitent le moins d'Intérêt chez les immigrants maghrébins.
Toujours selon les dernières statistiques disponibles et qui remontent à 1996, date à laquelle il y a eu l'avant-dernier recensement, les Marocains constituent la plus grande proportion d'immigrants présents au niveau des services gouvernementaux, soit 255 personnes contre 140 Algériens et 35 Tunisiens.
Nénamoins, il est possible que les choses aient bien changé depuis que ces enquêtes ont été faites. Les nouvelles statistiques ne seront disponibles que l'année prochaine pour montrer l'évolution.


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