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La dette publique décortiquée par le directeur du Trésor
Publié dans L'Economiste le 07 - 02 - 2003

· La dette globale a progressé moins vite que le PIB entre 1995 et 2002
· Son coût moyen a lui aussi été contenu, générant une économie annuelle de 3 milliards de DH sur les charges d'intérêt
· L'Economiste: Comment a évolué le stock de la dette extérieure publique durant ces dernières années?
- Abdeltif Loudiyi: Les indicateurs de la dette extérieure publique ont été marqués ces dernières années par une amélioration progressive et soutenue. La gestion active de la dette extérieure, la sélectivité et un meilleur ciblage caractérisant aussi bien la mobilisation des financements extérieurs que les programmes et projets à financer auront porté leurs fruits. C'est ainsi que le stock de la dette extérieure publique totale a été ramené de près de 22,6 milliards à 14 milliards de dollars entre 1995 et 2002, soit une baisse de 38% ou 8,6 milliards de dollars en 7 ans. Rapporté au PIB, le taux d'endettement extérieur public est passé de 68% en 1995 à moins de 35% en 2002, et par rapport aux recettes courantes de la balance des paiements de 192 à 85% durant la même période.
· Quelle est sa maturité moyenne et quelle appréciation portez-vous sur son évolution?
- Le profil de la dette publique totale s'est nettement amélioré. Tout d'abord, la durée restante moyenne est de près de 11 ans. Ensuite, la dette est exclusivement à moyen et long termes. De plus, le stock est diversifié, dans la mesure où il est composé à raison d'environ 50% d'emprunts libellés en euro, 33% en dollar US, 8% en yen japonais… De ce fait, l'appréciation ou la dépréciation de la parité de l'une des devises est quasiment compensée par le mouvement en sens inverse d'une autre devise. Enfin, la dette est composée d'emprunts contractés essentiellement auprès de créanciers bilatéraux et d'institutions financières multilatérales et régionales qui accordent généralement des conditions financières favorables en termes de maturité, de délais de grâce et de taux d'intérêt.
· Qu'en est-il de la dette extérieure directe du Trésor plus précisément?
- La dette extérieure directe du Trésor a été réduite en 7 ans de 6,6 milliards de dollars, soit 42% du niveau atteint en 1995. Par rapport au PIB, elle a ainsi été ramenée de 47,3% en 1995 à 22,6% en 2002.
· La dette des entreprises publiques garantie a été fortement contenue ces dernières années. Mais dans quelles proportions?
- La dette extérieure garantie a été ramenée de 6,9 milliards à 4,9 milliards de dollars entre 1995 et 2002, enregistrant une baisse de 30% (ou 2 milliards de dollars). En 7 ans, elle est passée de 20,8 à 12,1% du PIB. Cet allégement est dû à la sélectivité en matière des projets d'investissement à financer et d'octroi de la garantie de l'Etat. Il résulte également de la politique de gestion active de la dette menée par certains établissements tels que l'ONE, Maroc Telecom, l'OCP ou la Caisse Nationale de Crédit Agricole. Ce qui est recherché en définitive, c'est la maîtrise de l'endettement extérieur des établissements publics à un niveau soutenable. Cela passe nécessairement, comme déjà souligné, par une certaine sélectivité en matière d'octroi de la garantie de l'Etat. Celle-ci étant accompagnée d'un meilleur ciblage des financements extérieurs axé sur la concessionnalité de ces financements et sur le degré de priorité des projets publics à financer.
· L'effet des vases communicants entre dette extérieure et dette intérieure est perçu comme une faiblesse par plusieurs analystes. Quelle appréciation portez-vous sur l'endettement intérieur du Trésor à fin 2002?
- Tout d'abord, l'endettement total du Trésor (interne et externe) s'est accru en moyenne de seulement 3,1% l'an entre 1995 et 2002, au moment même où le PIB nominal progressait en moyenne de 5,6% l'an. Ce qui signifie que le poids relatif de la dette totale du Trésor se réduit en moyenne d'environ 2,5 points du PIB chaque année depuis 1995 (3,8 points au titre de la seule année 2002) et atteste d'une politique d'endettement prudente. De plus, le coût moyen de la dette totale est passé de plus de 8 à 7% sur la même période, soit une économie annuelle au titre des charges en intérêts de l'ordre de 3 milliards de dirhams. Ainsi, le stock de la dette totale du Trésor a été réduit progressivement de 83 à 71% du PIB entre 1995 et 2002. Cela résulte à la fois d'une baisse du ratio de la dette extérieure de 24 points de PIB et d'une augmentation de celui de la dette intérieure de 12 points de PIB. Ce qui équivaut à une augmentation annuelle de 1,7% seulement.
· Quels sont les facteurs qui ont contribué à cette performance?
- Il faut citer en premier lieu l'arbitrage entre endettement intérieur et extérieur en fonction du coût à court et moyen termes et des risques que représente chaque type de financement. Cette performance s'explique aussi par d'autres facteurs. Ainsi, la modernisation des différents compartiments du marché financier a ouvert la voie à de nouveaux instruments financiers de mobilisation de l'épargne domestique et à de nouveaux opérateurs dont la mission est de dynamiser le marché des adjudications des valeurs du Trésor. Ce marché est devenu profond, diversifié et liquide, si bien qu'on assiste à une forte augmentation de l'encours détenu par les OPCVM et les compagnies d'assurance au détriment notamment des banques commerciales, les traditionnels intervenants sur ce marché.
Ces développements ont été opérés grâce à une concertation intense et régulière entre le Trésor et les intervenants en valeurs du Trésor. Aujourd'hui, le marché des adjudications est devenu l'unique source de financement domestique du Trésor qui y lève des fonds comme n'importe quel autre opérateur.
De plus, l'augmentation relative de la dette intérieure s'est effectuée dans un contexte marqué par une détente progressive des taux d'intérêt domestiques se situant entre 260 et 460 points de base selon les maturités sur la période 1995-2002.
· Le processus de désendettement du Trésor repose essentiellement par la gestion active de la dette. Quel en est le bilan et quelles sont les opérations menées en 2001 et 2002?
- Enclenchée en 1996, la gestion active de la dette extérieure du Trésor avait pour objectif principal de ramener le stock de la dette extérieure à un niveau et une structure soutenables. Cet objectif s'appuie sur la nécessité de réduire le poids du service de la dette et de prémunir les finances publiques et les comptes extérieurs du pays contre la volatilité des taux d'intérêt et de change internationaux.
Les mécanismes utilisés dans le cadre de cette gestion ont porté sur la conversion de dettes en investissements privés et publics, le remboursement par anticipation, le refinancement des dettes onéreuses et les swaps de devises et de taux d'intérêt. Ils ont porté sur un montant global de l'ordre de 4 milliards de dollars US et permis une réduction du stock de la dette extérieure de près de 2 milliards de dollars US.
Concernant plus particulièrement les années 2001 et 2002, la gestion active de la dette extérieure du Trésor a porté sur un montant global de l'ordre de 500 millions de dollars US dont près de 300 millions au titre des opérations de conversion de la dette en investissements privés et publics, et 200 millions de remboursement par anticipation des prêts onéreux.
· Certaines de ces techniques semblent avoir atteint leur limite. Quelles sont les nouvelles voies actuellement explorées par le Trésor?
- Il est vrai que les possibilités de conversion en investissements de la dette à l'égard du Club de Paris tendent, par la force des choses, à se réduire au fur et à mesure que diminue la dette rééchelonnée convertible. Cependant, la gestion active de la dette est un processus à long terme appelé à se poursuivre par le biais non seulement de la conversion en investissements mais également des autres mécanismes usités jusqu'ici chaque fois que l'opportunité se présente.
Par ailleurs, et afin de limiter l'impact des fluctuations des taux de change et d'intérêt sur les finances publiques et sur l'économie en général, un portefeuille cible ou "benchmark" de la dette extérieure a été défini. Ce portefeuille cible permet d'orienter le choix des conditions financières des nouveaux emprunts, et d'identifier les actions à entreprendre au niveau du stock existant.
La même démarche est adoptée au niveau de la gestion active de la dette intérieure par la définition d'un "benchmark". Le but recherché est de lisser le profil des remboursements de cette dette et d'améliorer sa structure par maturités en procédant à un arbitrage entre les ressources à court, moyen et long termes. Il s'agit également de se prémunir contre les risques de liquidité ou de refinancement par exemple.
En outre, les instruments de mobilisation des ressources domestiques destinés au financement du Trésor seront bientôt enrichis par l'introduction de bons de Trésor à moyen terme assortis de taux d'intérêt variables.
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Vers un emprunt international sans garantie externe?
· L'Economiste: La dernière sortie du Maroc sur le marché international remonte à 1999. Existe-t-il actuellement des opportunités pour lancer une nouvelle opération?
- A. Loudiyi: Certaines des opérations de remboursement de la dette extérieure onéreuse évoquées précédemment ont été financées en recourant à trois reprises depuis 1996, à la mobilisation de fonds sur le marché financier international. Les levées de fonds ont porté sur 1,5 milliard de francs français en 1996 et 137 millions d'euros en 1999 avec la garantie de l'Agence française de développement et 200 millions de dollars en 1998 au titre d'un crédit syndiqué. Ces emprunts ont été contractés à des taux d'intérêt respectifs de 6,5%, 3,95% et libor+45 points de base. Les emprunts remboursés étaient assortis d'un taux moyen de l'ordre de 10%. Ces trois opérations ont permis de réaliser une économie au niveau des charges en intérêts de plus de 1 milliard de dirhams.
Le lancement envisagé d'un emprunt obligataire sur le marché financier international sans garantie externe vise à inaugurer un nouveau guichet de financement potentiel à côté des financements extérieurs traditionnels et des financements domestiques, non seulement au profit du Trésor mais également des autres opérateurs. Toutefois, le recours à ce guichet reste tributaire notamment de la situation du marché domestique et des conditions offertes par le marché international.
Propos recueillis par Mouna KABLY


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