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Gestion du risque de change, formation à un marché des changes : Ce que banques et entreprises peuvent tirer du marché monétaire en devises
Publié dans L'Economiste le 05 - 05 - 1994

Entre les banques, le marché des devises est instauré. Ces institutions financières, autant que leurs clients versés dans l'import-export, peuvent gager de cette nouvelle liberté, à condition qu'elles maîtrisent les mécanismes de ce marché que l'auteur, cadre de banque, rappelle ici.
La circulaire de l'Office des Changes N°1607 du 2 novembre 1993 et la circulaire de Bank Al-Maghrib N°119/94DE du 7 janvier 1994 rentrent dans le cadre de la libéralisation progressive de la réglementation des changes au Maroc qui est, elle-même, liée aux réformes structurelles de l'économie du pays, amorcée depuis 1983 et visant à instituer progressivement le libre jeu des mécanismes du marché.
Ainsi est institué le marché monétaire en devises entre banques installées au Maroc (y compris les banques off-shore). Dans le présent article, nous nous proposons d'étudier les ressources de ce marché puis ses emplois dans un second et ses implications au niveau de l'entreprise marocaine enfin. Les ressources du marché monétaire en devises peuvent être de trois catégories.
a) Les dépôts de la clientèle:
Au Maroc, les comptes en devises sont exclusivement réservés aux étrangers (personnes physiques et personnes morales), aux exportateurs de biens et services et aux Ressortissants Marocains à l'Etranger.
Etrangers:
L'ouverture des comptes en devises au nom des personnes physiques! ou morales de nationalité étrangère résidentes ou non-résidentes est régie par la circulaire de l'Office des Changes N°1.555 du 8 août 1990.
Ces comptes abritent tous fonds en devises en provenance de l'étranger, sans limitation, et sous forme de virements, d'encaissements de chèques, travellers-chèques ou de tout autre moyen de paiement libellé en devises, de billets de banque importés etc...
Exportateurs:
Les Banques Intermédiaires Agréées (banques intermédiaires agréées) sont autorisées dans le cadre de la circulaire de l'Office des Changes N°1.607 du 2 novembre 1993 à ouvrir sur leurs livres des comptes en devises au nom des exportateurs de biens et services déjà titulaires de Comptes Convertibles de Promotion des Exportations (CCPEX)(1)
Financement à l'extérieur
Les comptes en devises ouverts au nom des exportateurs abritent 10% des recettes en devises lorsqu'il s'agit d'exportateurs de biens et 5% lorsqu'il s'agit d'exportateurs de services.
RME
L'ouverture des comptes en devises au nom des RME est régie par la circulaire de l'Office des changes N°1.607 du 2 novembre 1993.
Ces comptes ne peuvent cependant être ouverts qu'à condition que le versement initial soit égal ou supérieur à la contre-valeur de 100.000Dh.
b) Les lignes de financement extérieur:
La circulaire de l'Office des Changes N°1.605 du 4 juin 1993 a libéralisé les financements extérieurs et a ainsi permis aux entreprises marocaines de contracter des lignes de crédit soit directement, soit par l'intermédiaire de banques marocaines et ce, en vue de financer leurs opérations d'importation ou d'exportation.
Ces lignes de financement extérieur, qui constituent une ressource du marché monétaire en devises, peuvent consister entre autres en:
- des lignes de crédits acheteurs ou fournisseurs contractées directement par les importateurs marocains pour le financement de leurs importations;
- des crédits contractés par les exportateurs marocains en vue du financement ou du préfinancement de leurs opérations d'exportation;
- des prêts financiers destinés à financer des opérations d'investissement au Maroc;
- des prêts destinés au refinancement d'engagements existants.
c) Les lignes de trésorerie:
La circulaire de l'Office des Changes (1.607) ainsi que la circulaire d'application Bank Al-Maghrib (119/14/ DE) permettent aux banques marocaines de ne plus céder la totalité des devises rapatriées à l'Institut d'Emission. Elles pourront ainsi garder un volant de devises qu'elles géreront au mieux de leurs intérêts et de ceux de leur clientèle suivant les conditions du marché international.
Il peut arriver qu'une banque, du fait de son activité sur le marché international, soit en position courte(2) dans une devise donnée, elle couvrira ainsi ses besoins en puisant dans la ligne de trésorerie qu'elle aurait négociée avec son correspondant étranger.
Ainsi, les lignes de trésorerie mobilisées par les banques marocaines auprès de leurs correspondants étrangers peuvent constituer une ressource du marché monétaire en devises.
Pour ce qui est des emplois du marché monétaire en devises, les banques intermédiaires agréées sont autorisées à utiliser les ressources en devises disponibles dans les opérations suivantes.
a) Financement en devises des opérations du commerce extérieur:
Les disponibilités des comptes en devises peuvent être utilisées pour le financement des importations et des exportations sous forme de:
- mobilisation de créances en devises à l'exportation;
- préfinancement en devises des exportations;
- octroi de crédits acheteurs au profit de clients étrangers d'exportateurs marocains;
- refinancement des opérations d'importation ou d'exportation.
Les financements en devises pourraient être appelés à connaître un développement important compte tenu du différentiel des taux d'intérêt devises/Dirham, mais à condition que les autorités monétaires mettent en place des instruments de couverture du risque de change.
b) Marché interbancaire
Les disponibilités des comptes en devises peuvent également être utilisées sous forme d'avances que les banques intermédiaires agréées s'accordent mutuellement pour la couverture de leurs besoins en trésorerie découlant de la gestion de ces disponibilités. Ces avances ne pourront pas porter sur des échéances supérieures à six mois.
c) Placements auprès de Bank Al-Maghrib:
Les banques intermédiaires agréées peuvent placer leurs disponibilités en devises auprès de Bank Al-Maghrib selon les conditions fixées par cette dernière:
- Une cotation en fonction du marché, et pour les principales devises (USD, FRF, DEM, NLG, JPY, CHF, BEF, GBP, XEU, ESB, ITL et SAR).
- Les montants à placer par les banques intermédiaires agréées doivent être de USD500.000 minimum et exprimés en multiples de USD100.000 pour tout montant additionnel.
d) Placements à l'étranger:
Les placements en devises auprès des correspondants étrangers sont également autorisés à condition que les échéances n'excèdent pas 6 mois.
L'Institut d'émission insiste, toutefois, sur la notoriété des établissements financiers étrangers auxquels ces placements peuvent être confiés. Ils doivent jouir d'une bonne signature et d'un bon "rating" tel que déterminé par les cabinets spécialisés.
e) Les opérations de couverture:
Les ressources du marché monétaire en devises peuvent également être utilisées dans le cadre d'opérations de couverture des risques de change et de taux d'intérêt effectuées pour le propre compte des banques intermédiaires agréées ou pour le compte de leur clientèle.
L'Institut d'émission précise toutefois que ces opérations doivent être adossées à des opérations commerciales (import/export) ou de trésorerie bien identifiées en utilisant des instruments classiques de couverture tels que les contrats de change à terme, les SWAPS de devises et les FRA (Forward Rate Agreements).
Les produits dérivés tels que les options et les "futures" doivent être utilisés avec beaucoup de prudence.
Les implications pour l'entreprise
Le chapitre suivant est consacré aux implications que le marché monétaire en devises sur les banques et des entreprises opérant dans le secteur du commerce extérieur.
a) Implications au niveau du système bancaire:
L'instauration du marché monétaire en devises constitue une étape importante dans le cadre de la libéralisation progressive du système financier et vers la création d'un véritable marché des changes avec une cotation en continu du Dirham et la détermination de son cours en fonction de l'offre et de la demande (forces du marché).
A son stade actuel, et tel que prévu par la circulaire de l'Office des Changes N°1607, le marché monétaire en devises permettra aux banques marocaines de se familiariser avec les différents problèmes posés par la gestion directe d'une partie des devises non-cédées de Bank Al-Maghrib et leur ouverture vers les nouveaux métiers de l'International (Instruments de couverture de risque de change et de taux, crédits en devises, gestion de la trésorerie devises, placements en devises etc...) avec tout ce que cela implique comme acquisition et formation de compétences.
Les banques marocaines sont également appelées à concevoir et développer de nouveaux produits répondant aux besoins de clientèle détentrice des comptes en devises (RME en particulier).
b) Implications au niveau de l'entreprise importatrice et exportatrice:
L'entreprise opérant dans le domaine du commerce extérieur (import/export) est appelée à gérer sa trésorerie devise comme elle gère sa trésorerie dirham et à arbitrer si besoin entre les deux trésoreries.
L'entreprise marocaine est également appelée à gérer le risque de change auquel elle est exposée, dès qu'elle effectue une opération commerciale avec l'étranger (importation ou exportation) ou une opération financière (prêt ou emprunt en devise).
Gérer le risque de change
Aussi une mauvaise gestion du risque de change provoque-t-elle une augmentation du coût de revient du produit fabriqué et donc une perte de compétitivité. Pour se couvrir, l'entreprise marocaine peut utiliser des techniques internes de couverture, tels l'utilisation des disponibilités de ses comptes en devises et le termaillage ou des techniques de couverture externes telle la couverture à terme.
Le marché monétaire en devises au Maroc est encore embryonnaire. Il faudrait du temps pour voir comment va évoluer le comportement de la clientèle susceptible d'être intéressée par les comptes en devises.
Ce marché comporte cependant quelques insuffisances et limites:
- Les comptes RME en devises ne pourraient être ouverts que si le versement initial est égal ou supérieur à 100.000DH. Ce produit ne pourra donc pas concerner toute la population RME.
- Le pourcentage des recettes en devises à loger dans les comptes en devises exportateurs (5% pour les exportateurs de services et 10% pour les exportateurs de biens) reste très limité comparativement à ce qui se fait en Tunisie par exemple (40% des recettes d'exportation).
- Le fait de maintenir trois systèmes de gestion des dotations de promotion des exportations (dotation à 3% du chiffre d'affaires export, comptes convertibles de promotion des exportations et comptes en devises) constitue une troisième limite.
- Les placements en devises auprès de Bank Al-Maghrib doivent être supérieurs à USD500.000, ce qui risque de constituer un handicap.
Soulignons, cependant, malgré toutes les limites, que le marché monétaire en devises en vigueur constitue une étape importante vers la création d'un véritable marché de change.
(*) Docteur en gestion, cadre de directeur des Relations Internationales et du Commerce Extérieur à la BCP.
(1) Les non-titulaires de CCPEX doivent introduire une demande à l'Office des Changes.
(2) On dit qu'une banque est en position courte dans une devise lorsque sont supérieurs aux ressources.


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