Après un an d'investigation, le ministère du Commerce et de l'Industrie confirme l'existence d'un dumping massif sur les importations de PVC égyptien, ayant fragilisé la filière nationale et recommande l'instauration de droits définitifs d'un niveau exceptionnel. Une décision qui marque une nouvelle étape dans la protection des industries locales face aux distorsions du commerce mondial. Un an après le lancement d'une enquête très attendue sur les importations de résine PVC venue d'Egypte, le ministère du Commerce et de l'Industrie vient de rendre publique la conclusion finale, mettant un terme à une procédure qui a animé pendant de longs mois les milieux industriels marocains. L'affaire avait débuté en novembre 2024, lorsque les autorités avaient décidé d'examiner l'arrivée massive d'un PVC en provenance d'Egypte proposé à des prix jugés anormalement bas. Depuis plusieurs années, les acteurs nationaux de la plasturgie signalaient un déséquilibre croissant entre la production locale et des importations de plus en plus agressives, rappelant d'autres précédents en matière de défense commerciale. D'ailleurs, dès la phase préliminaire, les services du ministère avaient conclu à l'existence d'un dumping ainsi qu'à un dommage important subi par la branche de production nationale. Cette première analyse avait conduit, en juin 2025, à la mise en place d'un droit antidumping provisoire. Le rapport final confirme aujourd'hui les constats initiaux et les précise. Le produit concerné est une résine de PVC obtenue par polymérisation en suspension du monomère de vinyle, classée sous la position douanière 39.04.10.90.00 et exclusivement originaire d'Egypte. L'enquête a pu s'appuyer sur les réponses détaillées d'un seul producteur exportateur coopérant, Egyptian Petrochemicals Company, tandis que les autres producteurs égyptiens ont été évalués sur la base des renseignements disponibles. Les marges retenues sont particulièrement élevées. Pour l'entreprise coopérante, la marge de dumping finale atteint 74,87%, tandis qu'elle s'élève à 92,19% pour les autres industriels exportateurs. Le ministère insiste sur le fait que ces niveaux de dumping ont exercé une pression directe sur les prix pratiqués au Maroc. Le volume des importations a nettement progressé pendant la période considérée, et la sous-cotation constante du PVC égyptien a empêché la filière locale d'ajuster ses prix. En effet, les entreprises marocaines ont vu leurs parts de marché reculer et leurs indicateurs financiers se dégrader, qu'il s'agisse du retour sur investissement ou de la rentabilité globale. L'examen des facteurs alternatifs n'a pas permis d'identifier une cause externe susceptible d'expliquer l'ampleur des difficultés observées. Selon les conclusions de l'enquête du ministère, l'accroissement des importations en dumping constitue la cause majeure du dommage important subi par la branche nationale. Cette affaire, loin d'être la première du genre, s'inscrit dans une séquence plus large où le Maroc renforce progressivement ses instruments de défense commerciale. Au cours de la dernière décennie, plusieurs enquêtes ont visé des produits aussi divers que l'acier, les produits chimiques ou certains dérivés agricoles. À chaque fois, la même logique s'imposait, celle de préserver l'intégrité d'un tissu productif exposé à des importations volatiles et protéger la capacité du pays à maintenir des emplois et des investissements industriels. Le dossier du PVC égyptien illustre, de nouveau, la volonté du pays d'intervenir lorsque les conditions du commerce international s'écartent des règles de concurrence loyale. Après examen des conclusions techniques, la Commission de surveillance des importations, réunie le 21 novembre 2025, a donné un avis favorable à l'application de droits antidumping définitifs. Ces droits reprennent les marges calculées par le ministère, soit 74,87% pour Egyptian Petrochemicals Company et 92,19% pour les autres producteurs exportateurs égyptiens. L'enquête a été officiellement close le 25 novembre 2025, ouvrant la voie à l'adoption rapide de la mesure, dans un contexte où les industriels marocains attendent une stabilisation du marché et un rééquilibrage des conditions de concurrence. Selon nos informations, l'arrêté du ministère pour application effective de la mesure est en cours. Maryem Ouazzani / Les Inspirations ECO