À l'ouverture des salons internationaux Elec Expo, EneR Event et Tronica Expo 2025 à Casablanca, le secrétaire d'Etat chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, a appelé à une refonte stratégique du secteur de l'électricité. Malgré un fort potentiel à l'export, la filière peine à générer des emplois industriels. Une situation qui appelle à un repositionnement plus inclusif et à une meilleure intégration africaine. Le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Industrie et du Commerce, chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, a appelé, mercredi 26 novembre à Casablanca, à engager une réflexion stratégique sur les moyens d'accroître l'impact social du secteur de l'électricité. Il intervenait à l'occasion de l'ouverture conjointe des salons internationaux Elec Expo, EneR Event et Tronica Expo 2025, consacrés à l'électricité, à l'électronique, aux énergies renouvelables et aux technologies intelligentes. Se tenant du 26 au 29 novembre au Centre international des expositions de Casablanca (OFEC), les salons Elec Expo, EneR Event et Tronica Expo 2025 réunissent plus de 200 exposants venus de 24 pays, autour du thème «Stockage de l'énergie et équipements intelligents : la clé des réseaux électriques de demain». Dans ce cadre, et s'adressant à un parterre d'opérateurs nationaux et internationaux, Hejira a souligné que ce secteur, bien que porteur sur le plan économique, n'atteint pas encore son plein potentiel en matière d'emploi. Il a ainsi relevé que près de la moitié du chiffre d'affaires du secteur est destinée à l'export et que près d'un tiers des 650 entreprises opérant dans la filière sont exportatrices. Pourtant, le secteur ne contribue qu'à hauteur de 4% à l'emploi industriel. «Ce décalage interpelle et appelle à une réflexion stratégique sur les moyens d'accroître l'impact social du secteur, afin de transformer cette industrie en véritable vecteur de croissance inclusive et de création d'emplois qualifiés», a déclaré le secrétaire d'Etat. Hejira a également abordé les perspectives du secteur à l'échelle continentale, soulignant que le potentiel énergétique et industriel de l'Afrique reste largement sous-exploité. Alors que le continent détient 60% des meilleures ressources solaires du globe, il n'attire que 2% des investissements mondiaux dans l'énergie solaire, a-t-il précisé. De même, le commerce intra-africain représente moins de 15% des échanges totaux, signe d'une faible intégration régionale. Le stockage d'énergie au cœur de la transition Le président de la Fédération nationale de l'électricité, de l'électronique et des énergies renouvelables (FENELEC), Ali El Harti, a quant à lui insisté sur le rôle structurant que jouera le stockage dans l'avenir énergétique. Présenté comme «la clé des réseaux électriques de demain», le stockage connaît aujourd'hui une dynamique sans précédent, portée par la baisse des coûts et la maturité technologique. «Le coût des batteries de stockage est désormais inférieur à 100 USD/kWh, permettant une restitution de l'énergie à moins de 0,20 dirham par kWh, soit six fois moins que le prix distribué par le réseau», a-t-il affirmé. Selon lui, une simple batterie de 5 kWh permettrait de générer des économies de près de 36.000 dirhams, avec un retour sur investissement estimé entre deux et trois ans. Cette évolution ouvre de nouvelles perspectives, tant pour l'autoconsommation que pour la gestion intelligente des réseaux. Un positionnement régional confirmé El Harti a également mis en avant la dimension africaine de cette dynamique, rappelant que les entreprises marocaines disposent d'une expertise de plus de 50 ans sur le continent. Elles y ont démontré leur capacité à co-développer des infrastructures fiables et des solutions électriques durables, adaptées aux réalités locales. Alors que les besoins énergétiques en Afrique devraient tripler d'ici 2040, le président de la Fenelec a estimé le potentiel d'investissement à 30 milliards de dollars par an. La présence, cette année, de plus de 50 entrepreneurs africains issus de 13 pays à ces salons témoigne, selon lui, de la confiance croissante dans l'expertise marocaine et de l'ouverture stratégique du Royaume vers son continent.