Barid Al-Maghrib rejoint le programme DATA-TIKA de la CNDP    Pedro Sánchez: «Le Maroc est un partenaire stratégique de premier plan pour l'Europe» (Vidéo)    Rabat accueille la rencontre trilatérale entre les directeurs généraux de la police du Maroc, de l'Espagne et de l'Allemagne    Mobilité renforcée à l'aéroport de Rabat-Salé    Chronopost International Maroc confie sa direction à Abdellatif Benzarhouni    La propriété intellectuelle, levier stratégique pour le médicament au Maroc    CAN Maroc 2025 : Analyse prospective du match de la co-émergence africaine    Réformes économiques : le Nigeria passe à l'action    Khalil Thiero : « La CAN, c'est aussi le terrain de jeu des entrepreneurs et créateurs africains»    Côte d'Ivoire. Ouattara dissout le gouvernement    Quart de finale Mali - Sénégal : «Le Sénégal est favori, mais nous n'avons pas peur » (Saintfiet)    Maroc - Cameroun : le duel des Lions pour une place en demi-finale    CAN Maroc 2025 : « La rencontre avec le Cameroun sera un vrai combat » (Regragui)    Sécurité routière : la Mauritanie adopte l'IA    CAN 2025 : plus de 150 infractions recensées dans les stades    « Ideas of Africa » : L'Afrique moderne s'expose à New York    « Confluences » à Rabat : L'artisanat marocain révèle ses échos africains    Sahara : Le Maroc gagne-t-il du terrain en Amérique Latine ? [INTEGRAL]    L'Université du Chili rend hommage à l'ambassadrice du Maroc Kenza El Ghali    Protection des données personnelles: Barid Al-Maghrib adhère au programme DATA-TIKA    Bassin de Sebou : Les barrages remplis à 53,67%    CAN 2025 / Maroc-Cameroun : le coach camerounais joue la carte de l'outsider face aux Lions de l'Atlas    CAN 2025/Maroc-Cameroun : Que valent les Lions Indomptables ?    Quarts de finale /Arbitrage : Un Egyptien pour Maroc-Cameroun, un Marocain pour Egypte-Côte d'Ivoire    Régionalisation avancée : Le gouvernement parie sur 97 mesures pour passer à la vitesse supérieure    Les Etats-Unis vont se retirer de 66 organisations internationales dont plusieurs relevant du système onusien    CAN 2025: Frente a las estafas en línea, la taquilla oficial como valor seguro    Santé : Le gouvernement accélère le déploiement des GST    Emmanuel Macron salue le caractère exceptionnel des relations avec le Maroc    Lyon : Des chants algériens racistes visant les juifs et les Marocains pendant la CAN 2025    Fossiles : Une étude met en avant l'origine marocaine de l'Homo sapiens !    Tanger: Les bâtiments historiques du Consulat général de France abriteront le nouvel Institut français    Un syndicat du PJD pointe l'absence de présentatrices voilées dans les JT des chaînes publiques    Baitas : "Attribution de 1.000 postes spécifiques aux enseignants de la langue amazighe en 2026"    Alerte météo : vague de froid de vendredi à dimanche    Bourse de Casablanca : ouverture en baisse    CAN 2025 : plus de 150 infractions déjà traitées dans les stades    ONU : M. Hilale désigné pour co-faciliter l'examen de la Stratégie mondiale contre le terrorisme    Au Venezuela, les décisions seront "dictées" par Washington, jusqu'à nouvel ordre    Etats-Unis : un agent de l'immigration abat une femme dans son véhicule à Minneapolis    L'armée libanaise annonce avoir achevé le désarmement du Hezbollah près de la frontière avec Israël    Diplomatie religieuse : Un soft power marocain entre influence régionale et défis internationaux    Regragui sees Morocco–Cameroon as a true battle between African giants    AFCON: Nigeria resolves Super Eagles bonus issue ahead of quarter-final    Danniel Poeta, un rappeur colombien star des réseaux sociaux au Maroc    Le temps qu'il fera ce jeudi 8 janvier 2026    CAN 2025 : Le Nigeria au bord de la grève avant son match décisif contre l'Algérie    En présence du ministre Saâdi... ouverture de l'exposition « La Rencontre » au Musée national du bijou à Rabat    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Environnement La mine est dans la ville
Publié dans Le Soir Echos le 25 - 11 - 2010

La valorisation des déchets-ressources pourrait devenir l'un des «métiers mondiaux» du Maroc en lui offrant un positionnement stratégique futur de premier ordre en ce qui concerne le contrôle des matières qui ne seront plus qualifiées de «premières» mais de «basiques».
L 'un des enjeux majeurs du 21e siècle sera de maîtriser le réseau de récupération et de recyclage des matières premières ou de certains composants intégrés dans les produits en fin de vie et destinés au recyclage notamment en ce qui concerne les métaux. La majorité de ces nouveaux gisements se situent dans ce qu'on appelle aujourd'hui des «Mines urbaines». Ainsi un véhicule, un bâtiment, un appareil électrique ou encore un magazine deviennent des ressources de matières premières potentielles et constituent, de ce fait, un enjeu stratégique croissant. Aujourd'hui, il n'est pas rare de voir des constructeurs automobiles afficher des taux de recyclage (potentiels) dépassant allégrement les 90% pour les modèles les plus récents.
Le monde développé s'est doté d'arsenaux réglementaires aussi divers que complexes afin de contraindre les producteurs à prendre une responsabilité croissante dans la collecte et le recyclage de leurs produits. Ces derniers, dans le but de séduire des consommateurs de plus en plus sensibles au respect de l'environnement, rivalisent d'initiatives et d'efforts pour montrer patte blanche tout en s'impliquant à travers divers lobbies pour réduire les impacts financiers issus de ces nouvelles contraintes.
D'autres producteurs ont cependant bien compris que la maîtrise complète du cycle de vie de leurs produits est un élément stratégique majeur pour la pérennisation et le développement de leur activité et se battent pour préserver leurs droits (et non plus devoirs) à récupérer leur produits en fin de vie.
Dans notre pays et d'un point de vue purement socio-économique, les systèmes de collecte et de recyclage de produits, en fin de vie, fonctionnent correctement grâce à un réseau informel quadrillant le territoire mais exposant les petites mains qui le servent, la population et l'environnement à une batterie de dangers parfois mortels en libérant des matières à travers des manipulations physiques, chimiques ou thermiques pour valoriser, souvent sommairement, leurs déchets-ressources. Malgré les nouvelles lois et décrets consacrés aux déchets, un circuit de collecte performant et répondant aux contraintes d'un développement durable, peine à voir le jour.
Une stratégie globale de collecte, de tri et de recyclage de ces déchets-ressources pourraient être définie en impliquant les consommateurs, les professionnels (y compris dans le secteur informel), les régulateurs, la société civile, des experts, des financiers et des communicants pour imaginer et mettre en œuvre un système réalisable, viable, cohérent et performant. Le système démarrerait au niveau de chaque habitation pour se prolonger et se spécialiser dans des centres de tri et de traitement professionnels. Des règles et des normes opérationnelles de manipulation, de stockage et de traitement des déchets-ressources seraient mises en œuvre avec un système de contrôle verrouillé autant par l'incitation que par une dissuasion efficace.
Nos centres de recherches et les entreprises du secteur seraient appelés à mobiliser leur «intelligence» (dans le sens anglo-saxon du terme) pour proposer des technologies et des processus de valorisation des ressources à partir des déchets disponibles sans avoir à réinventer la roue. Les pouvoirs publics aménageraient des pôles d'activités dédiés à ces nouveaux métiers par type de technologies à mettre en œuvre en fonction de critères sociaux, économiques, environnementaux, industriels et logistiques.
L'industrie lourde, qui jusqu'à il y a quelques décennies transformait en matière première des éléments bruts extraits de mère nature, sera à plus de 90% alimentée à partir de produits en fin de vie et devra sécuriser son approvisionnement. Ainsi, certains complexes miniers et industriels abandonnés ou en voie de l'être se verraient transformés, à travers un re-engineering technologique et financier astucieux, en complexes dédiés à l'industrie verte capable de valoriser de manière optimale les matières contenues dans les déchets-ressources.
Une compétition mondiale s'ouvre pour le contrôle stratégique des déchets-ressources et le Maroc peut (encore) se positionner dans ce domaine d'une part en maîtrisant la collecte et le traitement préliminaire des quantités (relativement faibles) de déchets-ressources générées sur son territoire et d'autre part en offrant une seconde vie à des friches industrielles revitalisées sous la forme de complexes ultramodernes avec l'aide des leaders mondiaux concernés et dissuadés, par ailleurs, dans leurs projets par une réglementation, une opinion publique et des activistes hostiles.
D'aucuns, dans notre pays, ne seraient pas enthousiastes à l'idée d'accueillir les déchets d'autres pays de la région et notamment des plus riches d'entre eux. Pourtant la valorisation des déchets-ressources pourrait devenir l'un des «métiers mondiaux» du Maroc en lui offrant un positionnement stratégique futur de premier ordre en ce qui concerne le contrôle des matières qui ne seront plus qualifiées de «premières» mais de «basiques». Il faudra cependant veiller à mettre en place des garde-fous très fiables pour ne pas transformer une opportunité de développement en catastrophe écologique majeure car comme disait si bien Victor Hugo : «Le prodige et le monstre ont les mêmes racines».


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.