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La notte de Michelangelo Antonioni
Publié dans Le Soir Echos le 20 - 01 - 2012


En plus d'être l'une des œuvres cinématographiques les plus importantes des années 60, La notte fut un tournant majeur dans la carrière de son auteur, Michelangelo Antonioni, tant sur le plan stylistique qu'au niveau de son sujet. Non seulement le film donne à voir une étude de la petite bourgeoisie italienne de l'époque, mais il est aussi, en y regardant de plus près, une réflexion brillante et profonde sur la désolation de l'homme moderne. Réunissant deux acteurs de grande classe, alors à l'apogée de leurs filmographies respectives, l'Italien Marcello Mastroianni et la Française Jeanne Moreau, La notte est le deuxième volet d'une trilogie consacrée à la crise du couple. Il survient donc juste après L'aventura et juste avant L'éclipse. Lydia et Giovanni sont mariés, mais leur amour est à l'agonie. Après une nuit mouvementée, où chacun va aller de rencontres en séductions, ils se retrouveront pour une dernière étreinte…La notte s'attache à radiographier le couple dans la société contemporaine et fait le constat de sa décomposition. Succombant à l'aliénation d'un mode de vie exempt de toute élévation de l'âme, où l'argent fait figure de valeur centrale, La notte dépeint un monde cynique et dur dont les maîtres sont les grands industriels. Milan apparaît comme une ville capitaliste, alors en plein essor économique, vorace et épuisante pour l'homme qui, fatigué et blasé, évolue en marge d'une vie dont toute spiritualité est effacée. Pour décrire cette attaque, le cinéaste use de plans larges où les bâtiments occupent tout l'écran et bouffent les personnages qui se retrouvent confinés dans un espace insignifiant. Privé d'aventures, désespérément à la recherche d'ardeur dans une société étouffée par la superficialité du capitalisme, l'homme se laisse séduire par des amours éphémères. Le personnage de l'intellectuel, interprété par Mastroianni, se laissera ainsi attirer par la nymphomane de l'hôpital avant de céder à l'attrait de la magnifique Valentina (Monica Vitti), fille d'un grand industriel, futur employeur de Giovanni. Ses infidélités auront raison de l'amour que lui porte sa femme. Mais, privé de cet amour, il se rendra bientôt compte qu'il n'a plus rien, qu'il a tout perdu et, déboussolé, il cherchera à s'y rattacher absolument. La notte est l'histoire de la fin de cet amour, sublimé par la mise en scène d'Antonioni et par le noir et blanc impeccable de l'image qui est ici d'une puissance et d'une élégance rares. Ponctuellement, dès les débuts du film, le cinéaste met en place les signes avant-coureurs de cette fin d'un couple. Dès la première séquence, dans laquelle Lydia et Giovanni se rendent à l'hôpital au chevet d'un ami proche qui se meurt, l'intuition de ce qui ne sera validé qu'à la toute fin frappe le spectateur : l'agonie de cet ami semble bien prévenir et énoncer l'agonie de ce duo. Sa mort sonnera d'ailleurs la prise de conscience chez la femme que son amour est définitivement chose passée… Déployant une mise en scène d'une foisonnante richesse, Antonioni ne laisse rien au hasard. Chaque plan se charge de sens, chaque silence renferme un puits d'émotions, si bien qu'il est impossible en un ou deux visionnages de saisir toute la profusion du travail réalisé par le cinéaste, alors au sommet de son génie créatif.

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