Un Monde Fou    Développement durable: «L'Etat doit donner l'exemple»    Marrakech: Les bénévoles Jood dans la rue avec les sans-abri    Théâtre: Quand le couple se remet en question    Migration : L'Espagne demande à l'UE de débloquer les 140 millions d'euros promis au Maroc    Terminal 1 : 7 millions de passagers de plus pour l'aéroport Mohammed V    Le Roi félicite Nordine Oubaali pour avoir remporter le championnat du monde WBC    La Chambre des représentants annule les dettes des collectivités locales contractées avant 2000    Insolite : Pires que des cochons    Le Forum de Davos s'ouvre sous le signe du risque politique et économique    Theresa May compte retourner discuter du Brexit à Bruxelles    Le Royaume met en avant ses nombreux atouts touristiques à Madrid    Kalou : La réattribution de la CAN 2023 à la Côte d'Ivoire n'est pas une si mauvaise nouvelle    Liverpool : Klopp cherche des solutions en défense    Raja-ASFAR, un classique sous le signe de l'équilibre    Benslimane enregistre un total de 93 mille ha emblavés en céréales d'automne    L'ONMT présente son plan d'action digital pour 2019    Facebook annonce investir 300 millions de dollars dans le journalisme    Divers    WhatsApp limite le partage de messages pour lutter contre « l'infox »    Le dirham se déprécie par rapport à l'euro et vis-à-vis du dollar    Les péripéties d'une histoire sans issue    A Cuba, les tubes de Michael Jackson version salsa    "L'Afrique du rire" fait escale à Rabat et Casablanca    Oscars 2019 : les nominations dévoilées    L'International Crisis Group s'intéresse à l'Afrique    RC Lens : Achraf Bencharki, l'homme du match face à Nancy (sondage)    Times Higher Education 2019 : 3 universités marocaines dans le TOP 1000    C.Ronaldo condamné à une peine de prison ferme    Art et musique inaugurent 2019 à l'Institut Cervantès de Casablanca    Le 2ème Festival «Afrique du Rire» fait escale à Rabat et Casablanca    «Le stade de football, nouvelle arène politique…»    Nespresso inaugure son premier concept de boutique en Afrique    L'accord avec le fisc divise les commerçants    Peine de mort : La mobilisation continue    L'Europe ambitionne une mission lunaire avant 2025    Le Conseil de gouvernement discutera de la modalité d'application du service militaire    Le chaud et le froid pour le foot national    Le «Mono-dame» théâtral sur les planches de la ville ocre    Oxfam: Entre riches et pauvres, les inégalités s'emballent    Décès du prétendant au trône de France Henri d'Orléans    Macron et Merkel tentent de braver l'euroscepticisme ambiant    ONU: De nombreux risques pèsent sur l'économie mondiale    El Khalfi: 1.20 MMDH pour lutter contre les disparités territoriales    Rencontres africaines d'intelligence économique à Dakhla en juin prochain    Les dirigeants historiques de l'USFP et les causes nationales    Les défis du féminisme africain    L'ouverture de l'école sur son environnement en débat à Khouribga    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Après une mobilisation des "Gilets jaunes" en léger recul, l'attente d'annonces de Macron
Publié dans Libération le 10 - 12 - 2018

Quelque 125.000 manifestants encore ce samedi, et des violences, mais en proportion moindre qu'il y a une semaine: après une quatrième journée de mobilisation en léger recul des "gilets jaunes", Emmanuel Macron va annoncer de nouvelles mesures en réponse à cette crise mettant son quinquennat à l'épreuve.
Selon le Premier ministre, "le temps du dialogue est là" et "il faut désormais retisser l'unité nationale", mise à mal par cette fronde populaire inédite, née sur les réseaux sociaux.
Le président "s'exprimera" - peut-être lundi - et "il lui appartiendra de proposer les mesures" pour permettre "à l'ensemble de la Nation française de se retrouver et d'être à la hauteur des enjeux", a indiqué Edouard Philippe au terme d'une visite à Beauvau en fin de journée.
Des tirs de gaz lacrymogènes aux abords des Champs-Elysées, des vitrines brisées sous les lumières de Noël et des voitures brûlées à Paris mais aussi des heurts et dégradations à Bordeaux, Toulouse, Marseille et encore Nantes, et toujours des blocages sur les routes: les images de samedi ont une nouvelle fois marqué les esprits.
Mais elles sont sans commune mesure avec les scènes de guérilla urbaine, à l'Arc de Triomphe et dans plusieurs quartiers huppés de la capitale, qui avaient été observées une semaine auparavant et avaient stupéfié dans le monde entier.
La maire de Paris Anne Hidalgo (PS) a cependant déploré lors de cet acte IV samedi "des scènes de chaos" et des "dégâts incommensurables" pour l'économie et l'image de la ville. "De nombreux Français, notamment commerçants, ont connu un nouveau samedi noir", selon Laurent Wauquiez (LR).
Il y a eu sur l'ensemble du territoire 11.000 manifestants de moins que le 1er décembre. Un dispositif "exceptionnel" avait été prévu, avec 89.000 membres des forces de l'ordre déployés sur l'ensemble du territoire, dont 8.000 à Paris appuyés par 14 véhicules blindés à roue, déployés pour la première fois de leur histoire dans la capitale. Tour Eiffel, Louvre et de nombreux commerces étaient restés fermés.
Les contrôles avaient été multipliés en amont des rassemblements, et 1.082 personnes ont été interpellées au total samedi, qui ont débouché sur 1.220 gardes à vue, selon un bilan donné dimanche matin par le ministère de l'Intérieur.
Selon un bilan national provisoire de la direction générale de la santé, "179 personnes blessées ont été prises en charge sur tout le territoire par les équipes médicales des hôpitaux".
"A toutes les forces de l'ordre mobilisées aujourd'hui, merci pour le courage et l'exceptionnel professionnalisme dont vous avez fait preuve", a tweeté en fin de soirée Emmanuel Macron.
Dans la soirée, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner s'est félicité qu'"un point d'arrêt (ait) été mis à l'escalade de la violence" et que la "dynamique des casseurs" ait été "brisée".
Un millier de "gilets jaunes" ont aussi défilé à Bruxelles, où 400 personnes ont été arrêtées et un policier blessé.
Depuis la Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a dénoncé la "violence" des autorités françaises. "Triste jour", pour le président américain Donald Trump, qui a estimé que le mouvement des "gilets jaunes" était la preuve que l'Accord de Paris sur le climat "ne marche pas".
En parallèle et très majoritairement dans le calme, des milliers de personnes ont participé à des marches pour le climat dans plusieurs villes, dont une partie portant des gilets jaunes, avec des slogans appelant à lutter dans un même élan contre "l'urgence climatique" et l'urgence sociale.
Cible récurrente des manifestants, à coup de "Macron démission", le chef de l'Etat, qui n'a pas pris la parole publiquement depuis samedi de la semaine dernière, est resté dans le palais présidentiel, entouré d'un imposant dispositif de protection. Il a laissé jusqu'alors Edouard Philippe monter au front, devant le Parlement et les médias.
Les concessions de l'Exécutif, notamment l'annulation de l'augmentation de la taxe sur les carburants, semblent avoir eu pour principal effet d'avoir fragilisé le Premier ministre qui défendait une simple suspension de la hausse, avant d'être brutalement désavoué par l'Elysée. Faut-il annoncer un tournant social ou "garder le cap" des réformes comme jusqu'alors?
Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a de nouveau évoqué samedi "la dissolution" de l'Assemblée nationale, qui selon lui "s'approche comme une issue paisible, raisonnable et tranquille" à la crise. "Les trois quarts des revendications des gilets jaunes sont dans notre programme", a-t-il aussi assuré, alors que le mouvement est rétif à toute classification sur l'échiquier politique.
Députés LFI, communistes et socialistes doivent déposer lundi une motion de censure contre le gouvernement, qui devrait être débattue mercredi ou jeudi mais n'a aucune chance d'être adoptée.
Depuis la Belgique, la présidente du RN Marine Le Pen, qui souhaite aussi une dissolution, a demandé à Emmanuel Macron des "réponses fortes" à la "souffrance" des "gilets jaunes".
Trois mois et demi de concertation doivent démarrer samedi prochain dans toute la France, avec syndicats, élus locaux et "gilets jaunes". Le gouvernement s'y est engagé afin de dégager des "mesures d'accompagnement justes et efficaces".


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.