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Madrid menace d'assumer le maintien de l'ordre en Catalogne
Publié dans Libération le 12 - 12 - 2018

Le gouvernement espagnol a averti les autorités séparatistes de Catalogne qu'il reprendrait en main le maintien de l'ordre dans la région si elles n'étaient pas capables de l'assurer, après que des militants indépendantistes ont bloqué une autoroute.
La mise en garde s'étale à la une de la presse espagnole mardi. Dans une lettre datée de lundi, le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska prévient son homologue catalan que si la police régionale qu'il dirige n'exerce pas "les fonctions (...) qui lui incombent", ce sont les forces de sécurité de l'Etat qui interviendront.
La lettre fait référence à une coupure de l'autoroute AP-7, qui relie la France à la côte méditerranéenne espagnole, pendant 15 heures samedi par des militants radicaux des Comités de défense de la République (CDR).
Sur le modèle des "gilets jaunes" qui manifestent depuis le 17 novembre en France, les CDR ont ensuite levé les barrières de péage de l'autoroute, sans que la police catalane, les Mossos d'Esquadra, intervienne.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères Josep Borrell, en visite à Bruxelles, avait jugé lundi qu'il n'était "pas normal, dans un pays moderne et civilisé, que les autoroutes soient coupées pendant 15 heures parce que quelques centaines de personnes veulent manifester leur mécontentement".
La Catalogne est avec le Pays basque et la Navarre l'une des trois régions autonomes d'Espagne qui disposent de leur propre police. Dans les autres, le maintien de l'ordre est assuré par la police nationale et la Garde civile.
Par ailleurs, fragilisé par les divisions et les manifestations de mécontentement en Catalogne, le président régional est monté d'un cran dans la rhétorique séparatiste provocatrice, s'attirant lundi une nouvelle vague de critiques.
Lors de la présentation samedi à Bruxelles du "conseil de la République", sorte de gouvernement catalan parallèle en exil, Quim Torra a exhorté les Catalans à suivre l'exemple de la Slovénie qui avait déclenché un conflit meurtrier en proclamant unilatéralement son indépendance de la Yougoslavie en 1991.
"Les Catalans n'ont plus peur (...) Il n'y a pas de marche arrière sur le chemin vers la liberté. Les Slovènes ont décidé d'aller de l'avant avec toutes les conséquences (que cela supposait). Faisons comme eux et soyons prêts à tout pour vivre libres", a-t-il dit.
Une radicalisation de son discours qui intervient alors que l'exécutif catalan a été fragilisé récemment par une vague de grèves et de manifestations de fonctionnaires contre sa politique sociale. M. Torra a encore jeté de l'huile sur le feu en critiquant l'action de la police catalane, pourtant sous ses ordres, contre des séparatistes radicaux violents.
Dans un autre signe du caractère incantatoire de sa présidence, Quim Torra a décidé de s'associer durant 48 heures à une grève de la faim de quatre dirigeants séparatistes emprisonnés pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017 et dont le procès doit s'ouvrir début 2019.
"Torra a des problèmes internes avec la vague de protestations contre les coupes budgétaires" et "le fait qu'il soit sous pression peut expliquer pourquoi son discours est aussi agressif", estime Antonio Barroso du cabinet Teneo Intelligence.
Ses déclarations sur la Slovénie ont suscité des critiques de toutes parts.
"C'est lamentable, c'est insensé", a déclaré lundi la porte-parole du gouvernement espagnol Isabel Celaa en faisant référence aux 62 morts lors du conflit armé de dix jours ayant suivi la sécession de ce pays.
"C'est un langage qui semble appeler à l'insurrection", a dit pour sa part le ministre espagnol des Affaires étrangères Josep Borrell.
"Illuminé", "danger public": d'autres condamnations sont venues de la gauche comme de la droite espagnoles tandis que le parti d'extrême droite Vox a indiqué qu'il allait déposer une plainte pour "incitation à la rébellion".
Signe des divisions du camp indépendantiste, des voix dissonantes se sont fait entendre chez les plus modérés.
"Torra se situe (...) dans une zone où la frivolité et l'escalade rhétorique transforment tout en carton-pâte", a lancé l'analyste proche des séparatistes Francesc Marc Álvaro dans le quotidien La Vanguardia.
Pour le politologue Fernando Vallespín, adopter ce discours est aussi pour Torra "une manière de ramener (le conflit catalan) sous le feu des projecteurs européens" plus tournés désormais vers le Brexit ou les "gilets jaunes" en France.
Ce ton complique toutefois le dialogue voulu par le gouvernement de Pedro Sanchez qui veut tenir le 21 décembre le conseil des ministres à Barcelone. Un geste d'apaisement que les séparatistes radicaux ont déjà promis de paralyser par de nouvelles manifestations.
Si la "position de la Catalogne est de radicaliser le discours (...), la position la plus intelligente de Sanchez", en minorité au Parlement, "est de convoquer des élections au plus vite car sinon il va favoriser la droite", juge Fernando Vallespin.


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