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Un carnage évité de justesse pour 51 collégiens pris en otage dans un bus à Milan
Publié dans Libération le 22 - 03 - 2019

La police italienne a sauvé mercredi de justesse 51 collégiens pris en otage et menacés dans un bus près de Milan par leur chauffeur, un Italien d'origine sénégalaise, qui a invoqué le sort des migrants africains morts en mer Méditerranée avant d'incendier le véhicule.
"C'est un miracle, cela aurait pu être un carnage. Les carabiniers ont été exceptionnels pour bloquer le bus et faire sortir tous les enfants", a déclaré à la presse le procureur de Milan (nord), Francesco Greco.
Le chauffeur a été interpellé sous les chefs de "prise d'otage, massacre et incendie" avec la circonstance aggravante de "terrorisme".
Selon son avocat, l'homme a expliqué durant son interrogatoire qu'il "voulait faire un geste éclatant pour attirer l'attention sur les conséquences des politiques migratoires".
"J'ai perdu trois enfants en mer", a affirmé le chauffeur lors de la prise d'otage, selon le témoignage d'un adolescent diffusé sur les sites Internet des médias italiens.
Ousseynou Sy, âgé de 47 ans, Italien depuis 2004, chauffeur scolaire sans histoire, "a agi comme un loup solitaire" sans liens avec l'islamisme radical, a toutefois estimé au cours d'une conférence de presse le chef de la cellule anti-terrorisme de Milan, Alberto Nobili.
Ses actes étaient "prémédités" depuis plusieurs jours, "il voulait que le monde entier puisse parler de son histoire", a-t-il expliqué. L'homme a posté sur YouTube une vidéo pour expliquer son action et "dire Afrique soulève-toi", à l'intention de proches à Crema (près de Milan) mais aussi au Sénégal.
Divorcé de son épouse italienne, il a deux enfants adolescents.
Les 51 élèves d'un collège de Crema voyageaient dans le cadre d'une sortie sportive avec trois accompagnateurs, quand le chauffeur a subitement changé de chemin prenant la direction de l'aéroport de Linate. La prise d'otage a duré une quarantaine de minutes.
"Personne ne sortira d'ici vivant", a-t-il lancé, selon les témoignages de plusieurs enfants.
Armé de bidons d'essence et d'un briquet, il leur a pris leur téléphone portable et a demandé aux accompagnateurs de les ligoter avec du fil électrique.
"Il nous menaçait, disait que si nous bougions il verserait l'essence et allumerait le feu. Il n'arrêtait pas de dire qu'il y avait tant de personnes en Afrique qui continuaient à mourir et que c'était la faute de (Luigi) Di Maio et (Matteo) Salvini" (les deux vice-Premiers ministres italiens et hommes forts du pays), a raconté une jeune fille.
Elle précise que le chauffeur "se retournait et versait de l'essence par terre" et qu'il a aussi brandi "un pistolet et un couteau". "Puis les carabiniers sont arrivés et nous ont sauvés".
Selon le procureur Francesco Greco, le chauffeur a en outre percuté une voiture où se trouvait un père de famille et son enfant, qui se sont enfuis avant que leur véhicule ne prenne feu. Le bus et la voiture ont été entièrement calcinés.
Le héros du jour est aussi un adolescent de 13 ans qui a pu récupérer le téléphone tombé à terre d'un camarade et donner l'alerte à 11h50 (10h50 GMT). "Je me suis un peu fait mal aux mains pour le récupérer et j'ai pu prévenir les carabiniers et la police. Nous étions tous effrayés", a-t-il raconté, très calmement, devant une caméra.
"Les enfants frappaient sur les vitres, appelaient à l'aide", a décrit Roberto Manucci, l'un des six carabiniers qui sont intervenus.
Le chauffeur a forcé un premier barrage de deux véhicules de police, avant d'être bloqué contre un parapet par trois autres voitures. Faisant face à deux carabiniers, l'homme a ensuite mis le feu au bus, tandis que d'autres carabiniers brisaient des vitres à l'arrière du bus pour faire descendre les enfants, hurlant et pleurant.
Une douzaine d'enfants et deux des adultes ont été conduits à l'hôpital après avoir été légèrement intoxiqués par la fumée.
Le ministère de l'Intérieur a évoqué dans un communiqué des antécédents de conduite en état d'ivresse et d'agression sexuelle sur mineur.
"Le ministère est à l'oeuvre pour vérifier la possibilité de retirer la citoyenneté italienne au Sénégalais", ont ajouté des sources ministérielles, en brandissant le décret-loi du ministre de l'Intérieur Matteo Salvini sur la sécurité et l'immigration adopté à l'automne.
Dans la matinée devant les sénateurs, M. Salvini avait assuré que sa politique de fermeté, qui a quasiment stoppé les arrivées de migrants déjà en très forte baisse avant son arrivée au pouvoir, avait sauvé "des milliers de vies": "Moins de départs, moins d'arrivées, moins de morts", avait-il martelé.
Pour l'année 2019, le ministre d'extrême droite a ainsi évoqué un bilan de "un mort récupéré en mer", même si l'Organisation internationale pour les migrations (IOM) fait état de 152 morts et disparus en Méditerranée centrale.


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