Un policier contraint de dégainer son arme pour arrêter deux individus à Fès    650 kg de chira saisies à Agadir    Casablanca: Annonce des projets primés au Festival international du film de l'étudiant    Secteur industriel : L'indice des prix à la production en hausse    El Othmani loue l'action de l'AMMC    L'Organisation de Coopération Islamique fait le bilan de 20 ans d'activités    Forum Maroc-France : La déclaration finale proclame un partenariat pour l'Afrique    Forum parlementaire: Le Maroc et la France, partenaires pour la sécurité et le développement en Afrique    Rabat: Huit accords de partenariat pour l'accompagnement des personnes en situation de handicap    Attijariwafa bank renforce son engagement en faveur des MRE du Canada    Météo: Le temps qu'il fera ce samedi    Botola Pro D1 : Le classico Wydad-AS FAR vole la vedette    Complexe Mohammed VI: Le modus operandi    Oriental: Le CRI en mode proximité    Arganier: Le bio pour monter en gamme    Cafés hors la loi: La démolition commence!    Rabat: L'Intérieur se charge du budget 2020    Un nouveau souffle pour la Fondation «Esprit de Fès»    Des entreprises portugaises en mission d'affaires multisectorielle au Maroc    Avec la victoire de Boris Johnson, tout reste à jouer pour l'économie britannique    Un ex-Premier ministre turc égratigne Erdogan en lançant son parti    L'intelligence artificielle, entre opportunité et menace pour la santé    Ligue des champions : Ciel dégagé pour le PSG avant l'heure de vérité    Ligue Europa: Arsenal et la Roma au rendez-vous des seizièmes    La musique gnaoua, entre rituel africain et culte des saints vénérés au Maroc    André Azoulay: Il s'agit d'une consécration de l'engagement pionnier d'Essaouira    Les Algériens ne veulent pas Tebboune    Le vivarium du jardin zoologique de Rabat désormais ouvert au public    Football: Qui sont les joueurs africains les mieux payés?    Présidentielles algériennes : Abdelmadjid Tebboune vainqueur selon les résultats préliminaires    La BAD approuve près de 245 millions d'euros pour développer les réseaux de transport d'électricité et d'électrification rurale    Présidence de la CGEM: Le binôme Alj-Tazi confiant    Karim El Aynaoui : « Atlantic Dialogues », une invitation à formuler des réponses urgentes aux grands défis communs »    Gestion des catastrophes naturelles : La Banque mondiale accorde un prêt de 275 millions de dollars au Maroc    Nouvelle défaite cruelle de l'OCK    Eliminatoires Mondial-2022 : La date du tirage au sort fixée    Les prémices d'un nouvel espoir    Habib Sidinou, un président sobre et altruiste    Espagne: Les 3 footballeurs accusés de viol écopent de 38 ans de prison chacuns    L'opposition et la Constitution «adoptent» le PLF    Neutralité carbone en 2050: l'UE s'engage, mais sans la Pologne    Ce que la Turquie pense du Polisario    La Gambie annonce l'ouverture prochaine d'un consulat général à Dakhla    Officiel ! RAM intègre le 31 mars 2020 Oneworld    Académie française: Abdeljalil Lahjomri reçoit le Grand Prix de la francophonie    G-B : La Livre sterling s'envole après la victoire des Tories    L'art Gnaoua inscrit au patrimoine immatériel universel    One Piece Stampede, le premier film de la Toei Animation à être diffusé au Maroc    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Villes sans bidonvilles ou bidonvilles sans villes ?
Publié dans Libération le 18 - 05 - 2019

Où en est le programme «Villes sans bidonvilles» ? « La réalisation de ce projet n'est pas pour demain puisque nombreux sont les chantiers qui demeurent en suspens comme en attestent les statistiques. A titre d'exemple, une ville stratégique comme Casablanca compte aujourd'hui plus de 36.000 baraques », a indiqué dernièrement Abdelahad Fassi-Fihri, ministre de l'Aménagement du territoire national, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la ville devant la Chambre des conseillers. En d'autres termes, les 15 années d'efforts déployés et les 32 milliards de DH dépensés auront été vains alors que ce projet s'est fixé six ans (2004-2010) pour venir à bout de ce fléau, avant de revoir ses échéances pour leur adjoindre deux ans supplémentaires.
En effet, le programme a été lancé en 2004 pour donner une impulsion nouvelle à la lutte contre l'habitat insalubre. Il vise essentiellement les familles qui occupent des habitats précaires et dépourvus de conditions d'hygiène et de salubrité.
Selon les statistiques du département de Abdelahad Fassi-Fihri, à ce jour, ce programme a permis l'amélioration des conditions de vie de près de 277.583 bidonvillois de 59 villes sur les 85 qui devaient être déclarées "Villes sans bidonvilles", soit près de 66% des familles concernées (388.400). Rappelons que le nombre initial des ménages recensés en 2004 n'a été que de 270.000 soit une hausse de 56% (environ 10.600 ménages supplémentaires par an). Des chiffres qui se révèlent approximatifs puisque le HCP a indiqué que le logement de type «bidonville ou habitat sommaire» représente 5,6% des ménages au Maroc, soit plus de 420.00 familles.
Le cas de Casablanca demeure édifiant à ce propos. En effet, malgré les efforts déployés pour lutter contre l'habitat insalubre, le phénomène des bidonvilles y perdure. Ainsi d'après certaines données officielles, le nombre de familles qui vivent dans des bidonvilles a augmenté de 12,1 %, passant de 98.000 à 111.500. Néanmoins, le programme de résorption des bidonvilles a enregistré certaines réalisations notables. Ainsi l'opération de relogement des habitants des bidonvilles de Bachkou (2.000 ménages) et de Douar Skouila (6.000 ménages) a été totalement achevée, celle des Carrières centrales (6.900 ménages) a été achévée à plus de 87% tandis que le recasement des bidonvillois de Rhamna (8.500 ménages) a été achevé à hauteur de 44,7%.
Comme son prédécesseur, l'actuel ministre de tutelle impute cette situation au problème du foncier et aux difficultés de mobilisation du foncier public notamment dans les grandes villes comme Rabat et Casablanca. Ce qui rend très difficile toute opération de relogement des familles concernées, lesquelles refusent souvent le produit proposé à cause de son éloignement de leurs lieux de vie et de travail. Une évaluation du ministère a révélé l'insuffisance de l'offre foncière mobilisable face à l'ampleur des besoins en milieu urbain. Il a également incriminé l'exode rural et la croissance démographique qui entraînent des changements radicaux au niveau de l'organisation sociale et spatiale des agglomérations urbaines tout en précisant que l'habitat insalubre affecte négativement le paysage urbain dans la plupart des villes.
Pourtant, et contrairement à son prédécesseur, il ne pointe pas du doigt le problème du recensement des bénéficiaires potentiels. En effet, l'ancien ministre de l'Habitat n'avait pas cessé durant son mandat de se défausser sur les autorités locales qu'il a estimé être incapables d'effectuer des recensements incontestables vu que le nombre des familles concernées ne cesse d'augmenter après chacune de leurs opérations.
Abdelahad Fassi-Fihri estime que l'Etat est appelé à revoir son approche de manière progressive et approfondie. Mieux, les responsables du département de l'Aménagement du territoire national, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la ville estiment que ce dossier ne doit pas être du seul ressort de leur ministère et que l'ensemble des secteurs concernés doivent intervenir pour éviter l'échec de ce programme. Ce qui laisse la porte grande ouverte à la question de la responsabilité de chacun dans la gestion de ce dossier (ministère, secteur privé, autorités locales, élus…) où personne ne sait qui doit faire quoi ? Affaire à suivre.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.