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Villes sans bidonvilles ou bidonvilles sans villes ?
Publié dans Libération le 18 - 05 - 2019

Où en est le programme «Villes sans bidonvilles» ? « La réalisation de ce projet n'est pas pour demain puisque nombreux sont les chantiers qui demeurent en suspens comme en attestent les statistiques. A titre d'exemple, une ville stratégique comme Casablanca compte aujourd'hui plus de 36.000 baraques », a indiqué dernièrement Abdelahad Fassi-Fihri, ministre de l'Aménagement du territoire national, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la ville devant la Chambre des conseillers. En d'autres termes, les 15 années d'efforts déployés et les 32 milliards de DH dépensés auront été vains alors que ce projet s'est fixé six ans (2004-2010) pour venir à bout de ce fléau, avant de revoir ses échéances pour leur adjoindre deux ans supplémentaires.
En effet, le programme a été lancé en 2004 pour donner une impulsion nouvelle à la lutte contre l'habitat insalubre. Il vise essentiellement les familles qui occupent des habitats précaires et dépourvus de conditions d'hygiène et de salubrité.
Selon les statistiques du département de Abdelahad Fassi-Fihri, à ce jour, ce programme a permis l'amélioration des conditions de vie de près de 277.583 bidonvillois de 59 villes sur les 85 qui devaient être déclarées "Villes sans bidonvilles", soit près de 66% des familles concernées (388.400). Rappelons que le nombre initial des ménages recensés en 2004 n'a été que de 270.000 soit une hausse de 56% (environ 10.600 ménages supplémentaires par an). Des chiffres qui se révèlent approximatifs puisque le HCP a indiqué que le logement de type «bidonville ou habitat sommaire» représente 5,6% des ménages au Maroc, soit plus de 420.00 familles.
Le cas de Casablanca demeure édifiant à ce propos. En effet, malgré les efforts déployés pour lutter contre l'habitat insalubre, le phénomène des bidonvilles y perdure. Ainsi d'après certaines données officielles, le nombre de familles qui vivent dans des bidonvilles a augmenté de 12,1 %, passant de 98.000 à 111.500. Néanmoins, le programme de résorption des bidonvilles a enregistré certaines réalisations notables. Ainsi l'opération de relogement des habitants des bidonvilles de Bachkou (2.000 ménages) et de Douar Skouila (6.000 ménages) a été totalement achevée, celle des Carrières centrales (6.900 ménages) a été achévée à plus de 87% tandis que le recasement des bidonvillois de Rhamna (8.500 ménages) a été achevé à hauteur de 44,7%.
Comme son prédécesseur, l'actuel ministre de tutelle impute cette situation au problème du foncier et aux difficultés de mobilisation du foncier public notamment dans les grandes villes comme Rabat et Casablanca. Ce qui rend très difficile toute opération de relogement des familles concernées, lesquelles refusent souvent le produit proposé à cause de son éloignement de leurs lieux de vie et de travail. Une évaluation du ministère a révélé l'insuffisance de l'offre foncière mobilisable face à l'ampleur des besoins en milieu urbain. Il a également incriminé l'exode rural et la croissance démographique qui entraînent des changements radicaux au niveau de l'organisation sociale et spatiale des agglomérations urbaines tout en précisant que l'habitat insalubre affecte négativement le paysage urbain dans la plupart des villes.
Pourtant, et contrairement à son prédécesseur, il ne pointe pas du doigt le problème du recensement des bénéficiaires potentiels. En effet, l'ancien ministre de l'Habitat n'avait pas cessé durant son mandat de se défausser sur les autorités locales qu'il a estimé être incapables d'effectuer des recensements incontestables vu que le nombre des familles concernées ne cesse d'augmenter après chacune de leurs opérations.
Abdelahad Fassi-Fihri estime que l'Etat est appelé à revoir son approche de manière progressive et approfondie. Mieux, les responsables du département de l'Aménagement du territoire national, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la ville estiment que ce dossier ne doit pas être du seul ressort de leur ministère et que l'ensemble des secteurs concernés doivent intervenir pour éviter l'échec de ce programme. Ce qui laisse la porte grande ouverte à la question de la responsabilité de chacun dans la gestion de ce dossier (ministère, secteur privé, autorités locales, élus…) où personne ne sait qui doit faire quoi ? Affaire à suivre.


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