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Les vraies fausses raisons d'une démission
Publié dans Libération le 24 - 05 - 2019

Il ne lui a fallu que 21 mois pour se décider à jeter l'éponge. L'Envoyé personnel d'Antonio Guterres pour le Sahara, Horst Kohler, vient, en effet, de démissionner de ses fonctions « pour raison de santé ».
Le communiqué des Nations unies qui a rapporté la nouvelle mercredi a ajouté que "le Secrétaire général regrette profondément cette démission mais dit la comprendre parfaitement et transmet ses meilleurs voeux à l'émissaire", sans toutefois donner une quelconque indication sur les problèmes de santé de l'ancien président allemand.
Réagissant avec célérité à cette démission, le Maroc a officiellement indiqué en avoir pris note « avec regret » et rend hommage à Horst Köhler, pour les efforts qu'il a déployés depuis sa nomination en août 2017, saluant la constance, la disponibilité et le professionnalisme avec lesquels il s'est acquitté de ses fonctions, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale relayé par l'agence MAP.
Idem pour le Polisario qui s'est dit « profondément attristé » par cette démission, mais silence radio du côté de ses commanditaires algériens dont l'ensemble des médias sont tous scotchés à la situation interne du pays. Du moins jusqu'au milieu de matinée hier, les journaux de notre voisin de l'Est qui ont passé temporairement à la trappe tout soutien verbal aux séparatistes et fait l'omerta sur le bouclage des camps de Tindouf par l'armée et sur la restriction des mouvements de populations en leur sein, n'avaient d'yeux que pour les manifestations populaires qui ont déchiré le voile sous lequel le système prévaricateur et liberticide s'est drapé pour conduire ce pays vers le gouffre ainsi que pour les tentatives des hauts gradés de demeurer aux commandes coûte que coûte, fût-ce au prix du sang.
Pour sa part, le Maroc dont les positions de principe sont connues et appréciées a réitéré son soutien aux efforts du Secrétaire général des Nations unies en vue du règlement du différend régional autour du Sahara et demeure engagé pour parvenir à une solution politique réaliste, pragmatique et durable, basée sur le compromis, dans le cadre de l'Initiative d'autonomie, a souligné un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.
Contacté à ce propos par nos soins, Moussaoui Ajlaoui, expert associé AMES-center nous a déclaré que « cette démission a pris de court tout le monde ». Et d'expliquer : «Jusqu'à la dernière décision du Conseil de sécurité fin avril, les préparatifs se poursuivaient sous la direction Horst Kohler pour tenir le troisième round des pourparlers de Genève sur la question du Sahara qui était prévu en juin prochain ».
Moussaoui Ajlaoui a avancé deux hypothèses pour expliquer cet état de fait : soit que Horst Kohler s'est senti vraiment fatigué, surtout qu'il est obligé de se présenter devant le Conseil de sécurité tous les semestres pour le briefer sur les résultats de ses démarches visant à résoudre ce conflit régional. « Il se peut que l'ancien président allemand soit vraiment malade et qu'il n'a pas pu tenir ce rythme accéléré », a ajouté notre interlocuteur. Lequel a avancé une deuxième hypothèse selon laquelle « il se peut que Horst Kohler se soit rendu compte qu'il est dans l'incapacité de trouver une solution à cette question et qu'il ait choisi de démissionner de manière diplomatique ».
Ce qui corrobore davantage cette hypothèse tient au fait qu'à la veille de sa démission, Horst Köhler avait cosigné avec l'ancien ministre fédéral des Finances de Merkel et membre du SPD, Peer Steinbrück, un article paru sur le quotidien le plus lu d'Allemagne, Bild, au titre choc : « L'Europe est en grand danger ». Un article qui exhortait les Allemands à se présenter massivement aux urnes pour les élections européennes.
Le 7 mai dernier, Horst Köhler, nourri par la même inquiétude, avait dans le même ordre d'idées, présidé une conférence de presse aux côtés des sénateurs de la Fondation nationale allemande, une fondation destinée à promouvoir l'identité nationale allemande dans le cadre de l'Union européenne, pour appeler les Allemands aux élections. Une première !
En outre, le 7 avril dernier, alors que les tractations du vote de la résolution 2468 (2019) battaient leur plein, il s'était rendu au Rwanda, en sa qualité d'ancien président de l'Allemagne fédérale pour représenter son pays à la commémoration du génocide contre les Tutsi « Kwibuka 25 ».
Le désormais ancien Envoyé spécial d'Antonio Guterres, n'avait-il pas alors tourné la page du dossier Sahara pour de bon dans l'attente qu'il formalise cette décision de manière officielle.
Concernant le troisième round des pourparlers de Genève sur le Sahara prévu en juin prochain, notre source nous a affirmé que « tout cela est fini. On sait que Kohler a été désigné comme émissaire de l'ONU pour le Sahara en août 2017 et qu'il lui a fallu un an au moins pour rencontrer les différentes parties concernées et comprendre les dessous de ce dossier avant de préparer ces pourparlers». Et d'ajouter : « La question qui s'impose maintenant est la suivante : quelle est la personnalité la plus qualifiée pour succéder à Horst Kohler et poursuivre son action ?».
De fait, force est de rappeler qu'une sorte de malédiction plane sur tous les envoyés personnels du Secrétaire général de l'ONU au Sahara.
En effet, l'ancien Secrétaire d'Etat américain, James Baker, a rendu les clés en 2004 après avoir tenu la barre depuis 1997, le diplomate Hollandais Peter Van Walsum a été poussé vers la porte en 2008 par Ban Ki-moon et l'autre Américain à avoir officié en tant qu'émissaire onusien, en l'occurrence Christopher Ross, a fini par rendre le tablier en 2017.


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