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Grogne à la CGEM
Publié dans Libération le 20 - 07 - 2019

Hausser le ton, tempérer, minimiser et rassurer sans paraître fragilisé. Telle semble être la ligne choisie par Salaheddine Mezouar, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), face à la situation trouble qui prévaut au sein de cette organisation patronale. Une situation qui n'a rien d'une crise, a-t-il laissé entendre, lors d'une rencontre tenue jeudi 18. Mais elle semble tout de même s'enraciner en prenant une nouvelle tournure avec les départs successifs de deux éminents dirigeants, en l'occurrence Faycal Mekouar et Fadel Agoumi, respectivement vice-président général et directeur général délégué.
En réaction à ces défections qui ont fait suite à celles du vice-président en charge de la compétitivité et de l'environnement des affaires, Ahmed Rahhou et du président de la commission financement et délais de paiement Hammad Kassalen, le patron des patrons s'est décidé à rompre le silence lors de cette rencontre au cours de laquelle il a laissé transparaître sa frustration et son incompréhension. En dépit de tout le charivari qui a marqué le début de son mandat, il pense toujours qu'« il n'y a ni crise, ni implosion, ni malaise au sein de la CGEM ». Il prend tout de même la peine d'évoquer les raisons qui seraient à la base de l'ambiance délétère qui règne au sien de son organisation et surtout de la série de défections observées ces derniers temps.
Parmi celles-ci, le mode opératoire qui, « effectivement, quand on n'est pas habitué, peut paraître problématique et source de tensions. Mais c'était un choix réfléchi et mûri », a-t-il souligné rappelant que ce n'était pasla première fois qu'il pilote une organisation. «J'ai piloté des organisations autrement plus complexes que la CGEM. Mais la CGEM se devait d'évoluer vers un nouveau mode opératoire pour pouvoir responsabiliser les uns et les autres sous une supervision et un contrôle.»
A ce propos, il a rappelé que c'est « le mode opératoire qui avait été choisi pour faire fonctionner cette organisation. Ça marche dans beaucoup de cas, ça marche un peu moins dans d'autres en fonction des personnalités et des personnes. Parce qu'il ne s'agit pas de relations hiérarchiques, mais de coordination.» Pour lui, ce mode opératoire impose également à l'organisation interne, aux salariés et au management de s'adapter. Ce qui « cause forcément beaucoup de pression parce que le rythme et le niveau d'exigence en termes de demande de travail deviennent très lourds. Et donc, le mode opératoire en matière de transformation interne ne peut pas non plus être de la même nature
qu'auparavant ».
Sur les interférences que certains membres de la confédération auraient ressenties sur leurs prérogatives, Salaheddine Mezouar a rappelé le travail d'audit réalisé au sein de l'organisation et qui, a-t-il déclaré, a révélé des défaillances à bien des niveaux. Le président de la CGEM a indiqué qu'il a fait un audit organisationnel, un audit des procédures et un audit financier « pas pour nuire à qui que ce soit». Il a assuré:« Le travail qui a été fait, n'était pas pour interférer devant les prérogatives de qui que ce soit. Mais parce que je suis un président élu qui a la responsabilité de faire bouger l'organisation et de la faire évoluer. Parce que je me suis engagé vis-à-vis des membres à atteindre un certain nombre d'objectifs. Ma responsabilité en tant que président est de faire en sorte que ça marche et fonctionne». Quoi qu'en en ait pensé, « dans mes attitudes, jamais je n'ai fait
quelque chose qui allait contre les prérogatives ou les responsabilités de X ou Y. Mais j'étais en permanence en interaction continue », a-t-il souligné.
Toutefois, a-t-il concédé, « je ne suis pas un président qui délègue complètement et qui laisse les gens se débrouiller tout seuls. Je délègue, je responsabilise, mais je me fais un devoir de vérifier et d'accompagner. Cela peut ne pas être lu ou interprété correctement.» Sur l'ambiance actuelle au sien de l'organisation, le président a exprimé son étonnement sur les propos qui ont été utilisés et la violence des thèmes et des conclusions « qui sont tirées sans prendre l'effort de discuter, d'écouter et de changer ». A en croire ce dernier, l'objectif de ce qui se trame serait d'empêcher une organisation de fonctionner, estimant qu'« un départ n'est pas quelque chose de dramatique ». Un raisonnement que l'histoire même de la CGEM contredit fortement.
« Nous sommes dans une organisation qui a des règles. Parmi ces règles, c'est de n'exprimer une position que quand elle est totalement approuvée par les instances. Je ne peux pas communiquer sur des idées discutées dans le cadre des commissions ou groupes de travail comme si c'étaient des positions affirmées et confirmées par l'organisation», rappelant à ce propos que le président et le vice-président général de la CGEM sont les seuls habilités à communiquer sur les positions officielles de l'organisation.
Revenant sur la question du mode de fonctionnement opératoire global de la CGEM, qui entre dans la phase II, des ajustements doivent être faits. « Ceci ne veut pas dire licencier des gens, mais réajuster, réaménager, adapter et recruter s'il le faut pour pouvoir accompagner la dynamique de la CGEM ». Une affirmation qui ne semble valoir que pour les personnes que l'organisation patronale rétribue et non pas pour les membres élus qui la dirigent ou en dirigent les différentes fédérations la composant.
Ainsi, « forcément dans cette démarche là, on peut avoir des personnes qui considèrent que ça leur convient pas, je lesrespecte ; on discute et on se sépare. Mais il n'y rien de dramatique. Il n' y a que des choses simples qui se passent ». Autre sujet évoqué au cours de cette rencontre et qui l'a énormément« ému », c'est celui du vice-président général. « Un ami avec lequel j'ai travaillé en toute confiance », a-t- il confié. «Je me suisinterdit de faire quoi que ce soit sans qu'il soit au courant ou consulté. J'ai tout fait pour que mon vice-président général, au même titre que moi-même, soit le plus visible que possible.J'ai tout fait pour que mon vice-président général soit le plus respecté et écouté en interne. On s'est réparti les missions naturellement ».
Il concède avoir eu aussi des divergences, ce qui est naturel dans le fonctionnement normal d'une organisation. « Mais ces divergences, on ne les expose pas », a-t-il insisté estimant qu'« on continue à avancer, on discute jusqu'à ce que qu'on trouve l'ajustement nécessaire pour qu'on puisse fonctionner en bonne intelligence ». Sachant qu'il y a des choses qui se passent aussi tous les jours, il avance que « je suis un président qui est peut-être un peu trop présent et forcément il y a des interactions qui se font, c'est la vie d'une organisation » Mais ce qui l'a attristé,« c'est que j'ai trouvé inélégante par rapport à la confiance établie, le fait de recevoir une démission sans que son auteur ait pris la peine de s'en expliquer». Sur ce, il lance : «Je ne suis pas venu me faire élire au sein de cette organisation pour combattre les miens. Je suis venu pour me battre avec les miens pour les intérêts de l'entreprise et de son développement ».
Quoi qu'il en soit, Salaheddine Mezouar qui a intégré cette organisation après un long parcours au sein du monde politique assure qu'il continuera « à assumer ses responsabilités au nom de la confiance des membres de la CGEM».


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