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Le cérémonial sahraoui du thé bousculé par le coronavirus
Publié dans Libération le 03 - 06 - 2020

Le Covid-19 a non seulement mis à terre les économies de plusieurs pays développés mais a aussi chamboulé les comportements, bousculé les modes de vie et malmené des habitudes et pratiques qui rythmaient, il n'y a pas si longtemps, la vie de tous les jours de millions d'hommes et de femmes.
Le Maroc n'échappe pas à la règle et dans les provinces du Sud précisément, où le quotidien des gens est fait de convivialité et de rapports humains chaleureux, certains rituels, qui ont réussi à résister aux sirènes de la modernité, ont fini par succomber, du moins temporairement, à l'avancée inexorable de la pandémie.
Il en est ainsi du cérémonial de la préparation et de la consommation du thé. Car partout au Sahara marocain, le thé n'est pas une simple boisson comme toutes les autres. C'est bien plus. C'est un art de vivre. C'est une histoire ancienne!
Dans la ville de Laâyoune, il est presque impossible de passer devant une maison de Marocains d'origine sahraouie, durant la nuit ou même avant, lorsque la chaleur torride de l'après-midi commença à céder la place à la fraîcheur du crépuscule, sans admirer le spectacle de familles entières réunies autour d'un verre de thé pour savourer un moment de détente, échanger sur les problèmes de famille ou bavarder sur l'actualité.
Le thé trône aussi majestueusement dans chaque fête et aucune soirée de distraction ne peut être envisagée sans cette boisson.
Le thé est consommé plusieurs fois dans la journée et les Sahraouis lui attribuent plusieurs vertus: faciliter la digestion, étancher la soif et lutter contre les principaux facteurs de vieillissement et les maladies cardiovasculaires. D'ailleurs, certaines personnes ont la conviction que le thé et la viande du dromadaire sont à l'origine de la bonne santé dont jouissent les habitants locaux.
Le thé est aussi étroitement lié aux règles d'hospitalité. C'est pourquoi décliner l'invitation d'un Sahraoui à la traditionnelle cérémonie du thé est très mal vu.
Mais depuis le début de la vague pandémique, les choses ont beaucoup changé. L'impact du coronavirus sur la chaîne de consommation et de commerce du thé est perceptible dans chaque coin de rue. Et à l'œil nu!
Ainsi, même si le confinement a obligé les familles à passer plus de temps ensemble, l'interdiction des réunions, des fêtes et des rassemblements sous les tentes ou entre voisins et proches a impacté la consommation du thé.
Ait Mbarek est un commerçant qui tient un magasin de thé et de produits cosmétiques ayant pignon sur rue à Laâyoune.
En temps normal, il faut s'armer de patience pour pouvoir passer sa commande dans ce magasin, tellement les clients sont nombreux et les affaires marchent à merveille.
Désormais, ce quinquagénaire, dont 35 ans passés dans le commerce du thé, se plaint de la baisse des ventes. Le coronavirus est passé par là!
"Bien sûr que notre chiffre d'affaires a chuté depuis le début de la pandémie en mars", nous a-t-il confié.
Le commerce du thé a également pâti des restrictions des déplacements inter-villes décidées par les autorités pour éviter la propagation du virus, car la notoriété du thé sahraoui dépasse le Sud marocain.
Pour preuve: il est inconcevable de venir en mission à Laâyoune ou Dakhla, ou de partir en vacances à l'intérieur du Maroc, pour ceux qui résident au Sahara, sans en ramener une bonne quantité comme cadeau à la famille.
Mbarek attend patiemment la levée de l'état urgence pour rattraper le temps perdu et reprendre une vie normale. "J'espère que les choses rentreront bientôt dans l'ordre pour que les habitants de Laâyoune retrouvent leurs anciennes habitudes", a-t-il affirmé.
Pour beaucoup de la population locale, se priver du cérémonial spécial de préparation et de consommation du thé en rajoute à la frustration née de l'obligation de rester chez soi et de limiter ses contacts pour ne pas croiser le virus.


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