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Vacances d'été Dix livres de poche à glisser dans sa valise
Publié dans Libération le 27 - 07 - 2017

Le bonheur d'une crique abritée, d'un alpage ensoleillé ou d'un sentier de randonnée peut-il être total sans la compagnie d'un bon livre ? Que nenni ! Le site spécialisé «Culturebox» nous a recensé les dix romans indispensables pour ensoleiller votre été. Au format poche, bien sûr, par souci de légèreté et d'économies. De l'amour et du sang, de l'action et de l'érudition, du rire et des larmes, voici la petite bibliothèque portable de l'été 2017.
"La petite femelle"
de Philippe Jaenada
La France d'après-guerre suit avec passion le procès de Pauline Dubuisson, étudiante en médecine qui a abattu son amant deux ans plus tôt. Réclamant sa tête, les avocats de la partie civile se lâchent sur tout : la beauté de l'accusée, son intelligence, sa froideur supposée, et, pire encore, sa liaison passée d'adolescente avec un médecin allemand, dans la poche de Dunkerque assiégée par les Alliés. De ce fait-divers, Philippe Jaenada a extrait tout le suc pour en tirer un grand roman haletant, ponctué de digressions drôlatiques sur la vie du narrateur.
"Pour la peau",
d'Emmanuelle Richard
Elle a 27 ans, lui 48. Cheveux courts et visage nu, caissière dans un magasin du sud de la France, elle se rêve écrivain. Visage marqué et longue carcasse déglinguée, lui a vécu de musique à Londres avant de survivre d'expédients, de bricolage et réparations. A quoi ressemble la passion dans la France des années 2010, où le sexe est à portée de clic ? A partir de ces petits riens qui deviennent essentiels, Emmanuelle Richard tisse un roman sensuel et solaire.
"Outre-Terre",
de Jean-Paul Kauffmann
Le 8 février 1807, Napoléon remportait une victoire à la Pyrrhus à Eylau, au fin fond de la Prusse-Orientale. Deux cents ans plus tard, Jean-Paul Kauffmann débarque avec femme et enfants dans la ville toute proche de Kaliningrad, pour assister à la reconstitution de cette bataille historique. Patrie d'Emmanuel Kant, l'ex-Königsberg s'est muée en enclave russe. L'écrivain traque dans un champ de neige les traces de la Grande armée en lambeaux, et dépeint, avec cocasserie, les persistantes tracasseries post-soviétiques. Un délice érudit.
"L'enfant qui mesurait le monde",
de Metin Arditi
Dans une Grèce en crise, une île protège un enfant qui tente de maîtriser, avec ses additions fiévreuses, les bouleversements en cours. Combien de bateaux rentrent le matin au port ? Combien de clients s'attablent le soir à la terrasse du restaurant ? Cette fable émouvante autour d'un jeune autiste révulsé par le désordre du monde questionne, en creux, nos certitudes de neurotypiques, comme autant de failles.
"Les salauds devront payer",
d'Emmanuel Grand
Dans une petite ville du Nord de la France ravagée par le chômage, Pauline, 17 ans, rêve de s'enfuir sous les tropiques. Le sort en décide autrement : un petit matin glauque, la gamine défoncée à la cocaïne est retrouvée assassinée. Ce meurtre, suivi de quelques autres, trouverait-il ses racines dans d'anciens conflits mal éteints, liés à l'ex-usine métallurgique de la ville, aujourd'hui désaffectée ? Un drame noir nappé de fantastique, par l'auteur remarqué de "Terminus Belz".
"Le sillage de l'oubli",
de Bruce Machart
A l'aube du XXe siècle au Texas, un veuf désespéré traite impitoyablement ses quatre fils. Du dernier, Karel, il fait un cavalier émérite dressé pour gagner des courses de chevaux : en pariant sur sa victoire, le père s'enrichit et accroît ses terres. Mais Karel va dévier de sa route, en tombant fou amoureux d'une amazone qui excelle, elle aussi, dans l'art du galop et de la course. Une fiction lyrique et déchirante, chez un éditeur devenu une référence pour les fondus de littérature américaine.
"Chouquette", d'Emilie Frèche
L'après-crise de 2008 encore, vue de Saint-Tropez. D'une plume trempée dans le vitriol, la romancière nous campe une grand-mère indigne qui se fait appeler "Chouquette". Cette sexagénaire riche et botoxée qui craint la ruine (physique et financière) se voit infliger pour quelques jours la garde de son petit-fils, Lucas, atteint de varicelle de surcroît. Un face-à-face réjouissant, objet d'une satire drôlissime et cruelle dont l'adaptation au cinéma sort début août.
"Trente ans et des poussières",
de Jay McInerney
"Les jours enfuis", le tome 3 des aventures new-yorkaises de Corrine et Russel, vient de paraître aux éditions de L'Olivier. Un prétexte idéal pour plonger ou replonger dans le début (insurpassé) de la trilogie, quand la crise financière de 1987 désespérait Wall Street. Beaux, jeunes et intelligents, Corinne et Russell avaient "Trente ans et des poussières" et habitaient Manhattan. Autant dire qu'ils étaient maîtres du monde, elle dans la finance, lui dans l'édition. Mais la soif de réussir, les désirs décalés et les krachs boursiers sont venus lézarder leur monde enchanté.
"Bonheur fantôme", d'Anne Percin
Pierre a tout quitté, amour, études, thèse sur la philosophe Simone Weil (1909-1943), pour s'installer à la campagne. Il se fait brocanteur, cultive son potager, et vit de rien ou presque, en tentant d'achever sa biographie de Rosa Bonheur (1822-1899), cette artiste en pantalons fumeuse de havanes, qui aimait peindre vaches, chevaux et chiens. Un portrait singulier, étrange et délicat, qui hante longtemps le lecteur.


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