L'activiste Amazighe Malika Mezzane poursuivie pour incitation à la haine    Climat : Un observatoire d'évaluation des actions des acteurs non-étatiques en gestation    Managem en bonne forme au 1er semestre 2017    Affrontements entre police et manifestants pro-séparatistes à Barcelone    Le salon du cheval d'El Jadida, un événement phare pour le patrimoine national et la vie économique    Salon « Al Omrane Expo 2017 » : plus de 7000 visiteurs ont fait le déplacement    Benabdallah effectue une visite de travail en Guinée    Le Oppo F3 aux couleurs du Club catalan FC Barcelone    Danone Nations Cup : Les Lionceaux de l'Atlas en route vers les Etats-Unis    L'boulevard s'associe à Casablanca Events et Animation    Les attentes de la CGEM    Maroc - Gabon : Qui mettre à gauche ? Spécial    Gad Elmaleh a bouclé «Oh my Gad!» en Australie    Rencontre gouvernement-syndicats    Contrôle fiscal : La vérification à l'amiable enfin formalisée    Qu'en est-il au niveau des crèches?    Le français Derichebourg avance ses pions au Maroc    Coupe du Trône: le choc Raja-FUS aura lieu ce mardi    «Bilmawen Bodmawen»: un carnaval de couleurs dans les rues d'Inezgane et Dcheira    Le Real Madrid s'incline à domicile face au Betis Séville (0-1)    Sahara, Maghreb, Afrique... ce qu'a dit Nasser Bourita à l'ONU    Le gouvernement courtise le patronat    Boulemane: ancien dirigeant d'une agence commerciale, il est arrêté pour avoir détourné 3 millions de DH    Météo: temps nuageux et des températures en légère baisse    Enseignement privé: la flambée des frais de scolarité devant le Parlement    Pêche: des investissements et des emplois    Mme Afailal à Boulemane pour s'enquérir de la situation hydrique dans la province    New York: le Maroc reconduit à la tête du Forum mondial de lutte contre le terrorisme    Le 1er Moharram de la nouvelle année de l'Hégire 1439 correspondra au vendredi 22 septembre    Brésil : L'ex-gouverneur de Rio condamné à plus de 45 ans de prison pour corruption    Faune-Flore : Le Maroc élu vice président du groupe d'experts africains    Christie's lance sa formule e-learning    Essaouira aussi aura son ''Banc de la Liberté"    Mohamed Ben Abdelkader : On ne peut aborder la réforme administrative que sous un angle global et jamais au cas par cas    Abdelkrim Benatiq s'entretient avec une délégation parlementaire danoise    A l'ONU, Trump menace de détruire totalement la Corée du Nord    Le risque Irma existe également pour le Maroc    Vème Congrès de la SMOC à Casablanca    Trois policiers agressés à Essaouira    Candidature du Maroc pour le Mondial-2026 : Concrétiser le rêve d'une nation    Handball : Elimination du MCO et de W. Smara du championnat arabe    Messi se met en quatre pour le Barça    Expulsions intempestives de migrants marocains d'Italie    Marocaines et Marocains, il vous est désormais possible de saisir la HACA    Une oeuvre d'art gigantesque dépoussiérée sous les yeux du public aux Pays-Bas    Les meilleurs films de tous les temps    Oujda accueille le 1er Salon maghrébin du livre    Scènes de désolation après le séisme au Mexique qui a fait au moins 248 morts    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Le Kenya suspendu à l'annonce des résultats de la présidentielle
Publié dans Libération le 12 - 08 - 2017

Le Kenya retenait son souffle vendredi dans l'attente de la proclamation du vainqueur de l'élection présidentielle, les résultats provisoires donnant le sortant Uhuru Kenyatta largement favori face à son rival Raila Odinga, qui revendique la victoire.
Tout avait bien commencé mardi, jour du scrutin : les Kényans s'étaient déplacés aux urnes dans le calme et en masse, attestant d'une ferveur démocratique intacte à la faveur de ces élections générales. Mais le climat s'est rapidement détérioré à mesure que l'opposition a multiplié ses accusations de fraude.
Des violences sporadiques, qui ont fait quatre morts, ont ravivé dans le pays le spectre des scènes meurtrières qui avaient suivi l'élection présidentielle de 2007 (au moins 1.100 morts).
Jeudi, les différentes missions d'observations internationales se sont relayées en direct à la télévision pour apporter un soutien prononcé à la commission électorale (IEBC), appelant les Kényans à la patience et leurs leaders à la retenue, tout comme Londres et Washington.
Mais la coalition d'opposition Nasa a persévéré dans ses accusations de fraude, affirmant détenir la preuve, sur la foi de sources internes à l'IEBC, que Raila Odinga avait gagné, et enjoignant la commission de le "déclarer président dûment élu de la République du Kenya".
Dans sa réponse écrite au camp de Odinga, la commission a relevé des erreurs grossières de tabulations dans les documents censés accréditer sa victoire et provenant selon elle d'une base de données Microsoft, quand l'IEBC utilise Oracle.
Dans la soirée, Odinga, 72 ans, s'est dit "déçu" par les observateurs, dans un entretien à CNN. "Nous ne voulons voir aucune violence au Kenya. Nous savons les conséquences de ce qui s'est passé en 2008 et nous ne voulons pas voir cela se répéter". Mais "je ne contrôle personne. Les gens veulent la justice", a-t-il ajouté.
"Toute tentative de faire pression sur l'IEBC, comme celle que nous pouvons voir en ce moment, est irrégulière et dangereuse, car elle pourrait mettre le feu aux poudres alors que la situation est déjà tendue", a commenté vendredi matin le quotidien Daily Nation dans son éditorial, appelant, comme les observateurs internationaux, tout candidat ayant des griefs à saisir l'IEBC ou la justice.
Or, a noté le quotidien, "le processus (menant à la proclamation des résultats) n'est pas achevé, et il n'y a donc pas encore de résultats" pouvant être contestés de la sorte.
La déclaration de victoire par l'opposition a suscité jeudi des scènes de liesse à Kisumu (ouest) et dans plusieurs bidonvilles de Nairobi, des fiefs de l'opposition.
Mais les résultats provisoires de l'IEBC créditaient vendredi M. Kenyatta de 54,26% des voix contre 44,85% à M. Odinga, sur 99% des bureaux de vote dépouillés. Le nom du vainqueur ne sera toutefois annoncé qu'une fois les résultats complets compilés et authentifiés au niveau des 290 circonscriptions du pays, ce que l'IEBC espère avoir terminé d'ici vendredi midi.
Une éventuelle victoire de M. Kenyatta laisse craindre un vif sentiment d'amertume chez les partisans de l'opposition, et de possibles troubles. Mercredi, alors que M. Odinga dénonçait le piratage informatique de la base de données de l'IEBC, des échauffourées avaient éclaté dans les bastions de l'opposition, la police réprimant sans ménagement les manifestations.
Le comportement des quelque 150.000 membres des forces de sécurité déployés pour le scrutin sera crucial dans les jours à venir. Amnesty international, et M. Odinga jeudi, les ont appelés à ne pas faire un usage disproportionné de la force.
Les accusations de fraude ont exacerbé les passions déjà lestées d'un demi-siècle de rivalité dynastique entre les familles Kenyatta et Odinga. Le père de ce dernier, Jaramogi Oginga Odinga, fut brièvement vice-président, avant de perdre la lutte post-indépendance pour le pouvoir au profit du premier chef d'Etat Jomo Kenyatta, père d'Uhuru.
En outre, Odinga livre certainement sa dernière grande bataille politique, lui qui s'est présenté quatre fois à la présidentielle. En 2007, il avait rejeté la réélection de Mwai Kibaki, lors d'un scrutin entaché de nombreuses fraudes selon les observateurs. En 2013, il avait aussi contesté sa défaite et s'était tourné en vain vers la justice. Odinga, membre de la communauté luo de l'ouest du pays, s'est une nouvelle fois présenté comme le garant d'une répartition plus équitable des richesses de l'économie la plus dynamique d'Afrique de l'Est.
De son côté, le président Kenyatta, issu de l'élite économique Kikuyu, l'ethnie la plus nombreuse au Kenya, a mis en avant avec son co-listier William Ruto le développement économique du pays, avec notamment la nouvelle ligne ferroviaire entre Nairobi et Mombasa.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.