299 femmes vont bientôt devenir « adoules »    L'appui du Souverain aux Palestiniens salué par l'Union interparlementaire arabe    Trump, Poutine et l'UE    Maroc-Tunisie en amical à Radès    Photos- Jawhara Talents 2018 dévoile la liste des gagnants    25 enfants victimes d'intoxication alimentaire à El Haouzia    Officiel : La finale de la Supercoupe d'Espagne 2018 aura lieu à Tanger    Faux départ du Conseil national de la presse    Attention, la canicule tue !    L'après-Russie2018: Le président de la CAF en colère    Benabdallah: Cette décision est «dangereuse, condamnable et inacceptable»    L'examen crucial des accords de pêche!    Frais de dossier: l'ISCAE réagit enfin!    A Monaco, Soufiane El Bakkali signe la meilleure performance de l'année    Rebaptisée CineAtlas, Le Colisée, salle mythique, de Rabat, fait peau neuve    Le Maroc, « le plus bel endroit au monde » selon The Hollywood Reporter    Le Conseil de gouvernement examine les effets juridiques de la décision de la Cour constitutionnelle    3 ans de prison pour agression à l'arme blanche    Aid Al Adha : L'ONSSA fait le point sur le cheptel    La campagne agricole 2017-2018 s'annonce prometteuse    Croissance: le gouvernement trop optimiste    Etats-Unis : Un homme interpellé après une prise d'otages dans une épicerie d'Hollywood    Jeux Africains à Alger: Le Maroc vise les JO de Buenos Aires    Une hausse de 0,2% de l'indice des prix à la consommation enregistrée en juin selon le HCP    Youssoufia : Il la violente et met le feu à sa maison    Le Maroc prend part à la 23e édition du Salon international du livre de Lima    El Haddad entre le championnat turc et le Golfe...    299 femmes réussissent le concours d'adoul...une première    Al Hoceima: Le ministère de la Santé rassure sur l'avancement des projets    Careem et deux syndicats de taxis signent le début d'une belle aventure    Prix à la consommation : Les produits de la mer en hausse de 4,4%    Marrakech : Pour se venger de sa femme il met le feu au domicile conjugal    Visite au Centre culturel africain au Maroc après rénovation    Décès de l'ancien portier du WAC Mohamed El Khalidy, alias «Yachine»    Christian Adda : «Le Maroc peut être un carrefour de la culture africaine»    Ahidous à l'honneur à Aïn Louh    Mahmoud Abbas condamne l'adoption de la loi sur « l'Etat-nation juif »    Coupe de la Confédération : Le Raja sort la tête du goulot    Trump menace de taxes punitives les 505 milliards de dollars de produits chinois importés    Les grands enjeux d'Agadir!    Retraite des parlementaires: Manque de consensus et interminable débat    Rencontre des députés du PPS et le réseau Anaruz    Des enfants d'Al Qods visitent le mausolée Mohammed V    Italie : Le torchon brûle entre Salvini et Saviano    Corée du Sud : La présidente déchue condamnée à huit ans de plus    Le ministère de la santé dénonce les actes d'agressions répétitifs visant son personnel hospitalier    Il fait l'actu : Nizar Baraka, président du CESE    Vers la création d'un musée de la mémoire juive marocaine à Fès : Le message fort de Mehdi Qotbi    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Le Kenya suspendu à l'annonce des résultats de la présidentielle
Publié dans Libération le 12 - 08 - 2017

Le Kenya retenait son souffle vendredi dans l'attente de la proclamation du vainqueur de l'élection présidentielle, les résultats provisoires donnant le sortant Uhuru Kenyatta largement favori face à son rival Raila Odinga, qui revendique la victoire.
Tout avait bien commencé mardi, jour du scrutin : les Kényans s'étaient déplacés aux urnes dans le calme et en masse, attestant d'une ferveur démocratique intacte à la faveur de ces élections générales. Mais le climat s'est rapidement détérioré à mesure que l'opposition a multiplié ses accusations de fraude.
Des violences sporadiques, qui ont fait quatre morts, ont ravivé dans le pays le spectre des scènes meurtrières qui avaient suivi l'élection présidentielle de 2007 (au moins 1.100 morts).
Jeudi, les différentes missions d'observations internationales se sont relayées en direct à la télévision pour apporter un soutien prononcé à la commission électorale (IEBC), appelant les Kényans à la patience et leurs leaders à la retenue, tout comme Londres et Washington.
Mais la coalition d'opposition Nasa a persévéré dans ses accusations de fraude, affirmant détenir la preuve, sur la foi de sources internes à l'IEBC, que Raila Odinga avait gagné, et enjoignant la commission de le "déclarer président dûment élu de la République du Kenya".
Dans sa réponse écrite au camp de Odinga, la commission a relevé des erreurs grossières de tabulations dans les documents censés accréditer sa victoire et provenant selon elle d'une base de données Microsoft, quand l'IEBC utilise Oracle.
Dans la soirée, Odinga, 72 ans, s'est dit "déçu" par les observateurs, dans un entretien à CNN. "Nous ne voulons voir aucune violence au Kenya. Nous savons les conséquences de ce qui s'est passé en 2008 et nous ne voulons pas voir cela se répéter". Mais "je ne contrôle personne. Les gens veulent la justice", a-t-il ajouté.
"Toute tentative de faire pression sur l'IEBC, comme celle que nous pouvons voir en ce moment, est irrégulière et dangereuse, car elle pourrait mettre le feu aux poudres alors que la situation est déjà tendue", a commenté vendredi matin le quotidien Daily Nation dans son éditorial, appelant, comme les observateurs internationaux, tout candidat ayant des griefs à saisir l'IEBC ou la justice.
Or, a noté le quotidien, "le processus (menant à la proclamation des résultats) n'est pas achevé, et il n'y a donc pas encore de résultats" pouvant être contestés de la sorte.
La déclaration de victoire par l'opposition a suscité jeudi des scènes de liesse à Kisumu (ouest) et dans plusieurs bidonvilles de Nairobi, des fiefs de l'opposition.
Mais les résultats provisoires de l'IEBC créditaient vendredi M. Kenyatta de 54,26% des voix contre 44,85% à M. Odinga, sur 99% des bureaux de vote dépouillés. Le nom du vainqueur ne sera toutefois annoncé qu'une fois les résultats complets compilés et authentifiés au niveau des 290 circonscriptions du pays, ce que l'IEBC espère avoir terminé d'ici vendredi midi.
Une éventuelle victoire de M. Kenyatta laisse craindre un vif sentiment d'amertume chez les partisans de l'opposition, et de possibles troubles. Mercredi, alors que M. Odinga dénonçait le piratage informatique de la base de données de l'IEBC, des échauffourées avaient éclaté dans les bastions de l'opposition, la police réprimant sans ménagement les manifestations.
Le comportement des quelque 150.000 membres des forces de sécurité déployés pour le scrutin sera crucial dans les jours à venir. Amnesty international, et M. Odinga jeudi, les ont appelés à ne pas faire un usage disproportionné de la force.
Les accusations de fraude ont exacerbé les passions déjà lestées d'un demi-siècle de rivalité dynastique entre les familles Kenyatta et Odinga. Le père de ce dernier, Jaramogi Oginga Odinga, fut brièvement vice-président, avant de perdre la lutte post-indépendance pour le pouvoir au profit du premier chef d'Etat Jomo Kenyatta, père d'Uhuru.
En outre, Odinga livre certainement sa dernière grande bataille politique, lui qui s'est présenté quatre fois à la présidentielle. En 2007, il avait rejeté la réélection de Mwai Kibaki, lors d'un scrutin entaché de nombreuses fraudes selon les observateurs. En 2013, il avait aussi contesté sa défaite et s'était tourné en vain vers la justice. Odinga, membre de la communauté luo de l'ouest du pays, s'est une nouvelle fois présenté comme le garant d'une répartition plus équitable des richesses de l'économie la plus dynamique d'Afrique de l'Est.
De son côté, le président Kenyatta, issu de l'élite économique Kikuyu, l'ethnie la plus nombreuse au Kenya, a mis en avant avec son co-listier William Ruto le développement économique du pays, avec notamment la nouvelle ligne ferroviaire entre Nairobi et Mombasa.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.