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Rabat attaché à sa PNIA malgé des difficultés certaines
Publié dans Libération le 20 - 06 - 2018

Aujourd'hui est célébrée la Journée mondiale des réfugiés en sa 17ème édition. En effet, l'Assemblée générale des Nations unies dans sa résolution 55/76 le 4 décembre 2000, avait décidé qu'à compter de 2001, le 20 juin marquerait à jamais cette journée consacrée aux réfugiés.
Le Maroc, pays connu, de par sa position géographique, comme un Etat traditionnel d'émigration, d'accueil pour de nombreux migrants, de réfugiés et de demandeurs d'asile essentiellement en provenance des pays africains sub-sahariens et de pays arabes connaissant des conflits internes comme la Syrie, ne fait nullement abstraction de ce cérémonial. Pays de transit par excellence vers le Vieux Continent, il fait face à de constants mouvements migratoires plus caractérisés pour leur nature économique, que politique que les réfugiés, les demandeurs d'asile sollicitent afin de leur fournir protection et assistance.
En témoignage de solidarité avec les pays d'Afrique et arabes en difficulté, le Royaume, tenu par des conventions internationales, de plusieurs composantes: administration publique, justice, forces de l'ordre, UNHCR, ainsi qu'institutions nationales et organisations non gouvernementales et autres, s'est plié à un rôle d'accueil des réfugiés que d'ailleurs le HCR a félicité.
Seulement voilà, depuis mars 2017, rares sont les réfugiés au Maroc à pouvoir obtenir une carte de séjour. La Commission interministérielle ad-hoc de régularisation des réfugiés, hébergée au Bureau des réfugiés et des apatrides (BRA) à Rabat, ayant été suspendue, le sort de nombre de demandeurs syriens, irakiens, yéménites et subsahariens se décidait au compte-goutte.
Cette situation peu réjouissante pour ces quémandeurs d'asile qui voient l'octroie d'un statut de réfugié et carte de séjour au Maroc s'envoler en fumée, fait tache dans les bonnes intentions dont avaient été animés les pouvoirs en charge de ce dossier devenu par la force des choses et des évènements une patate chaude dont aucune des parties concernées ne savait que faire.
Les dérivés de cette situation, c'est qu'à défaut d'un statut de réfugié, la précarité pour les demandeurs d'asile et de protection internationale n'en devenait qu'une autre réalité. En fait ces derniers ne peuvent pas louer d'appartement puisque plusieurs propriétaires exigent des documents d'identité avant toute opération de bail. Idem pour l'accès au marché de l'emploi sans parler des tracasseries causées par les contrôles policiers. Seul bémol, les documents du HCR qui toutefois ne peuvent ni remplacer ni tenir lieu de carte de séjour délivrée par les autorités marocaines avait précisé une source à Libé. Les réfugiés et les demandeurs d'asile dans ce cas en possession des documents du HCR ne peuvent prétendre qu'à une protection contre le refoulement.
Le Maroc qui s'efforce, malgré des difficultés certaines, d'offrir une protection aux réfugiés dans le cadre de sa politique nationale de l'immigration et de l'asile (PNIA), lancée en septembre 2013 à l'initiative de S.M le Roi Mohammed VI, a encore énormément de chemin à faire pour se mettre à niveau de la volonté Royale. La reprise des activités du BRA et la prise en charge des nombreux dossiers des demandeurs d'une protection en sont l'un des premiers vecteurs.


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