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Faits divers
Publié dans L'opinion le 22 - 07 - 2019

Les faits divers ou rubrique des chiens écrasés est un genre journalistique à part. Il fut un temps où des journaux parmi les plus respectables lui consacraient une large part de leur contenu. Il existait même des gazettes exclusivement spécialisées dans ce genre. Et puis la vidéo est arrivée. D'abord aux Etats-Unis où des chaînes de télévision ont commencé à mobiliser des escadrilles d'hélicoptères pour traquer les courses-poursuites de délinquants et les fusillades, ensuite partout dans le monde à travers la récupération des images de crimes et de violences de toutes sortes, captées par de simples citoyens ou par les criminels eux-mêmes, via leurs téléphones portables et diffusées sur des plates-formes vidéo comme Dailymotion, Yahoo ! Screen et autres Youtube. Après ce déferlement d'images choquantes et sanguinolentes, le genre fait divers basé sur la narration haletante, l'incipit et le récit suspensif, s'est retrouvé sur la touche. Des contingents entiers de chroniqueurs judiciaires qui faisaient jadis la gloire de leurs canards sont dès lors tombés en désuétude. Et même les ténors du genre comme Pierre Bellemare qui avait pourtant su se réinventer via la Radio et la Télévision, ont fini par abdiquer. La concurrence entre textes et images étant trop déloyale, les journaux dits traditionnels se sont donc retirés du genre pour l'abandonner à une nouvelle génération de médias dominée par les sites électroniques et les web télévisions.
Au Maroc et hormis une petite poignée d'irréductibles, notamment dans la presse arabophone, le genre faits divers s'apparente désormais à une sorte de plat super épicé et trop gras dont il convient de ne pas trop abuser, au risque qu'il ne déteigne sur le reste du contenu du journal et porte atteinte à sa crédibilité. Soit ! Mais que faire lorsque l'actualité est dominée comme elle le fut durant les deux dernières semaines par des faits divers particulièrement atroces et aussi graves que le meurtre de deux civils par arme à feu à Casablanca, le viol puis le meurtre d'un mineur à Meknès et la torture puis le massacre d'une femme à coup de bâton et de tessons de verre à Rabat ? Faut-il détourner le regard ou du moins, pour se donner bonne conscience, consacrer un entrefilet à ces trois affaires dans les pages intérieures du journal au nom de cette sacro-sainte nouvelle règle de l'ineptie journalistique du fait divers ? Faut-il attendre comme ce fut le cas pour le meurtre de la femme à Rabat qu'une vidéo surgisse plusieurs semaines après les faits et que cette affaire fasse le buzz sur le web pour s'en saisir ? Au risque de se faire critiquer ou pire d'être taxé de journal sensationnaliste, "L'Opinion" a sciemment choisi d'aller outre ces «convenances» et d'appliquer un traitement journalistique basé sur l'enquête de terrain à deux de ces affaires : la bavure policière de Casablanca et le meurtre doublé de viol du jeune Réda El Amri à Meknès. Pour la première affaire, le sujet a été traité en raison de son caractère actuel et inédit avec, en filigrane, la volonté d'ouvrir le débat sur l'usage de la force publique au Maroc. Pour la deuxième affaire, celle du viol et du meurtre d'un enfant, dont personne ne s'offusque lorsque des faits divers comparables font la Une des principaux journaux et télévisions françaises, le choix du traitement était dicté par une volonté d'éveiller les consciences et dire que de telles affaires ne doivent pas être passées sous silence pour ne plus figurer que dans les statistiques. Car dans l'un comme dans l'autre cas, ainsi que dans tous les cas d'ailleurs, ce qui compte, en fin de compte, c'est moins le sujet en lui-même que le traitement qui lui a été appliqué.
Majd El Atouabi


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