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L'Europe doit s'impliquer
Publié dans MarocHebdo le 08 - 05 - 2014

En 2005, le Maroc a dépensé 80 millions d'euros pour contrer la migration clandestine, et l'aide de Bruxelles n'arrive pas. En été 2006, il accueille la conférence Afrique-UE sur la question.
L'Europe doit s'impliquer
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Catherine Colonna et Alberto Navarro.
Ce n'est pas vraiment une image courante que de voir, sur la rive sud de la Méditerranée, trois responsables officiels présenter les résultats de leurs travaux sur la question migratoire. Pourtant, c'est à cet exercice qu'ont volontiers sacrifié la ministre française des Affaires européennes, Catherine Colonna, le ministre délégué aux Affaires étrangères et à la Coopération, Tayeb Fassi Fihri, et Alberto Navarro, secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires étrangères. Lundi 5 décembre 2005, au siège du ministère marocain des Affaires étrangères, ils ont ainsi tenu une conférence de presse pour faire le point sur leurs discussions. Quel avait été l'ordre du jour de cette rencontre ? Trois dossiers surtout : le bilan du Sommet de Barcelone, qui a vu le Xème anniversaire de la conférence euro-méditerranéenne; l'évaluation des relations futures entre le Maroc et l'Union européenne; enfin, la préparation de la conférence Afrique-Union européenne sur l'immigration. À propos de tous ces points, des précisions et des éclaircissements ont été donnés. Les trois ministres ont insisté sur le fait que «les conclusions de Barcelone seront soutenues et mises en œuvre dans le sens des stratégies adoptées tant au niveau politique, économique que sécuritaire». Le dialogue politique avec le Royaume sera également poursuivi et approfondi. A cet égard, le secrétaire d'Etat espagnol ira même jusqu'à dire que «le Maroc est le pays le plus européen de la rive sud de la Méditerranée.» Enfin, Catherine Colonna et Alberto Navarro réitéreront l'appui de leur gouvernement respectif quant au projet présenté par Rabat d'une conférence Afrique-UE sur la question des migrations.
Tayeb Fassi-Fihri n'a pas manqué de relever au passage que le Maroc était le pays africain et méditerranéen le plus exposé du fait de sa proximité avec l'Europe et qu'il était ainsi un pays de transit pour l'immigration clandestine en direction du Nord.
C'est d'ailleurs cette question particulière qui a fait l'objet de la réunion à Marrakech, vendredi 2 décembre 2005, du groupe de travail hispano-marocain sur l'immigration. Il devait en particulier analyser la coopération bilatérale en matière de lutte contre l'immigration clandestine, les actions projetées concernant les mineurs non accompagnés et la canalisation légale des flux migratoires.
Comment mener une lutte conjointe et coordonnée contre l'immigration clandestine ? Depuis le début de cette année, pas moins de 80 millions d'euros (900 millions de dirhams environ) ont été engagés par Rabat pour faire face aux charges de ce type de migration, alors que l'aide promise par Bruxelles depuis des années n'avait pas encore été débloquée. Les événements intervenus, voici trois mois, à Mellilia, au Nord du Maroc, avaient pris une dimension dramatique et ils ne pouvaient que conduire à une approche opératoire. C'est dans cet esprit que le Maroc a proposé le projet d'une conférence Afrique-UE, visant à mettre à plat de manière conséquente tous les problèmes liés à ces flux de migrants irréguliers.
La conférence de Barcelone a adhéré à cette politique. Et la déclaration hispano-britannique de ce sommet euro-méditerranéen avait ainsi appelé à l'intensification de la coopération dans un esprit de responsabilité et de solidarité partagées sur tous les aspects liés à l'immigration irrégulière.
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