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Consommation des psychotropes au Maroc
Publié dans MarocHebdo le 29 - 05 - 2014


RUEE SUR LES CALMANTS
Pilule miracle, pilule du bonheur, les anxiolytiques sont entrés petit à petit dans les moeurs au grand bonheur des fabricants.
Tête lourde, nausées, absence totale d'appétit, palpitations cardiaques. Tous les symptômes d'une maladie cardio-vasculaire.
Pourtant, le spécialiste consulte, après moult examens, refuse de conclure et dirige le patient sur un psychologue qui conclut rapidement à une manifestation somatique d'anxiété.
Retour chez le médecin qui prescrit une foule de psychotropes de la famille des anxiolytiques. La dame représente le profil idéal du malade imaginaire. Inquiétude, irritabilité, insomnie, à 38 ans, cette jeune femme s'est retrouvée abandonnée par son mari avec trois gosses en charge.
Miracle
Réservés autrefois exclusivement à l'usage psychiatrique, les psychotropes investissent de plus en plus la boîte à pharmacie de Monsieur tout le monde. À tel point que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est émue et a tiré la sonnette d'alarme.
Au Maroc, la consommation des psychotropes est sans cesse revue à la hausse, même s'il est difficile de trouver des statistiques fiables. En tout cas, il est parfaitement logique qu'aux mêmes causes correspondent les mêmes effets: stress, urbanisation sauvage, chômage... autant de facteurs qui ont engendré un boom de la consommation des tranquillisants partout dans le monde. Si au Maroc, les psychotropes commercialisés sont à peu près les mêmes que l'on trouve ailleurs, les prescriptions varient selon les praticiens, mais également selon le milieu socio-économique du patient. Maladie du siècle, la dépression appelle à une consommation très forte des antidépresseurs. Pathologie sournoise, la déprime peut revêtir les formes les plus incongrues.
Si le tableau clinique de la dépression est clair, les formes de tristesse souvent banalisées cachent parfois une dépression grave. Ce que les praticiens désignent par la dépression masquée. Dans ce cas, les symptômes révélateurs de la dépression sont relégués au second plan. Le patient a apparemment un comportement normal et sa dépression est masquée par des symptômes physiques: migraine, troubles fonctionnels, douleurs diverses, rebelles à une thérapie inadaptée.
Néanmoins, à force de conjuguer le mot à toutes les sauces, le moindre petit changement d'humeur est considéré comme un symptôme dépressif. Ce qui explique en partie le recours systématique aux psychotropes. Comme ailleurs, les laboratoires qui commercialisent ce type de médicament ont compris les enjeux d'un marché en plein essor.
Par une politique de communication discrète mais efficace, de nombreux produits ont été vulgarisés sous le silence bienveillant des médecins. Pilule miracle, pilule du bonheur, les anxiolytiques sont entrés petit à petit dans les moeurs, au grand bonheur des fabricants et au détriment du consommateur.
Si la consommation des psychotropes constitue un délit en dehors de la prescription médicale, il n'en reste pas moins que producteurs et consommateurs usent, chacun de son côté, de mille subterfuges pour trouver son compte. L'UCLAD avait révélé des chiffres effarants, concernant le trafic des substances médicamenteuses apparentées à la drogue.
Angoisse
De nombreux produits destinés en principe à un usage strictement médical sont détournés au profit d'un marché parallèle florissant.
Alors que la consommation des psychotropes ne va pas sans dangers, les fabricants qui sont très prolixes dès qu'il s'agit de vanter les qualités de leurs produits deviennent subitement moins bavards dès qu'il est question des effets secondaires et surtout d'une consommation abusive.
Effets cardio-vasculaires graves, troubles divers, hypotension, accroissement du sentiment d'angoisse.
Pour de nombreux laboratoires il ne s'agit là que de broutilles eu égard aux enjeux financiers. Le cas le plus remarquable est celui du Prozac.
La pilule du bonheur récemment commercialisée au Maroc est au centre d'un combat sans merci entre le producteur et ses détracteurs qui l'accusent de vendre un produit dangereux.
Accusé de provoquer chez certains patients des idées noires, susceptibles de conduire au suicide ou à l'automutilation, le Prozac aurait conduit de nombreux utilisateurs à des comportements pour le moins suspects. Aux Etats-Unis plus d'une centaine de procès auraient été intentés aux laboratoires Lilly pour des affaires de violences ayant parfois conduit au meurtre ou au suicide.
Des accusations très graves qu'on aurait pu mettre sur le compte des spécificités américaines si la polémique n'avait pas rapidement gagné l'Europe.
Tout récemment, une revue scientifique belge a publié un article qui remet sur le tapis l'éventualité d'une interaction entre la prise du Prozac et les actes de violence.
Le médecin qui est, d'ailleurs, poursuivi en justice par la multinationale pharmaceutique, a publié son étude dans la revue scientifique The Lancet.
Selon le praticien belge, il y aurait une corrélation étrange entre des cas de meurtres et la consommation de fluoxétine qui est à la base de la fabrication du Prozac.
Inquiétudes
À l'heure actuelle, la question n'est pas encore tranchée. Mais il est vrai que pour un produit destiné à traiter la dépression, il est difficile de déterminer si les idées morbides sont provoquées par la fluoxétine ou tout simplement par la dépression elle-même.
En tout cas, quelle que soit l'issue de cette polémique, nous sommes en droit de nous inquiéter vis-à-vis d'un produit commercialisé chez nous.
Au delà du cas Prozac, l'utilisation des psychotropes devrait être soumise à une vigilance très stricte.
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