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LA MISE À L'ECART DES LABORATOIRES PRIVES
Publié dans MarocHebdo le 02 - 10 - 2020

La présente pandémie commande la mobilisation de toutes les potentialités, en particulier celles exerçant dans le domaine de la médecine et de la biologie.
Difficile de trouver des raisons valables à la mise à l'écart des laboratoires privés dans la lutte contre la pandémie de la Covid-19. Sept mois après, ils sont toujours écartés de l'arsenal des mesures prises par le département de la santé. Ce dossier a un historique; il mérite que l'on s'y arrête. Dès le 28 février, soit quelques jours avant l'enregistrement du premier cas le 2 mars, certains d'entre eux mettent en place des plateformes PCR et réalisent des tests PCR.
Deux semaines plus tard, une décision administrative arrête les tests PCR dans ces laboratoires. Le 16 mars, un communiqué du ministère de la Santé donne des explications en précisant une liste de laboratoires publics seuls habilités et autorisés à pratiquer les examens biologiques de confirmation et de suivi du Covid 19 (Institut Pasteur, Institut National d'Hygiène et Laboratoire de l'Hôpital d'instruction militaire Mohammed V de Rabat). Le motif avancé? C'est une mesure de protection de la santé publique prise sur la base des dispositions de la loi du 2 juillet 2011 (articles 3, 6, 7 et 8).
Laboratoires de référence
Le Conseil des pharmaciens biologistes (CPB) et la Chambre syndicale des biologistes (CSB) saisissent de nouveau ce département, à différentes reprises. Ces deux associations réitèrent leur volonté et leur disponibilité à faire le PCR. Le 30 avril, le ministre de la Santé décide la création d'un sous-comité technique des laboratoires de référence au sein du Comité technique et scientifique consultatif du programme national de prévention et de contrôle de la grippe et des infections respiratoires aiguës sévères, un nouvel organe institué, lui, le 28 février 2020. Le 28 mai, le CPB s'adresse à l'administration de tutelle pour demander l'établissement de la liste des réactifs sérologiques Covid-19 homologués et validés par les autorités compétentes.
Quatre jours plus tard, c'est le ministre de la Santé qui est saisi à son tour pour autoriser la participation des biologistes médicaux à la mobilisation autour de la stratégie de déconfinement. Ceux-ci proposent ainsi leur contribution à la séro-prévalence. Ils demandent également la publication d'un arrêté définissant la cotation dans la nomenclature des actes de biologie médicale. Le 3 juin, dans sa réponse, le ministre donne suite à l'intégration des laboratoires privés dans la stratégie proactive de dépistage de masse de la Covid-I9. Mais avec une contrainte particulière: l'obligation de centraliser et de transmettre les résultats pour exploitation épidémiologique au service compétent du département de la Santé.
Validation en urgence
Il annonce aussi l'institutionnalisation d'une commission pour l'accompagnement des laboratoires dans le système de gestion de la qualité. Quatre mois après, celle-ci n'a pas encore été mise sur pied. Au Parlement, dans une question écrite, le Dr. Touimi demande quelles sont les raisons de l'exclusion des pharmaciens biologistes de la Commission technique et scientifique consultatives créée par décision ministérielle le 28 février 2020.
Les échanges et les correspondances se poursuivent durant des semaines, sans marquer cependant un réel progrès. Pour ce qui est des analyses sérologiques, il est répondu au CPB que «les dossiers de certaines sociétés sont en cours d'évaluation pour autorisation et enregistrement». Par ailleurs, le président de la commission nationale de nomenclature saisit la présidente du CPB pour demander l'étude et la validation en urgence de l'assimilation du diagnostic au SARS CoV-2 par PCR à un acte de biologie médicale. La circulaire 57 du 21 juillet 2020 du ministre de la Santé autorise les laboratoires privés à effectuer le PCR aux Marocains et aux étrangers résidents au Maroc désireux de voyager à l'étranger.
Le même jour, est fixé le tarif du test de biologie médicale relatif au SARS CoV-2 rendu par les hôpitaux, les instituts et laboratoires publics. Mais cette tarification n'est pas faite dans des conditions régulières en ce qu'elle ne passe pas par la Commission de la nomenclature des actes biologiques. Le CSB revient à la charge le 4 septembre pour suggérer l'augmentation de la capacité de diagnostic biologique de la Covid-19. Il propose d'autres mesures: réalisation des tests dans les locaux annexes du laboratoire, prélèvements et leur transmission, travail en plateau technique.
Chevauchement d'attributions
Le 12 septembre, la circulaire 72 met à jour le cahier de charges fixant les exigences pour la réalisation du PCR dans les laboratoires privés et allégeant les conditions de prélèvement. Sont introduites de nouvelles conditions: obligation de l'intégration de la plateforme informatique nationale e-lab, réalisation des tests sérologiques par les laboratoires disposant d'une plateforme labélisée (un certificat de négativité, des réactifs enregistrés à la direction compétente du ministère de la Santé). Il est aussi prévu un contrôle, périodique et inopiné, par les services spécialisés de l'administration de la Santé.
Le 17 septembre, le ministre de la Santé annonce devant la commission parlementaire compétente le prix de 680 dirhams pour le PCR. Quatre jours plus tard, la circulaire N°75 soumet les demandes d'autorisation du diagnostic de la Covid-19 par les laboratoires privés à l'avis préalable des directeurs régionaux de la Santé. Au total, les laboratoires privés s'estiment injustement exclus de la participation active à la lutte contre la pandémie, en particulier du Comité technique des laboratoires de référence. Leur interdire la pratique du PCR est considéré par la profession comme une discrimination inacceptable. Ils signalent aussi l'absence à ce jour des réactifs et des kits homologués pour le diagnostic du Covid-19. Ils relèvent aussi d'autres faits critiquables:
- L'inadéquation des cahiers de charges avec la loi, laquelle a prévu des actions de santé publique dans le cadre de la complémentarité entre les secteurs public et privé;
- L'absence d'établissement de liste de certains actes de biologie médicale, une fonction confiée à des laboratoires dûment agréés;
- Le chevauchement d'attributions entre les inspecteurs des laboratoires de l'administration compétente dans leur mission de contrôle; l'adjonction dans le cahier de charges d'obligations ne cadrant pas avec l'activité des laboratoires d'analyse médicale; enfin, l'ajout dans la Nomenclature des actes de biologie médicale de la cotation de la Covid-19 (sérologie et PCR).
La présente pandémie commande la mobilisation de toutes les potentialités, en particulier celles exerçant dans le domaine de la médecine et de la biologie. Dans ce dispositif, les laboratoires privés n'ont-ils pas leur place, à part entière? Des contraintes pesant sur le cahier de charges qui leur est imposé -tel un local autonome- ne confirment pas une telle disposition d'esprit de la part de l'administration de la Santé. De quoi nourrir un procès quant à l'efficacité des moyens mis en oeuvre par ce département...


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