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2020, année du tournant?
Publié dans MarocHebdo le 29 - 12 - 2020

David Thomas Fischer, l'ambassadeur américain au Maroc et son épouse, Jennifer Fischer, présentent la carte complète du Maroc officiellement adoptée par le gouvernement US. Rabat, le 11 décembre 2020.
Avec la reconnaissance, le 10 décembre, par les Etats-Unis de la souveraineté du Maroc sur son Sahara, Rabat a asséné un véritable coup de massue à la junte algérienne.
Cela fait de nombreuses années déjà qu'à chaque fois que le Maroc enregistrait un succès diplomatique sur l'Algérie eu égard au conflit autour du Sahara marocain, les observateurs annonçaient l'aboutissement proche de la première cause nationale. Ont-ils, cette fois, raison alors que vingt pays désormais, dont surtout les Etats-Unis depuis le 10 décembre, ont reconnu la marocanité de la région et que la plupart d'entre eux y ont d'ores et déjà inauguré des consulats? Seul l'avenir nous le dira, mais ce qui est d'ores et déjà sûr est que cette année 2020 a été loin de ressembler au quarante-cinq précédentes depuis que le différend a débuté, tant s'en faut. Une année folle! Qui, le 20 décembre 2019, au moment où les Comores ouvraient le bal en se dotant d'une représentation diplomatique à Laâyoune, imaginait que moins de douze mois plus tard la première puissance mondiale annoncerait vouloir faire de même? Et pourtant nous y sommes.
“Unique choix réaliste”
Il y a eu, d'abord, une véritable ruée africaine, qui au fur et à mesure a amené la diplomatie algérienne à la mettre en sourdine après avoir au départ qualifié l'initiative comorienne de “mesure d'une gravité exceptionnelle” et même rappelé, le 20 février, son ambassadeur à Yamoussoukro après que la Côte d'Ivoire ait également franchi le pas et que son ministre de l'Intégration africaine et des Ivoiriens de l'extérieur et désormais ministre des Affaires étrangères, Ally Coulibaly, ait égaaffirmé qu'“en matière de politique étrangère, comme dans d'autres domaines, nous nous gardons de donner des leçons de morale, de même nous n'entendons pas qu'on nous dicte ce que nous devons faire ou ne pas faire”. Ce qui, au passage, avait constitué un message clair et net, et non des “déclarations sibyllines et insidieuses”, envers la junte algérienne, comme celle-ci avait commenté dans un communiqué.
Initiative marocaine
Puis, après le continent, c'était au tour du monde arabe de suivre, avec d'abord les Emirats arabes unis le 27 octobre en dépit du froid ayant marqué au cours des dernières années les relations entre Rabat et Abou Dhabi à cause notamment des divergences sur le dossier libyen, puis dans les semaines suivantes Bahreïn et la Jordanie, pour donc porter le nombre de pays arabes à disposer de consulats au Sahara marocain à cinq puisqu'il faut ajouter, au niveau de l'Afrique, les Comores, déjà mentionnées plus haut, et Djibouti, qui s'était dès le 28 février installé dans les provinces sahariennes.
Et, enfin, il y a eu donc le coup de grâce américain, doublé du soutien désormais officiel de Washington à l'initiative marocaine du 11 avril 2007 pour la négociation d'un statut d'autonomie, “unique choix réaliste” comme vient de le réaffirmer le gendre et conseiller du président américain Donald Trump, Jared Kushner, au cours du déplacement qu'il vient d'effectuer ce 22 décembre au Maroc.
La partie algérienne, bien évidemment, continuera de taxer un simple marchandage fait sur le dos des Palestiniens, puisque la décision de l'administration américaine sortante a coïncidé avec le rétablissement par le Royaume de ses relations diplomatiques avec Israël, coupées depuis la fermeture, en octobre 2000, du bureau de liaison israélien qu'il avait plus de six ans durant accueilli à Rabat -à partir de septembre 1994.
Et M. Trump a, il ne faut pas le nier, pris en compte cet élément pour signer son décret considérant désormais le Sahara marocain comme partie intégrante du territoire national. Mais par là même, Alger est la première à savoir qu'il ne s'agit là que d'un poker menteur de sa part, car le communiqué du Cabinet royal ayant fait suite à l'appel entre le roi Mohammed VI et le locataire de la Maison-Blanche avait été sans équivoque: référence y avait été clairement faite à «une solution fondée sur deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, et que les négociations entre les parties palestinienne et israélienne restent le seul moyen de parvenir à un règlement définitif, durable et global [du] conflit” les opposant.
Le Souverain avait, ensuite, réitéré le même propos au cours de l'entretien téléphonique qu'il avait eu dans la foulée avec le président palestinien, Mahmoud Abbas, mais aussi la lettre qu'il vient d'adresser à ce dernier ce 23 décembre. Ce message, en particulier, annonce même la future réunion de la 21ème session du Comité Al-Qods, dont la présidence a été hérité par le roi Mohammed VI de feu Hassan II et qui veille à la préservation du cachet musulman de la ville d'Al-Qods Acharif, ainsi qu'à “l'actualisation des structures de l'Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif”, bras financier du Comité Al-Qods, “afin de lui donner un nouveau souffle et lui permettre de poursuivre, sous la supervision personnelle de Sa Majesté, la réalisation de plans et de programmes concrets, dans les domaines de la santé, de l'éducation et de l'habitat, ainsi que tout ce qui se rapporte au volet social au profit des habitants palestiniens d'Al-Qods.” “Le Maroc place toujours la cause palestinienne au même rang que la question du Sahara marocain et (...) l'action du Maroc en vue de consacrer sa marocanité ne se fera jamais, ni aujourd'hui ni dans l'avenir, au détriment de la lutte du peuple palestinien pour recouvrer ses droits légitimes,” y souligne aussi, frontalement, le roi Mohammed VI.
Poker menteur
On peut, en même temps, se demander ce que le régime algérien fait, lui, de concret pour les Palestiniens en dehors des slogans creux et de l'instrumentalisation de leur cause pour une comparaison de très mauvais goût avec le cas du Sahara marocain, comme si le Maroc s'opposait au retour des Sahraouis séquestrés depuis novembre 1975 à Tindouf alors que ceuxci ont toujours été les bienvenus dans leur pays. N'a-t-il lui-même pas des rapports directs avec Israël depuis que le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, avait pris langue un 25 juillet 1999, en marge des funérailles de Hassan II à Rabat, avec le Premier ministre israélien de l'époque, Ehud Barak? Plus que d'un poker menteur, il est surtout question d'une hypocrisie qui, au final, ne profite à personne, et même pas à l'Algérie et aux Algériens, un peuple fondamentalement frère et avec lequel les Marocains ont plus que jamais hâte de reprendre le cours normal des relations qui, depuis la naissance de leurs nations respectives, les unit.


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