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Détenus du Hirak du Rif : Le serment de Abdellatif Ouahbi
Publié dans MarocHebdo le 25 - 11 - 2021

Le ministre de la Justice s'est engagé à plaider solennellement auprès de S. M. le Roi pour la libération des détenus du Hirak. Pour M. Ouahbi, c'est une « véritable conviction ». Cette démarche louable pourra-t-elle aboutir ?
On ne peut pas dire de Abdellatif Ouahbi qu'il n'a pas de la suite dans les idées. Invité le 10 novembre 2021 à l'émission "Confidences de presse" sur la chaîne 2M, le secrétaire général du Parti authenticité et modernité (PAM) et ministre de la Justice du gouvernement Aziz Akhannouch a repris son bâton de pèlerin en faveur de la libération des derniers détenus du mouvement de protestation du Hirak ach-chaâbi du Rif, qui avait défrayé la chronique à partir du décès, fin octobre 2016 dans la ville d'Al Hoceima, du poissonnier Mohcine Fikri, broyé par la benne tasseuse d'un camion de ramassage d'ordures pendant qu'il protestait contre la saisie de sa marchandise par la police.
Dans une interview qu'il avait accordée fin novembre 2020 au journal électronique Febrayer, M. Ouahbi avait déjà pris fait et cause pour ces détenus et leur figure de proue, Nasser Zefzafi, et s'était même dit ouvert à ce qu'ils se présentent sous les couleurs du PAM aux élections législatives, communales et régionales qui s'étaient tenues le 8 septembre 2021; en réponse à une question du directeur de publication du journal électronique Madar 21, Mohamed Belkacem, il a révélé qu'il était en discussion avec d'autres ministres et des fonctionnaires dans l'objectif de soumettre une requête de grâce au roi Mohammed VI.
Proposition de loi d'amnistie
"J'ai une vraie envie pour que l'on libère les détenus [du Hirak] du Rif," a déclaré M. Ouahbi, qui a parlé d'une "conviction" qu'il avait. Et d'expliquer qu'au titre du droit de grâce que lui accorde la Constitution, seul le roi Mohammed VI pouvait encore trancher, la cour de cassation ayant, par ailleurs, définitivement entériné, le 23 juin 2021, les jugements prononcés trois ans plus tôt par la chambre criminelle près la cour d'appel de la ville de Casablanca: celle-ci avait pour rappel distribué, fin juin 2018, 308 ans de prison entre cinquante-trois activistes du Hirak, dont 20 ans à M. Zefzafi, pour atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat, tentatives de sabotage, de meurtre et de pillage et réception de fonds, de donations et d'autres moyens matériels destinés à mener et à financer une activité de propagande à même d'attenter à l'unité et à la souveraineté du Royaume.
Les juristes le savent, M. Ouahbi ne dit qu'une partie de la vérité, puisque le Parlement pourrait lui aussi se fendre d'une proposition de loi d'amnistie; mais en attendant que sa requête sorte des cartons, celle-ci est d'ores et déjà perçue de façon "très positive" par les soutiens du Hirak. C'est en tout cas le propos qu'a tenu dans un communiqué le coordinateur de la Coalition nationale d'appui au mouvement, El Alami Lahrouni, membre par ailleurs du bureau politique du Parti socialiste unifié (PSU).
"Nous procéderons, au sein de la Coalition nationale, au suivi de l'activation de la déclaration du ministre de la Justice comme étape pour régler le dossier dans son ensemble, mettre fin à la tragédie des détenus du Hirak du Rif et aux souffrances de leurs familles et rendre justice à la région [du Rif] et à ses habitants," a souligné le communiqué. Pour leur part, les familles des détenus n'ont pas réagi, mais on peut rappeler que la déclaration de M. Ouahbi à Febrayer avait été plutôt bien accueillie à l'époque; le père de M. Zefzafi, Ahmed Zefzafi, ne fermant notamment pas la porte à une candidature de son fils sous la bannière du PAM -"c'est à lui d'en décider," avait-il indiqué au journal électronique Aham24.
Manifestations légitimes
En plus de M. Zefzafi, on compte également parmi les derniers détenus son bras droit et "dynamo" du Hirak, Nabil Ahamjik; Mohamed Jelloul, dont le Hirak aura constitué le deuxième mouvement de protestation auquel il aura participé après celui de la ville de Beni Bouayach, en mars 2012, qui lui avait alors valu cinq ans de prison; ainsi que Samir Ighid, Zakaria Adahchour et Mohamed El Haki, qui n'étaient pas vraiment des leaders mais à qui la justice reproche leur implication dans l'incendie qu'avait connu le 26 mars 2017 la résidence de police de la ville d'Imzouren -au cours duquel plusieurs policiers avaient été blessés, dont certains restent aujourd'hui encore handicapés et pourraient le rester à vie.
Cet incendie, ajouté aux accusations de connexion avec le mouvement séparatiste rifain du 18-Septembre, avait d'ailleurs été en grande partie derrière la sévérité des juges et semblait visé lorsque dans son discours du Trône du 29 juillet 2017, le roi Mohammed VI avait rejeté l'expression d'"approche sécuritaire" que certains avaient utilisée pour décrire l'intervention, à partir de fin mai 2017, des forces de l'ordre dans la province d'Al Hoceima, où le Hirak était le plus actif, et estimé que celles-ci avaient "assumé leur responsabilité avec courage, patience, retenue et (...) fait preuve d'un grand respect de la loi". "Elles ont ainsi préservé la sécurité et la stabilité", avaitil poursuivi.
Mais en même temps, le Souverain a, depuis les premières arrestations liées au Hirak, gracié la quasi-totalité des détenus, dont 17 lors du seul dernier Aïd el-Fitr, le 13 mai 2021. On avait, en plus, appris de la bouche du président français Emmanuel Macron, qui avait abordé avec lui le sujet au cours de sa visite de juin 2017 au Maroc, qu'il avait considéré comme "légitime" le fait qu'il y ait des manifestations; ce qu'allait corroborer le limogeage, quelque trois mois plus tard, de quatre responsables ministériels, à savoir Mohamed Hassad, Mohamed Nabil Benabdallah, El Houssaine Louardi et Larbi Bencheikh, après un rapport accablant de la Cour des comptes. Motif d'espoir suffisant donc pour M. Ouahbi, qui a formulé le voeu qu'il y ait "un dépassement d'un certain nombre de dossiers, pour que l'on crée une nouvelle atmosphère; pour que l'on poursuive sur la voie qu'avait tracée Mohammed VI (...) avec [l'Instance] équité et réconciliation"...


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