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Les richesses de la Mauritanie pourraient en faire le Koweït de l'Occident arabe Le Koweit du Maghreb Un peuple en attente
Publié dans MarocHebdo le 27 - 12 - 1997

Les richesses de la Mauritanie pourraient en faire le Koweït de l'Occident arabe
UNE MAURITANIE TRÈS CONVOITEE
Après une élection présidentielle dont le résultat a été remis en cause par l'opposition mauritanienne, Maaouïa Ould Sid'Ahmed Taya, réélu, devra affronter des défis difficiles : l'éradication de la pauvreté, de l'analphabétisme, une redistribution équitable des immenses richesses de son pays, et la préservation de sa souveraineté économique.
De notre envoyé spécial Amale SAMIE
La Mauritanie est peut-être le pays arabe le plus proche, humainement et culturellement, du Maroc, mais c'est aussi le pays qui offre le plus grand "exotisme" au visiteur marocain.
Mais, au-delà de la beauté saisissante des paysages et de l'accueil profondément généreux des gens, la Mauritanie surprend par le dénuement de la majorité de ses habitants.
Deux millions et demi d'hommes pourraient vivre dans la prospérité dans ce gigantesque Koweit du Maghreb. C'est malheureusement loin d'être le cas.
L'Office national de la statistique dans son rapport de mai 1997 dresse un tableau dramatique de la situation. Les statistiques officielles sont impartiales et ne laissent aucune réalité dans l'ombre.
Le Koweit du Maghreb
La moitié des Mauritaniens, 50,6 %, vit en dessous du seuil minimum de pauvreté. Bien sûr, les années pluvieuses 1995 et 1996, ont permis de réduire ce pourcentage qui était de 56,6 % en 1990. La pauvreté urbaine se concentre à Nouakchott, Nouadhibou et Zouerate.
En milieu urbain, 53 % des Mauritaniens savent lire ou écrire une phrase simple. Ils sont 32 % seulement, en milieu rural.
Dans un pays aux populations réputées nomades, 9, 4 % des habitations rurales sont en dur contre 67,6 % des logements urbains.
Le taux de natalité est si fort, 2,3 % que la population du pays est passée de 1 900 000 en 1990 à 2 346 000 en 1996.
Voilà pourquoi l'opposition mauritanienne remet en cause le chiffre de 1 200 000 votants aux présidentielles du 12 décembre 1997. Dans un pays jeune, à démographie galopante, il est difficile de croire que la population en âge de voter soit supérieure à 50 %.
Il n'y a pas eu de mise à jour des listes électorales mais des rajouts successifs, et l'inexistence d'Etat-civil dans le pays a rendu le scrutin encore plus aléatoire.
La Mauritanie est un pays en friches. Les potentialités agricoles et industrielles sont sous-exploitées. La Société nationale industrielle et minière (SNIM) est bien une entreprise nationale et sa bonne gestion fait l'unanimité dans le pays, mais le Mauritanien ordinaire attend en vain que cette bonne santé de la SNIM se répercute sur son niveau de vie.
Et le niveau de vie des Mauritaniens relève de disparités inimaginables. Le salaire minimum légal est de 6000 ouguiyas mauritaniennes (UM), soit 300 Dh (1UM = 0,5 Dh). Un médecin gagne 40 000 UM dans le secteur public. Ceci dans un pays où la vie est à peu près 1,5 fois plus chère qu'au Maroc. Tout ce qui se consomme est importé de Las Palmas et du Sénégal. Quelques articles viennent du Maroc.
Voilà pourquoi de nombreux Mauritaniens attendent avec impatience la paix dans nos Provinces du sud. Il y aurait une noria perpétuelle de camions circulant entre les deux pays : "Le dernier camion du convoi serait encore à Tanger que le premier serait déjà arrivé à Nouakchott". Il est vrai que la frontière sud du Maroc et particulièrement les villes d'Agadir, Laâyoune, Dakhla et Lagouira connaîtraient un essor foudroyant car même le Sénégal serait à la portée des exportateurs marocains. D'ailleurs ce qui scandalise le plus les Mauritaniens c'est qu'ils consomment parfois des produits marocains qui ont transité par l'Espagne et qui y ont été conditionnés.
Cette situation s'ajoute aux autres causes d'irritation que provoque le Polisario, ici. Et aussi l'Algérie à laquelle les Mauritaniens reprochent de les avoir mis dans le pétrin, en 1975, en leur promettant leur soutien dans l'affaire du Sahara avant de soutenir un Front Polisario surarmé qui a commis trois agressions majeures contre leur pays en 1977-1978. Dont le coup de main sur Zouerate et l'attaque de Nouakchott.
Il est vrai qu'une armée de 18 000 hommes n'avait pas les moyens d'affronter l'Algérie par mercenaires interposés.
Il arrive encore que des véhicules sautent sur des mines "oubliées" dans le nord du pays.
Les Mauritaniens supportent très mal l'agression continuelle et les multiples provocations d'un Polisario qui n'arrive pas à se défaire de sa morgue et de son comportement en pays conquis. Le représentant officieux du Polisario à Nouakchott, Fattan Ould Regueibi est membre du Sénat mauritanien, il possède l'une des plus grandes entreprises de BTP de Mauritanie et il se préoccupe très peu des populations sahraouies qu'il prétend défendre. Quant au représentant officiel des séparatistes il a fait campagne pour l'un des candidats à la présidence à Bir Moghrein (Nord).
Ce que les Mauritaniens craignent par-dessus tout est une invasion des aigris du référendum qui pourraient avoir des idées de conquête du pouvoir. Alors la diplomatie mauritanienne est, par la force des choses, un savant jeu d'équilibre.
Mais une agression beaucoup plus perfide se trame contre la Mauritanie. La dette extérieure du pays s'élève à 2,4 milliards de dollars. Les organismes financiers internationaux ont imposé au pays des mesures de rigueur drastiques et c'est le citoyen qui reçoit le choc de plein fouet. Les aides extérieures sont interceptées par une nomenklatura rudimentaire aux rangs clairsemés, la dilapidation de ces aides est telle que les Organisations non gouvernementales ont installé leur propre antenne sur place pour suivre le moindre centime jusqu'à son ultime destinataire.
Un peuple en attente
Il est vrai que les Mauritaniens sont devenus très sceptiques sur un quelconque décollage économique dans un proche avenir. Ils ont vu leur pays gâcher toutes ses chances par la faute d'une mince couche sociale de possédants. La dernière opportunité qui leur a été offerte est le taux de croissance de 1994, 4,4 %, et de 1995, 6,6 %. Le pays est à peine arrivé à 2,3 % en 1996.
Les Mauritaniens attendent de leur président qu'il mette fin aux monopoles, aux atteintes aux droits de l'homme et à la liberté de la presse. Ils attendent aussi des mesures concrètes contre l'esclavage et le retour des négro-mauritaniens déportés après les graves troubles de 1989.
Le Président Maaouïa Ould Sid'Ahmed Taya qui briguait un second mandat a fait du respect des engagements son slogan de campagne. Pour la majorité des gens cela signifiait que les choses resteraient en l'état. Aux élections présidentielles de 1992, des scores surprenants se mirent à arriver de province quand, au ministère de l'Intérieur, on a senti que le candidat Ahmed Ould Daddah, frère de l'ancien président Mokhtar Ould Daddah, était en train de gagner. Les électeurs n'ont donc pas montré de grand enthousiasme pour le scrutin du 12 décembre 1997.
L'appel au boycott de la présidentielle par l'opposition, n'a pas eu grand mal à parvenir aux électeurs des villes. Et le candidat Chbih, "libéral-socialiste", s'est même permis de concurrencer dangereusement Maaouïa Ould Sid'Ahmed Taya à Nouadhibou, Nouakchott et, dans une moindre mesure, à Zouerate.
Quoi qu'il en soit, le Président Maaouïa Ould Sid'Ahmed Taya a été réélu avec un score, 90, 25 %.
Mais sa tâche sera ardue durant son prochain sixtennat.
Il aura à renégocier la dette extérieure de son pays, il devra s'attaquer à cette nouvelle bourgeoisie qui concentre tous les biens et les moyens de production entre ses mains.
Mohamed Chbih, candidat arrivé second, a su faire jouer son prestige de spécialiste de l'économie en révélant que 39 personnes détenaient 70 % des richesses du pays et que 27 d'entre elles étaient de la même tribu.
Ce sont là les défis que le Président Ould Taya devra affronter. Il y arrivera d'autant mieux s'il montre une volonté d'associer tous les Mauritaniens à son action.
ENCADRE
La Mauritanie est l'un des rares pays du monde à se prévaloir d'une balance des paiements excédentaire.
Durant les 9 premiers mois de l'année 1996, elle a importé pour 46 880 ouguiyas de biens (1 ouguiya = 0,5 centime) et elle a exporté pour 58 618 millions d'ouguiyas. Le fer, 43 % et le poisson, 55 % représentent 98 % des exportations.
L'excédent réalisé est donc de 11 738 ouguiyas.
La ventilation des produits importés par la Mauritanie est la suivante :
Biens d'équipement : 33 %,
Produits alimentaires : 20 %
Autres produits : 16 %
Produits pétroliers 14 %
Produits concurrentiels : 7 %
Véhicules 6 %
Matériel de construction : 4 %
Une demi-douzaine de sociétés mauritaniennes concentrent la majeure partie de l'économie nationale avec la Banque Al Baraka, la Banque Nationale pour la Mauritanie et la Banque Mauritanienne pour le Commerce et l'Industrie.
Elles possèdent à elles seules la quasi totalité des actions mauritaniennes dans les sociétés mixtes.
La Société nationale industrielle et minière (SNIM) avec ses filiales est la principale entreprise d'envergure nationale.