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Le Sahara marocain au centre de toutes les préoccupations Risques perçus Pays artificiel Exécutions sommaires Etat assisté Garantie d'équilibre
Publié dans MarocHebdo le 21 - 03 - 1998

Le Sahara marocain au centre de toutes les préoccupations
LE MAROC, SEUL GARANT DE LA PAIX AU MAGHREB
La tension dans les Provinces du Sud mobilise de plus en plus l'Occident. Les richesses de cette partie du Maghreb en sont la raison principale. Du reste, il est de plus en plus évident aux puissances étrangères que de par son instabilité même, le Polisario, soutenu par l'Algérie qui connaît une véritable guerre civile, ne pourrait jamais constituer un gouvernement digne de ce nom. Et apporter à cette région la sécurité dont elle a grandement besoin. Alors que le Maroc, lui, progresse dans la démocratie.
Les derniers développements que connaît le dossier du Sahara marocain révèlent tout un faisceau d'indices qui annoncent une évolution graduelle mais décisive de la question. Une nouvelle dynamique semble se mettre en place pour clore, au mieux des intérêts des "parties intéressées", un dossier qui menace de mettre la région à feu et à sang. D'autant que le Royaume du Maroc et le mouvement séparatiste du Polisario ne sont pas les seules "parties concernées" consacrées par les multiples rounds de négociations, sous l'égide de James Baker, à Lisbonne, Londres et surtout à Houston, du 14 au 16 septembre 1997.
L'Europe et les Etats-Unis sont bien plus concernés que l'Algérie et la Mauritanie, qui le sont de toute façon puisque de graves événements surviennent à leurs frontières.
Cette partie du Maghreb recèle de fabuleuses richesses. Le pétrole, le gaz, les phosphates, le fer et la pêche hauturière constituent des enjeux économiques sur lesquelles l'Occident voudrait garder la mainmise pour les cinquante prochaines années, à défaut de pouvoir les exploiter dans l'immédiat. Des appétits féroces laissent peu de champ d'expression à l'humanisme et à l'amitié entre les peuples.
Risques perçus
D'autre part la "stabilité politique" de la région est devenue, depuis 1991, une préoccupation brûlante pour les diplomaties occidentales, particulièrement celle de la France et de l'Espagne, anciennes puissances coloniales et, peut-être surtout, celle des Etats-Unis. Les choses se sont précipitées depuis 1997, mais depuis le début de l'année, tout le monde sent que le contrôle des événements pourrait bientôt échapper à tout contrôle. À moins que des options plus viables et surtout plus consensuelles ne soient offertes aux antagonistes maghrébins.
La guerre civile en Algérie, les tensions à sa frontière ouest et au sud du Maroc, provoquées par le pouvoir algérien incapable de mettre un terme au terrorisme, engagent les chancelleries à conserver un il extrêmement vigilant sur cette partie du monde.
Le Polisario, dont le sort définitif se joue à brève échéance, a été récemment réarmé et équipé par l'Algérie. Il provoque des incidents sous de multiples prétextes pour saboter l'opération d'identification des Sahraouis habilités à voter au référendum d'autodétermination du 7 décembre 1998. Le choix d'une recrudescence des opérations de harcèlement contre les murs de défense érigés par le Maroc, ou d'une nouvelle aventure militaire, même vouée au même échec que le cessez-le-feu signé en 1991 a consacrée, pourraient lui sembler préférables à son affaiblissement progressif sur la scène diplomatique et à son isolement croissant. Car Paris, Madrid et Washington, qui s'en tiennent officiellement à l'application du plan de paix de l'ONU, sont de moins en moins sûrs qu'un Etat, qui ne posséderait aucun des attributs de la souveraineté et qui porte le déséquilibre par sa nature même, pourrait véritablement garantir la paix dans la région. Le risque d'une combustion lente étalée sur des décennies, ou même d'une conflagration brutale dans la région, est maintenant bien perçu.
Pays artificiel
Traversé par des crises à répétition, des rivalités tribales graves, des évaluations différentes de la suite des événements et de l'attitude à adopter face au Maroc, le commandement du Polisario ne deviendra jamais un gouvernement digne de ce nom.
Un pays artificiel dirigé par une structure éclatée ne peut plus rassurer grand monde, pas même les pays qui ont témoigné de la sympathie au Polisario ou qui lui ont apporté leur appui. Il n'y a plus que l'Algérie qui fait mine d'accorder du crédit à une République sahraouie qu'elle a créée et qu'elle tient à bout de bras pour trouver un exutoire aux soubresauts qui l'agitent elle-même.
Le processus référendaire connaît de multiples ratés. Des zones d'ombre ont manifestement subsisté après Houston I et le Front Polisario a l'évidente intention de les exploiter pour mettre un terme à une évolution porteuse de tous les périls pour son avenir.
En Algérie, la guerre civile fait fureur et le pouvoir a échoué dans l'éradication du terrorisme par la seule voie sécuritaire. La population, livrée à elle-même, est de plus en plus attentive aux offres de soutien extérieur et la presse internationale se fait l'écho des réserves occidentales grandissantes sur les méthodes utilisées par l'armée algérienne, sur ses bavures, sur la responsabilité exclusive du GIA et des autres terroristes dans les massacres. Une délégation d'experts d'Interpol ''en matière de lutte antiterroriste à l'échelle internationale" a même rencontré ses homologues algériens de la police judiciaire.
Des délégations parlementaires internationales se succèdent à Alger sans parvenir à prendre contact avec les forces politiques algériennes indépendantes. Pilotées par la Sécurité algérienne, les ONG et les missions parlementaires repartent du pays sans avoir pu effectuer leur mission. Une délégation parlementaire autrichienne était à Alger le 13 mars, elle suit plusieurs délégations de parlementaires étrangers - européens, japonais et canadiens, notamment - qui ont voulu s'informer sur place de la situation.
Exécutions sommaires
L'Algérie devra tout de même s'expliquer devant la Commission des droits de l'Homme de l'ONU sur les exécutions sommaires et sur la torture. Après les rapports du Département d'Etat américain de Human Rights Watch sur les Droits de l'Homme, Amnesty a invité la commission à désigner un rapporteur spécial sur l'Algérie qui puisse se rendre dans ce
pays en compagnie d'experts de l'ONU.
La tourmente en Algérie aggrave le scepticisme occidental sur la légitimité du pouvoir et sur sa capacité à établir une stabilité satisfaisante dans une région où seuls le Maroc et la Tunisie échappent aux turbulences et à la spirale de la guerre civile.
Pire, le terrorisme algérien s'exporte en Europe. En France, en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Belgique, les réseaux sont démontés les uns après les autres, mais il en subsiste et ils ont une fâcheuse tendance à renaître de leurs cendres. Et la propension de l'Algérie à "contaminer" son voisin de l'ouest par un pseudo-terrorisme intégriste téléguidé, armé et équipé par ses services spéciaux inquiète l'Europe au plus haut point.
La visite, en Algérie, de Martin Indyk à Alger, secrétaire d'Etat adjoint américain pour le Proche Orient, a été l'occasion pour l'Amérique d'assener quelques vérités bien senties aux responsables. Et les dirigeants algériens réputés "sourcilleux" sur leur souveraineté intérieure sont en train de se faire dicter leur politique sécuritaire, politique et économique par les Etats-Unis. Martin Indyk a ''insisté'' sur le fait que &laqno;tous les Algériens qui acceptent le rejet de la violence, que ce soit les islamistes ou autres», doivent être &laqno;inclus dans le processus politique» en cours dans le pays. Les éradicateurs auront certainement apprécié.
Selon le responsable américain, le pouvoir algérien doit &laqno;continuer à prendre ses responsabilités, notamment en ce qui concerne la protection des citoyens», soulignant que son pays considère qu'il est &laqno;très important que le peuple algérien soit tenu informé sur les événements dans le pays» dans le cadre d'une &laqno;politique de transparence» à même d'éviter &laqno;qu'il n'y ait pas de doute quant aux responsabilités dans les massacres».
En langage moins diplomatique, cette déclaration est une véritable disqualification, un camouflet cinglant. Car le pouvoir est sommé de s'ouvrir vers les islamistes modérés, d'informer convenablement les citoyens sur la guerre civile et surtout de cesser d'organiser épisodiquement des massacres qu'il attribue ensuite aux "terroristes".
Etat assisté
Sur le plan économique, M. Indyk a déclaré que les Etats-Unis soutiendraient les réformes engagées &laqno;dans le cadre du FMI». Ainsi, la stratégie du pouvoir algérien a transformé le pays en Etat "protégé". Et un Etat protégé pour cause de guerre civile ne peut être le garant d'une paix quelconque.
Dans la recherche de la paix et de la stabilité au Sahara: un Etat assisté, l'Algérie, ne peut être une caution valable qui puisse donner la moindre légitimité à un mouvement hétéroclite, assisté lui même, qui ne pourra pas diriger un Etat qui n'a jamais existé.
La fragilité de l'équilibre régional est aussi, il faut le dire, aggravée par la situation intérieure et extérieure de la Mauritanie au flanc sud du Maroc. Sa sécurité est perpétuellement menacée par le Front Polisario qui campe en force à Bir Moghrein et surtout à Zouerate, tenant les mines de fer mauritaniennes en otage. La diplomatie de la Mauritanie fait un effort constant d'équilibrisme pour sauvegarder la paix. C'est à ce prix qu'est son indépendance. Ses quinze mille soldats sont loin d'être expérimentés. La Mauritanie n'a pas de tendance naturelle à l'hostilité. Dix-huit mille soldats du Polisario bivouaquent au nord et au nord-est du pays. Nouakchott pourrait tomber en deux heures aux mains de l'Algérie par Polisario interposé.
Mais il est inconcevable que le Maroc, pays souverain, puisse accepter que ses confins sud soient à la portée des coups de mains d'un ennemi basé de l'autre côté de ses frontières. Ce qui menacerait plus gravement encore la paix en Mauritanie, ce serait que le Front Polisario utilise Zouerate et ses environs pour attaquer le Maroc. Les observateurs de l'ONU veillent au grain et sauront déterminer les responsabilités. Mais ne sera-t-il pas trop tard?
Garantie d'équilibre
Le Maroc, qui a libéré ses provinces sahariennes il y a 23 ans et qui y a introduit la prospérité et la sécurité, est le seul interlocuteur valable pour la France, les Etats-Unis et l'Espagne qui montre déjà des inquiétudes sur ses intérêts à la veille de la réunion de la Commission mixte maroco-espagnole en avril 1998.
Le Maroc connaît une stabilité politique digne d'être relevée, et depuis l'avènement de l'alternance, l'adhésion populaire aux institutions offre une réelle garantie d'équilibre à la région.
Le ton change dans la presse occidentale sur la légitimité de la position marocaine. Même en Russie, les stratèges estiment que l'acheminement du pétrole algérien vers le nouveau port de Dakhla sur l'Atlantique ne pourra être assuré que par la reconnaissance internationale de la souveraineté marocaine sur tout son territoire. Quitte à ce que les populations de ses Provinces du sud bénéficient d'une régionalisation plus ample que les autres régions marocaines.
El Païs, La Stampa, Il Corriere della Sera, Le Monde, Libération, des journaux russes et allemands laissent perler le sentiment que l'arrivée au gouvernement d'un Premier ministre socialiste a largement contribué à changer la donne.
La démocratie marocaine s'enracine chaque jour un peu plus dans la réalité.
Martin Indik, qui a poursuivi sa tournée maghrébine en effectuant une visite au Maroc, le 16 mars, a eu le temps de s'en rendre compte.
Il a été reçu par Sa Majesté le Roi le 17, il a aussi rencontré le Premier ministre Abderrahmane Youssoufi et le ministre d'Etat à l'Intérieur, Driss Basri. L'ambassadeur des Etats-Unis à Rabat, Edward Gabriel, l'accompagnait ainsi que l'ambassadeur Ronald Newman, responsable du bureau d'Afrique du Nord au Département d'Etat américain. Mohamed Benaïssa, l'ambassadeur du Maroc aux USA, a assisté aux entretiens.
Le président de la chambre des conseillers, Mohamed Jalal Essaid a aussi reçu le responsable américain qui a affirmé que les Etats-Unis apprécient l'option démocratique que suit actuellement le Maroc qui &laqno;est en droit d'être à l'avant-garde des pays de la région a l'aube du 21ème siècle, de par la stabilité et la sécurité dont il jouit et de la volonté démocratique qui l'anime».
M. Indyk, qui était porteur d'un message de Bill Clinton à Sa Majesté Hassan II, a réaffirmé la position de son pays en faveur de l'application des accords de Houston. Il ne pouvait faire moins, mais puisqu'il s'agit déjà d'un Houston II, il n'est pas téméraire de penser que les Etats-Unis prendront mieux en compte les données réelles du problème.
Aussi bien Sa Majesté le Roi que le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur ont affirmé qu'il est absolument hors de question que le Maroc abdique face à des revendications illégitimes. Le Maroc considère donc que, référendum ou pas, le Sahara est marocain. Des députés les représentent au Parlement et dans les collectivités locales.