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Sonnette d'alarme Espoirs et craintes
Publié dans MarocHebdo le 15 - 02 - 2002


Nouveaux enjeux pour la couverture sociale
Sonnette d'alarme
Ce n'est pas la protection sociale qui nuit à la croissance et à l'emploi, mais peut-être son organisation et son fonctionnement. Il y a place dans ce domaine pour une réflexion en dehors de tout parti - pris idéologique.
Seddik Mouaffak
• Habib El Malki, directeur du CMC.
Le Centre Marocain de Conjoncture (CMC) tire la sonnette d'alarme concernant le système de protection sociale actuel. En organisant le 13 février 2002 à Casablanca une rencontre autour des nouveaux enjeux de la couverture sociale, les responsables du premier observatoire privé de conjoncture économique au Maroc entendent contribuer à un débat d'extrême importance: l'avenir de la protection sociale dans notre pays. Habib El Malki, directeur du CMC, en guise d'introduction à ce débat, n'a pas manqué de souligner la complexité de ce système de protection sociale qui connaît au Maroc comme dans de nombreux pays de sérieuses difficultés pour instaurer à la fois la prospérité et la cohésion sociale. Réfléchir sur la protection sociale, a-t-il rappelé, n'est pas aisé eu égard au retard accumulé durant des années dans la prise en charge du social et la défaillance des systèmes mis en place . Systèmes censés y apporter un remède. La contribution du CMC à un tel débat, a-t-il indiqué, est de susciter une réflexion globale devant aboutir à des solutions adaptées à la réalité marocaine. Selon El Malki, il n'y a pas de systèmes standards ni de recettes immédiatement applicables.
Insuffisances
Le Maroc doit aujourd'hui faire face à de grands enjeux. Un contexte où l'on attend beaucoup , sinon tout, de l'Etat: la maîtrise des équilibres, la solidarité nationale, la mise à niveau compétitive du tissu productif. Un Etat efficace mais peu cher. Des réglementations incitatrices.
Une ouverture contrôlée. Des citoyens exigeants et qui souhaitent que leurs besoins soient satisfaits rapidement. Les défis sont tels qu'ils obligent à mobiliser toutes les ressources disponibles et potentielles. Plusieurs chantiers de réformes sont engagés par le gouvernement de l'alternance pour répondre à ces problèmes. Deux objectifs fondamentaux traversent ces chantiers : la consolidation d'une économie forte et l'exigence de solidarité distributive qui redresse les inégalités.
Au Maroc comme ailleurs le problème est celui de l'évolution de systèmes complexes élaborés dans une autre conjoncture. Il faut en comprendre les insuffisances et les dérives, s'inspirer lorsque cela est utile de l'expérience des pays étrangers -mais rien n'est directement transposable-, et surtout clarifier les objectifs que les systèmes de protection sociale sont censés réaliser.
Urgence
Selon Larabi Jaidi, membre du comité scientifique du CMC et modérateur des deux panels de cette rencontre - l'un consacré aux régimes de retraite et l'autre à la couverture maladie -: "dans un contexte de crise économique,la marge de manœuvre en matière de réformes des systèmes institutionnels est étroite..
Si des aménagements sont possibles sur le plan de la gestion financière et même si l'on peut imaginer des mécanismes adéquats pour élargir la couverture dans le secteur non structuré, les contraintes auxquelles doivent faire face le Maroc sont, dans une large mesure, inhérents au faible niveau de développement et à l'atonie de la croissance qui le caractérise. D'où la nécessité de maîtriser l'articulation de la croissance et de la protection sociale".
Si la tendance générale actuelle est pour l'Etat de se recentrer sur les attributions régaliennes traditionnelles et aussi d'aborder de façon plus prudente les politiques de redistribution, de quelle marge dispose t-il, alors, pour mettre en œuvre une politique qu'il lui soit propre ? Selon les experts du CMC, "cette question ne supporte aucune réponse trop simple ou trop rapide. Ainsi, ce n'est pas la protection sociale qui nuit à la croissance et à l'emploi, mais peut être son organisation et les modalités de son fonctionnement ". Il y a place dans ce domaine, disent-ils, pour une réflexion sereine en dehors de tout parti - pris idéologique.
Les intervenants de qualité qui ont pris part à cette rencontre, occupant tous une responsabilité dans les différents secteurs de prévoyance sociale (CMR, CNSS, CDG, FMSAR, ALWATANIYA, Agence de Développement Social,, Direction des Assurances et de la Prévoyance Sociale du Ministère des Finances , etc) ont passé en revue aussi bien les tendances lourdes qui vont marquer la configuration future du système national de protection sociale que les voies et mécanismes des réformes engagées actuellement par le Maroc.
Concernant les systèmes de retraite, différents intervenants ont souligné l'urgence des réformes, car ces régimes connaîtront top ou tard des problèmes de financement liés, notamment, aux facteurs démographique et économique qui continuent à influer sur ces systèmes. Sur le plan démographique, ont –ils expliqué, la principale menace des régimes légaux est le vieillissement de la population.
Pour ce qui est de la sécurité sociale, la viabilité à long terme de ce système, estiment-ils, doit tenir compte de l'évolution et de la composition de la population protégée, de la nature des risques assurés et du degré de solidarité que le régime se propose d'atteindre.
Espoirs et craintes
Pour que l'assurance maladie obligatoire (AMO) ne devienne pas un "autre mirage organisé", le projet de loi instituant l'AMO , en gestation depuis près de dix ans, doit plus que jamais voir le jour. La perspective de mise en application de ce régime d'assurance maladie obligatoire fait naître non seulement des espoirs mais suscite aussi des craintes. Espoirs d'étendre la couverture des dépenses de santé à de larges fractions de la société qui en sont dépourvues et de contribuer au développement du progrès social.
Craintes d'enfanter un monstre dévoreur de ressources. Toute la difficulté, alors, est de mettre d'accord les différents protagonistes sur le système de financement des soins de santé à long terme le plus adéquat. Alors que certains, comme les assureurs, préconisent de s'attaquer d'abord aux gros risques, d'autres, comme les professionnels de la santé, estiment que, gros risques ou pas, la prise en charge des soins de santé ne peut être que collective et solidaire.
Quant à l'Etat, il doit tout faire pour concilier entre la nécessaire généralisation de la couverture sanitaire et la contrainte d'un mécanisme de financement qui ne soit pas trop budgétivore.
S.M.