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L'homme qui en sait trop
Publié dans MarocHebdo le 10 - 05 - 2002

Extradé en France par les Etats-Unis, le faux prince marocain se met à table. Des révélations explosives.
L'histoire remonte au 15 août 1999, Hicham Mandari, était arrêté en Floride pour être impliqué dans un gigantesque réseau de falsification de monnaie. La justice française, qui instruisait l'affaire depuis juin 1998, s'était tout de suite intéressée au rôle de ce professionnel de la magouille.
Enquête de
• Hicham Mandari
Hicham Mandari n'aura pas eu le loisir de goûter au charme discret de Paris. À son débarquement de Miami, le samedi 4 mai 2002, le faussaire marocain a été conduit sous bonne escorte policière à la maison d'arrêt de la prison de la Santé.
Déstabilisation du Royaume de Bahreïn, accointances avec les services secrets algériens, organigramme du Palais proposé au plus offrant des services américains, barbouzeries sur commande pour plusieurs chefs d'Etats Africains, les documents confidentiels des autorités américaines et françaises, révèlent la véritable dimension de l'affaire Mandari.
Mandari qui, en fin de parcours, se retrouve derrière les barreaux de l'Hexagone, après deux ans et demi à l'ombre en Floride, pour une banale affaire de faux billets. Banale mais pas simple du tout. On est presque déçu. L'histoire des faux billets a fini par rattraper le personnage qui avait vainement tenté de se convertir en exilé politique, avec sa femme Hayat et sa fille Rachida, au pays de l'oncle Sam.
Extradé des Etats-Unis vers la France, Mandari est poursuivi par un mandat d'arrêt international pour "transport, mise en circulation et détention de signes monétaires contrefaits ou falsifiés ".
Plainte
William Bourdon, son avocat français, a indiqué que son client avait accepté son extradition en raison de l'assurance donnée par les Français aux autorités américaines qu'il ne serait pas livré au Maroc. Au bout du fil, Maître Bourdon nous a confirmé que les autorités marocaines n'ont pas fait état d'une demande d'extradition. Pour l'avocat, ex-secrétaire général de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH): "il s'agit d'une affaire strictement française, elle ne concerne ni de près ni de loin le Maroc. Mon client a définitivement tourné la page marocaine. Il entame son procès avec sérénité et confiance. Il va plaider sa bonne foi quant à la véracité des devises objets de poursuites judiciaires" . Pourtant, c'est bien le même maître Bourdon qui, il y a deux ans, "craignant pour la vie de son client" avait préparé une plainte pour le protéger.
• William Bourdon
La plainte préparée en collaboration avec les avocats américains de Hicham Mandari, accusait de hautes personnalités américaines, françaises et Marocaines d'avoir "conspiré pour créer de faux chefs d'accusation" contre lui. Elle avait été déposée devant la Cour du Southern District de l'Etat de Floride, le vendredi 25 février 2000, et immédiatement assignée au juge Lawrence King sous le numéro 00-0718.
Concernant cette affaire, Rabat s'est mise pour sa part aux abonnés absents. Celui qui se faisait passer pour le "conseiller spécial" de Hassan II ne fait plus semble-t-il partie des préoccupations les plus immédiates du palais.
Falsification
Même son de cloche au niveau du ministère français de la Justice. Le garde des sceaux assure que "Mandari n'est pas extradable parce que nous avons pris l'engagement auprès des Américains qu'il ne serait pas extradé vers le Maroc ".
Les Américains qui ont lâché Mandari n'ont finalement fait que répondre à la demande d'extradition formulée le 10 novembre 1999 par Daniel Magdeleine, premier Substitut du Procureur de la République Française du tribunal de grande instance de Paris.
• Hicham Mandari.
Mandari est recherché pour "les crimes de transport, mise en circulation et détention de signes monétaires contrefaits ou falsifiés, avec la circonstance que chacune des infractions précitées a été commise en bande organisée, faits prévus et réprimés par l'article 442-2, alinéa 1 et 2 du Code Pénal ".
La décision avait été prise avec l'accord de Madame Xavière Simeoni, juge d'instruction au Tribunal de Grande Instance de Paris, dans un souci de clarté et de simplification afin de tenir compte, d'une part, des observations contenues dans la note en date du 13 octobre 1999, des autorités judiciaires américaines et, d'autre part, des particularités et des exigences des deux systèmes judiciaires respectifs.
Une procédure conforme au mandat d'arrêt international du 6 août 1999, qui vise expressément l'article 442-2 du code Pénal sur le transport, la mise en circulation et la détention de billets de banque contrefaits ou falsifiés, faits commis en bande organisée.
Un mandat d'arrêt qui précise au détail près d'ailleurs tous les éléments d'accusation sur lesquels la demande d'extradition est fondée.
L'histoire remonte au 15 août 1999, date à laquelle Hicham Mandari, était arrêté en Floride pour être impliqué dans un gigantesque réseau de falsification de monnaie. La justice française, qui instruisait l'affaire depuis juin 1998, s'était tout de suite intéressée au rôle de ce professionnel de la magouille dans cette escroquerie et avait immédiatement requis sa personne. Mandari est notamment accusé d'avoir largement mis la main à la pâte pour écouler un nombre incalculable de faux billets dans certains pays d'Europe et au Moyen-Orient.
Le pot aux roses avait été découvert lorsque les autorités monétaires bahreïnies s'étaient aperçues, en juin 1998, de la circulation à grande échelle de faux billets de banque en coupures de 20 dinars au Bahreïn même, et dans bien d'autres pays. Certaines de ces coupures avaient été détectées par des banques belges. Une tentative de dépôt avait également été effectuée dans quelques banques parisiennes.
Le témoin clé dans cette affaire est un certain Eliott Laurent Levy.
Pressé par les services américains et français de se mettre à table, Levy ne va pas hésiter à donner des détails qui vont permettre de confondre définitivement Mandari. Fondé de pouvoir de la Société de Fonds Français et Etrangers (SFFE), Eliott Laurent Levy précise que Hicham Mandari l'a contacté le 28 mai 1998 pour effectuer un change portant sur 11.960 dinars de Bahreïn en coupures de 20 dinars (1 Dinar équivaut à 30 dirhams marocains)
Coupures
Après avoir obtenu l'accord de la Compagnie Parisienne de Réescompte (CPR), l'opération avait été conclue. Un convoyeur avait pris livraison des dinars de Bahreïn que détenait Mandari, lequel avait reçu en contrepartie la somme de 155.480 francs.
Le lendemain, Hicham Mandari s'est adressé à nouveau à Levy pour un change portant sur la somme de 1.499.980 dinars de Bahreïn toujours en coupures de 20 dinars. Cette somme qui ne forme pas un chiffre rond s'explique par le fait qu'il manquait une coupure de 20 dinars qui avait été remise en complément par la suite.
Levy, qui semble vouer une tendresse particulière à Mandari, s'était présenté avec lui dans les locaux de la CPR. Les opérations de vérification et de comptage des dinars avaient duré plusieurs heures.
Un paiement partiel de 3.500.000 francs français et 100.000 dollars avait été fait le jour même (soit le 29 mai 1998), le solde devant être versé le 2 juin 1998.
Ponctuel, Hicham Mandari s'est présenté à cette date avec le fameux Levy à la CPR pour empocher 200.000 livres sterling, 2.000.000 de dollars et 2.601.000 de francs français.
C'est le coup d'envoi pour un trafic qui porte sur un montant de 140 millions de dinars, quelques 370 millions de dollars US. Autant de milliards de centimes.
Une affaire qui avait d'ailleurs failli bouleverser le système monétaire du Bahreïn. À telle enseigne que la banque centrale de Bahreïn avait mis fin à la circulation des billets de vingt dinars. Plusieurs tonnes de faux billets de 20 dinars bahreïnis avaient été imprimés en Argentine. On note d'ailleurs que le montant total des faux billets de 20 dinars diffusés dans plusieurs pays (140.000.000 de dinars du Bahreïn en coupures de 20 dinars) était supérieur à toute la masse monétaire du pays (120.000.000 de dinars).
Appuis
C'est Hicham Mandari lui-même qui confirme la thèse aux policiers français. L'escroc international qui voulait protéger ses arrières a téléphoné de Floride au commandant de police, Jean-Louis Perrier le 28 mai 1999. Au cours de cette communication téléphonique retranscrite par Monsieur Perrier, Mandari fournit des détails sur la conception de cette opération frauduleuse, une véritable machination destinée à déstabiliser l'Emirat de Bahreïn, sur la fabrication des faux billets en Argentine et leur expédition au Niger et au Tchad et sur son propre rôle à Paris.
Mandari met nommément en cause les exécutants et en particulier Richard Mwamba et désigne des commanditaires qui seraient des chefs d'Etat Africains, des ministres et des membres de la famille royale du Bahreïn.
Dans son rapport, le commandant Perrier qui est un officier de police judiciaire agissant dans le cadre de l'exécution d'une commission rogatoire délivrée le 29 juin 1998 par Madame Xavière Simeoni consigne la conversation téléphonique de Hicham Mandari, par les détails qu'il donne aux policiers, confirme "le rôle important qui est le sien et inscrit son action dans le cadre d'une bande organisée qui dispose de moyens logistiques et financiers très importants qui sont totalement incompatibles avec l'action d'un homme seul ou de petits et moyens délinquants ".
C'est lui que l'on va retrouver à toutes les étapes de la fabrication de la fausse monnaie. C'est lui qui a été chargé de trouver l'imprimerie pour la fabrication des faux billets. La Ciccone Caligraphicasise, à Buenos Aires en Argentine, était tout indiquée. Il met sur place le contrat délictueux avec l'aide d'un Saoudien, du nom de Mohamed Ben Saâd Al Ajmi, qui se fait passer pour le chef de cabinet du directeur de l'agence monétaire bahreïnie (BMA). Ce dernier est muni d'un contrat officiel délivré par les autorités bahreïnies pour la production de la somme de 140 millions de dinars, en coupures de 20 dinars. Les autorités de Bahreïn diront plus tard que ce document est un faux et que le soi-disant directeur de cabinet de la BMA n'est qu'un escroc.
Largesses
La commande sera livrée par la Ciccone en trois temps. L'exceptionnelle qualité et la quantité des billets contrefaits fabriqués avec du papier livré par la société française Ario Wiggins (7,8 tonnes de papier) portant le filigrane officiel de l'Emirat du Bahreïn, imprimé en Argentine par la Société Ciccone démontrent que Mandari travaille pour le compte d'une véritable organisation mafieuse qui a les tentacules particulièrement longs.
L'audition par les enquêteurs d'Interpol de Al Bassam Khalid, le véritable directeur général de l'Agence Monétaire du Bahreïn, et de Madame Bernadette M. Doyle, responsable du département juridique de l'Agence Monétaire du Bahreïn, confirme l'ampleur de l'opération réalisée par une organisation puissante dans laquelle Hicham Mandari a tenu un rôle important. Les conclusions de la police judiciaire française sont claires "Hicham Mandari n'est pas un exécutant subalterne ni un simple porteur de valise ".
Hicham Mandari et un certain Jean-Pierre Saah qui ont été chargés de mettre en circulation la fausse monnaie, par des opérations de change, auprès d'organismes officiels particulièrement prudents ont des appuis très influents non seulement dans les cercles du pouvoir en Afrique ou au Moyen-Orient mais également en Europe. On trouve un peu de tout dans ce gang bien particulier. De grosses huiles comme le conseiller spécial du président tchadien Idriss Déby, Hassan Faddoul Kittir qui avait été mis en examen à Paris, il y a quelques mois de cela.
Visé par un mandat d'arrêt international, Faddoul Kittir était venu volontairement en France pour rencontrer la juge Colette Bismuth-Sauron. Celle-ci l'a laissé libre de ses mouvements après le versement d'une caution de 100.000 FF (15.244 EUR). L'ex-conseiller du président tchadien Idriss Deby, n'a pas hésité à mouiller son patron dans cette opération.
Dans le lot également, un pilote belge, un Congolais, un Sud Africain et plusieurs Français ont été mis en examen dans cette affaire. Outre, la liste des suspects, qui ont été convoqués par les autorités françaises depuis juin 1998, bon nombre de chancelleries sont au cœur de cet imbroglio financier. Un Congolais du nom de Jean-Pierre Kimbangala, qui se dit conseiller de la famille royale Saoudienne, un certain Claude Sokolovitch et son fils Marc, ainsi que trois ressortissants français, Jean-Pierre Charriou, Jacques Milliet et Jocelyne Lagalice-Gromenil.
Mandari avait fait la connaissance à Dubaï de trois étrangers, deux Camerounais, Aboukar Karim et Kepden Richard et d'un ressortissant émirati, du nom de Jamal Nasser Errakhimi. On retrouve également Richard Nozy Mwamba, le président de la Fédération de football du Congo-Kinshasa.
Entourage
À l'époque, le quotidien français Le Figaro avait rapporté une déclaration de Richard Mwamba, en janvier 2000, accréditant la thèse de l'authenticité des billets. À ses yeux, l'affaire aurait dérapé suite à la "dispute entre princes saoudiens et bahreïnis". Un témoignage d'un autre complice lie cette l'affaire des billets à "une dette que des intermédiaires français, deux ministres et un responsable du parti socialiste avaient perçu dans le cadre d'une opération codée "Joséphine-Patrick ".
Le journal de l'Hexagone rappelait également des propos de Hicham Mandari mettant en cause "deux membres de la famille royale de Bahreïn et un directeur de la Banque centrale du même pays".
La thèse selon laquelle Mandari jouait le proxénète pour de nombreuses personnalités, qu'il était le protégé de grosses pointures telles que l'ex-patron de la garde royale Mohamed Médiouri, qu'il pouvait au passage jouer les barbouzes pour les services spéciaux marocains se précise. Agent double au besoin, selon un rapport des services français, Hicham Mandari a également vendu de précieuses informations concernant notamment le dossier du Sahara aux services secrets algériens.
À la junte d'Alger, il a livré des renseignements au sujet des relations franco-marocaines, notamment entre la DGED et la DGSE, les deux "services extérieurs", ainsi que "le noyautage par Rabat des instances Sahraouies en Espagne ".
Coulisses
De Miami, ville mythique de Floride à la cellule pour deux de la prison de la Santé, la cavale de Mandari aura duré moins de trois ans. Il faut bien reconnaître que tous les ingrédients sont réunis dans son histoire pour tenir l'observateur en haleine. Tout est démesuré dans l'itinéraire de Hicham Mandari.
L'escroc à la petite taille, au ventre bedonnant aura du mal à oublier la compagnie de la jet set internationale. Les cercles du pouvoir où il avait l'habitude de gruger ses clients lui manquent certainement.
Le "conseiller spécial" du palais royal qui ne figure dans aucun document officiel, avait la folie des grandeurs.
Ses pourboires de nabab, souvent en monnaie de singe, cela va sans dire, lui ouvraient forcément des portes même si ses largesses suspectes en intriguaient plus d'un. La preuve par le faux. À Rabat ou à Casablanca, Hicham ne sort qu'encadré par une escouade de gardes du corps et ne circule que dans des voitures de luxe.
Le gotha rbati se souvient bien du play-boy bien particulier qui cultivait la discrétion et la méfiance à l'extrême.
Il était un client régulier de l'hôtel Ritz à Paris, où il sévissait dans les coulisses de ses suites royales depuis 1992.
Le proxénétisme, c'était également son truc. La gestion de tout un réseau international de prostituées de luxe qu'il "exportait" vers la France et certains pays du Golfe contre des sommes faramineuses, ça le connaît, car il a de qui tenir. Son père, Mohamed Mandari, est installé depuis les années soixante, à Dubaï, aux Emirats Arabes Unis, où il est le tenancier direct d'une série d'hôtels douteux. Le père de l'escroc est un récidiviste. Après sa dernière arrestation en date en janvier 1999, il n'a été libéré qu'après s'être acquitté d'une solide caution.
Tour à tour, au gré des interlocuteurs, Hicham Mandari est homme d'affaires, financier, agent secret, conseiller royal, voire prince. Il se dit saoudien ou parfois libanais. Il revendique aussi des filiations avec les émirs du golfe et proclame avec assurance qu'il est un des meilleurs amis de nombreux chefs d'état. Il a compris mieux que quiconque les profits que l'on peut tirer de la crédulité humaine. Plus c'est gros, plus ça marche.
Dans son style, c'est un personnage de roman. Et sans doute le futur héros d'un navet à l'eau de rose. Tel est Hicham Mandari. Sa fortune, selon le FBI, se chiffrerait à "plusieurs millions de dollars" en plus d'une dizaine d'entreprises partout en Europe.
L'affaire Mandari dépasse de loin un simple trafic de monnaie. Son lien avec le monde des barbouzes intrique autant qu'elle écœure.