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Le père, le fils et Casablanca Le convoi de la vérité
Publié dans MarocHebdo le 25 - 10 - 2002


Jacob Banon, la marocanité au corps
Le père, le fils et Casablanca
• Jacob Banon saluant feu SM Hassan II .
• Jacob Banon.
On est toujours quelque part le fils de son père. Gabriel Banon, que le Président palestinien Yasser Arafat avait nommé conseiller économique après la signature des accords d'Oslo en septembre 1993, est porteur d'un héritage paternel dans le sein de son parcours personnel.
Jacob Banon, né au début du siècle à Casablanca, était une figure connue pas seulement de la communauté juive marocaine mais aussi des personnalités les plus marquantes du monde économique et politique. Il est de ceux qui ont su faire la jonction entre l'attachement à la culture judéo-marocaine et l'implication dans le devenir du pays: le leur, le Maroc.
Formation
Juriste de formation, il a été durant de nombreuses années le collaborateur de maître, Meylan avocat au barreau de Casablanca, avant de créer son propre cabinet spécialisé dans les opérations immobilières et la gestion de biens. C'est ainsi qu'il géra le patrimoine de familles marocaines telles que les Benjdia, Kabir, Sebti etc. Grand arabisant, il était très connu pour son érudition et son amour de la musique arabe classique (andalouse). Il fut très proche de feu Sa Majesté Mohammed V avec qui il partageait son amour pour la musique arabe. À l'indépendance, il milita dans les rangs du PDI de l'époque avec les Boutaleb, Ben Souda, entre autres. Ce dernier a été son ami intime jusqu'à la fin de sa vie
Fontaine
Lors des premières élections communales au Maroc, Jacob Banon a été élu en 1962 au conseil municipal de Casablanca. Il y marqua son passage par la fontaine musicale et lumineuse de la place Mohammed V (ancienne place administrative) dont il porta le projet.
Il fut le président de la communauté juive de Casablanca pendant de longues années. Entre autres actions qu'il mena à la tête de cette communauté on retiendra la création, la réalisation et l'organisation du home des vieux, véritable havre de paix pour les personnes âgées et souvent isolées et sans moyens. La communauté de Casablanca s'honorerait en donnant son nom à cet établissement.
Il a transmis à son fils Gabriel l'amour du monde arabe. Ce dernier, proche de Arafat et de son entourage immédiat, sillonnera le monde pour porter aux décideurs le message de la cause palestinienne. Gabriel Banon, comme par fidélité filiale, ne cessera de mettre sa plume au service de cette cause sur les colonnes de Maroc Hebdo en particulier: analyse de la situation faite au peuple palestinien et dénonciation de la politique d'Ariel Sharon et de ses prédécesseurs.
Feu Sa Majesté Hassan II honorera Jacob Banon du Ouissam Alaouite.
A sa retraite, Jecob Banon partageait son temps entre sa villa de Marbella en Espagne et Casablanca.
Il s'éteint à Marbella le 15 juin 1983, mais, la veille de sa mort, il fit promettre à son fils de ramener sa dépouille à Casablanca, car il tenait à être enterré en terre marocaine.
C'est ainsi que, quelques jours après, personnalités musulmanes et juives, Marocains connus et inconnus ont rendu un hommage appuyé à Jacob Banon en l'accompagnant à sa dernière demeure, le cimetière juif de Casablanca.
Ainsi vécut Jacob Banon. Ainsi vit Gabriel Banon. Entre les deux, un facteur de continuité: la marocanité chevillée au corps.
Commémoration du 37ème anniversaire de l'assassinat de Mehdi Ben Barka
Le convoi de la vérité
Après Tazmamart, en 2000, et Kelaât M'gouna, en 2002, la caravane des défenseurs des droits de l'homme, regroupant plusieurs associations actives dans ce domaine, prend la route de l'Hexagone pour célébrer, à Paris, le 37ème anniversaire de la disparition de feu Mehdi Ben Barka perpétrée le 29 octobre 1965 devant la brasserie parisienne "Lipp".
L'organisation de la caravane, baptisée au nom du leader socialiste marocain assassiné, est initiée par le symposium national constitué pour la défense des violations des droits de l'homme et qui rassemble l'Association marocaine des droits de l'homme et le Forum Vérité et justice. La caravane verra aussi la participation de la famille et des proches de Mehdi Ben Barka, regroupés au sein du collectif "Mémoires vivantes", ainsi que les familles des disparus marocains, des journalistes et quelques membres de la société civile. D'autres associations nationales et internationales dont la Fédération internationale des droits de l'homme apporteront leur soutien à la manifestation. La caravane, qui partira de Casablanca le 25 octobre, demandera la levée du secret qui marque le dossier de la disparition de Ben Barka depuis 37 ans par les Etats impliqués dans cette disparition historique. "Le dossier des disparitions forcées au Maroc est toujours ouvert. L'avancée dans le dossier Ben Barka donnera certainement un autre élan au traitement des autres affaires qui restent toujours en suspens au Maroc. Cette initiative vise aussi la relance et l'application des recommandations du premier colloque national pour la vérité qui a appelé à la constitution d'une commission nationale pour la vérité", soulignent les organisateurs.
À Paris, en plus du sit-in qui aura lieu le 29 octobre à 18 h devant la brasserie"Lipp", les organisateurs prévoient l'organisation d'une table ronde autour de la disparition de Mehdi Ben Barka et des disparitions forcées et les violations des droits de l'homme.
D'autres rencontres auront aussi lieu, cette fois-ci entre les organisateurs de la Caravane et des responsables français, ainsi qu'avec des membres de la société civile française.
Le même jour, le 29 octobre, un autre sit-in aura lieu devant le Parlement marocain à Rabat pour pousser les responsables marocains à donner des réponses claires à des questions qui traînent depuis bientôt quatre décennies.
Vérité
Qui a tué Mehdi Ben Barka ? Où se trouve le corps de l'ancien opposant marocain? Quel est le degré de véracité des révélations d'Ahmed Boukhari, ancien agent des services secrets marocains et désormais principal témoin dans l'affaire de l'assassinat de Mehdi Ben Barka? À l'avènement du règne du Roi Mohammed VI, la famille Ben Barka a été honorée en regagnant le Maroc le 27 novembre 1999, après trente-six ans d'exil en France. Ce retour avait laissé espérer la levée du secret sur l'assassinat de feu Ben Barka, mais, depuis, peu d'actions ont été initiées dans ce sens. Le nouveau règne s'est certes ouvert aux exigences de la démocratie, en permettant plus de liberté d'expression, mais "le résultat reste en deçà des attentes". Résultats? Une commission d'indemnisation des anciens prisonniers et de leurs familles, la liberté d'action, parfois conditionnée, de la société civile qui se bat pour éclairer les multiples disparitions forcées et pour défendre les droits de l'homme au Maroc.
Des signes salvateurs qui laissent augurer d'une ère nouvelle, d'un monde plus libre, en rupture avec un passé récent, à condition de les mener à termes. "Pendant trente-six ans, la trace de l' "affaire Ben Barka" s'est perdue au fil des pistes, parfois extravagantes, qui ont éloigné de la vérité plutôt que d'y conduire… (Désormais) rien ne sera possible, au Maroc, sans volonté politique et, en fait, sans une décision du Roi.", souligne Bachir Ben Barka.
M.H.