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Citoyens de pleins droits
Publié dans MarocHebdo le 06 - 09 - 2003

Plaidoyer pour l'actualisation des institutions juives démocratiques
Le Conseil des Communautés juives du Maroc, datant du Protectorat, visait à diviser la société marocaine, est définitivement caduc. N'est-il pas temps de revoir les institutions israélites, dépassées depuis plus de quarante ans? Ne doit-on pas respecter les droits et les devoirs du citoyen juif marocain dans sa vie civile et politique?
Robert Assaraf*
• S.M le Roi avec des membres de la communauté juive après les attentats du 16 mai.
Les Institutions «communautaires» d'autrefois, avec des comités et un Conseil créés par le Protectorat, les uns en 1918 et l'autre en 1945, pour diviser la Société Nationale, sont, aujourd'hui, dépassées et caduques. Les citoyens juifs n'ont besoin que d'institutions à caractère religieux… sans plus, le Maroc étant un pays constitutionnel et tolérant.
Il est invraisemblable qu'un séjour de 24 heures au Maroc du nouveau Richon-Le-Tsion, Grand Rabbin des Sépharades en Israël –mais aussi dans le Monde, qu'un athée le veuille ou non-, né à Casablanca, soit contesté.
Le plus grand des rabbins dans le monde sépharade a tenu à venir au Maroc, -pays de ses racines-, pour bénir Sa Majesté le Roi, Son Altesse Royale le Prince Moulay Rachid, la Famille Royale et le Peuple marocain pour marquer son attachement à son pays de naissance et sa fidélité à son Roi.
Comité
La réaction à cette audience privée et familiale nécessite, aujourd'hui, de rappeler que les prétentions à la seule représentation du «Judaïsme» marocain par des institutions caduques, devient intolérable.
Comme nous l'avons expliqué par ailleurs, la Kéhila (la communauté religieuse) a toujours existé dans l'histoire des Juifs du Maroc.
Chaque Kéhila des dhimmis alors avait à sa tête –dans les villes ou villages- un Naguib, nommé par le Makhzen. Aux côtés du Naguib, les autorités locales utilisaient un Cheikh El Yahoud, pour assurer l'ordre sécuritaire parmi une Kéhila isolée.
Aux côtés de ces deux responsables, représentant le Makhzen, existait un «Comité», représentant les riches et les Rabbins-Erudits pour gérer les affaires de la Kéhila: veiller à la répartition de l'impôt, gérer les biens, les œuvres de bienfaisance à caractère religieux, les affaires du culte et d'«une façon générale, les problèmes de la vie quotidienne de la Kéhila», (voir mon livre Mohammed V et les Juifs– 1997).
Le Comité avait, donc, un rôle réglementaire. Rappelons-le, une fois encore, il édictait, les Takanot (décisions judiciaires), un système apporté d'Espagne par les mégourashim (les expulsés en 1492) et, grâce aux Erudits, pour désigner les Rabbins-Dayanim (juges).
Le Résident Général du Protectorat français, dès 1918, faisait promulguer deux Dahirs pour soumettre les Comités à un rôle très strict: sans personnalité morale, mais des attributions limitées à la bienfaisance et aux affaires du culte. Déjà, le président devait être élu (et non désigné comme aujourd'hui) et le budget soumis à l'approbation et au contrôle du Pacha de l'époque.
Election
Pour diviser la société nationale, -opération moins grave, il est vrai, que le Dahir berbère du 16 mai 1930– la Résidence, dès le 23 juin 1919, créait un poste d'Inspecteur des Institutions Israélites du Maroc, responsable de la tutelle des communautés juives (Kéhilot).
Comme nous l'avons précisé dans notre livre (déjà cité), au lendemain de la Grande Guerre Mondiale, la Résidence Vichyste s'intéressa, à nouveau, à la communauté juive. Elle décida, en effet, une réforme limitée par le Dahir du 7 mai 1945 –sur la base duquel persistent à exister et à vivre les institutions juives actuelles– qui donne aux Comités le rôle d'émettre des avis communautés. Et, au lieu de la simple désignation, de créer des élections censitaires indirectes, pour abandonner la fonction de bienfaisance et de gestion du culte comme uniques compétences (la seule, aujourd'hui, acceptable!..)
Cela allait permettre aux nouveaux riches de l'économie de guerre, comme nous l'avons expliqué, d'assurer leurs ambitions quasi-politiques, avec un Conseil des Communautés qui se dit représentatif de l'ensemble de la Communauté du Maroc, avec l'installation d'un Secrétaire Général, devenu un véritable agent de la Résidence Générale. Celle-ci, dès 1945, ira plus loin dans la division de la société nationale, en nommant des membres du Conseil des Communautés juives, au Conseil du Gouvernement, aux côtés d'un groupe musulman…
Le Conseil des Communautés, né du Dahir du 7 mai 1945, est donc définitivement caduc aujourd'hui. Car le Royaume du Maroc est indépendant (1956) et constitutionnel (1962). Ne doit-on pas revoir les institutions israélites, dépassées depuis plus de quarante ans? Ne doit-on pas respecter les droits et les devoirs du citoyen juif marocain dans sa vie civile et politique?
Conscience
Au-delà des institutions conformes à la Constitution nationale qui s'imposent en représentant tous les citoyens du Pays, la Kéhila (communauté juive) doit s'organiser sur le plan du culte, essentiellement; et, aussi, sur le plan de la culture, de l'éducation et de la bienfaisance religieuses. Les tribunaux des rabbins-juges doivent êtres formés selon la tradition juive pour assurer, outre le contrôle de la Cacheroute, les jugements dans le cadre du droit des personnes. Pour tout le reste, nous l'avons répété, des associations du dahir de 1958, peuvent couvrir les autres domaines.
Le peuple marocain a dénoncé, après le drame du 16 mai 2003, les lacunes de l'organisation de sa société dans sa diversité. Le Peuple a crié ne touche pas à mon Pays. La conscience est en éveil. Les juifs du Maroc doivent s'en tenir à leurs droits religieux localement, sans une prétention de représentation extérieure. Reste l'actualisation de l'organisation du judaïsme au Maroc dans son domaine pratique, à savoir strictement religieux. Il faut pour cela réadapter les institutions, caduques et dépassées, aux réalités des droits et des devoirs constitutionnels de leur pays, en éveil, dans sa générosité et sa tolérance.
*Président du Centre de Recherche
Sur les Juifs du Maroc