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Résister et réformer
Publié dans MarocHebdo le 10 - 10 - 2008


•Le gouvernement Abbas El Fassi, un an après
La majorité gouvernementale peut-elle perdurer jusqu'à la fin de la présente législature, en 2012? Vu ses performanes économiques dans une conjoncture internationale des plus difficiles, l'on serait tenté de répondre par l'affirmative.
Evoquant un jour le sort du chef du gouvernement, le Général De Gaulle avait eu cette formule: «Le Premier ministre doit durer et endurer». Qu'en est-il au Maroc? Pour ce qui est de la longévité, malgré les Cassandre hebdomadaires ou quotidiennes, ce fait se dégage de la pratique institutionnelle depuis pratiquement trois décennies: le Premier ministre "tient" généralement une législature. C'est encore plus vrai lors des dernières mandatures parlementaires (1997, 2002, 2007). Et les campagnes de presse récurrentes contre Abbas El Fassi et son maintien ne sont que l'écume des jours relevant du compte pertes et profits.
Nommé par SM le Roi, le 15 octobre 2007, il a mis sur pied un cabinet constitué par quatre composantes: PI, RNI, USFP et PPS- le MP, qui était dans la majorité depuis 1998, n'a pas été reconduit. Cette majorité reste disciplinée et solidaire même si la mauvaise humeur et les états d'âme ne manquent pas en telle ou telle circonstance, par exemple dans les rangs du groupe parlementaire USFP lors de la discussion budgétaire en novembre 2007. Cette majorité va-t-elle perdurer jusqu'à la fin de la présente législature en 2012?
Sortie
Sur le papier, la réponse affirmative paraît s'imposer. Mais rien n'est garanti du fait de la situation actuelle de l'USFP, confrontée à une crise à l'occasion de son VIIIème congrès, dont la "deuxième phase" est programmée pour les 7, 8 et 9 novembre 2008. Les tenants d'une sortie du gouvernement pour redynamiser et remobiliser ce parti autour d'un nouveau référentiel de gauche seront-ils suivis lors de ces assises? En tout cas, comme pour anticiper éventuellement cette situation, le nouveau groupe PAM-RNI, fort de 75 membres, permet de compenser en termes arithmétiques les conséquences de ce cas de figure. Abbas El Fassi a tenu au cours de cette première année à faire montre d'un esprit de dialogue et d'ouverture. Si cette posture a été confortée, c'est parce qu'il a voulu mettre en exergue qu'il n'était pas moins "libéral" que son prédécesseur technocrate Driss Jettou. D'où des contacts suivis et des réunions avec les dirigeants des formations de la majorité -telle celle du 6 juin 2008. Le souci qui prévaut à cet égard regarde tant l'évaluation des travaux du Parlement et les initiatives prises par les groupes de la majorité que le renforcement de la coordination.
Fondamentaux
Mais il a eu également d'autres réunions avec des partis d'opposition, notamment à la fin juin, avec le PJD, le MP, l'UC, le MDS, le FFD, le PSU et le PT. S'il n'a pas été vraiment soumis à rude preuve dans le champ politique, tel n'a pas été le cas dans la mise en œuvre de l'action économique. Une année difficile que 2008! L'addition est connue: facture pétrolière, envol des prix des matières premières, doublement des subventions de la Caisse de compensation, coût du dialogue social, inflation prévue de 3,9% pour 2008. Le gouvernement reste vigilant et se veut réactif face à la conjoncture internationale actuelle, marquée par tant d'incertitudes et d'hypothèques.
Le gouvernement, par la voix des ministres en charge de l'Economie, Salaheddine Mezouar et Nizar Baraka, met en valeur les capacités de résistance de l'outil de production nationale. Il souligne ainsi que le montant des investissements agréés par la commission présidée par le Premier ministre atteint 16,1 milliards de dirhams pour 23 projets; que le taux d'investissement s'est élevé à 32% en 2008 avec une formation brute de capital fixe (FBCF) de 12%; que la demande intérieure soutient la croissance; que le trend baissier de la Bourse ne traduit point l'état des fondamentaux de l'économe; et que les effets de la crise financière actuelle auront peu d'incidence si ce n'est une hausse des taux d'intérêt, inévitable à terme malgré les recommandations de la banque centrale.
Au total, l'économie nationale a des ressources et la croissance pour 2008 sera de 6,8% comme l'avait d'ailleurs prévu la loi de finances. Pour autant, des conséquences ne peuvent être totalement évacuées si cette crise financière perdurait et s'aggravait même si le marché national reste relativement protégé pour l'instant du fait qu'il est peu intégré aux marchés financiers internationaux. Les conjoncturistes citent ainsi la contraction des exportations et de secteurs comme l'agroalimentaire, le textile ou les IMME, sans oublier les recettes touristiques et les transferts des MRE.
Progrès
L'évaluation que fait le FMI des résultats économiques du Maroc est un encouragement pour le gouvernement à continuer les réformes et à promouvoir les politiques sectorielles. Dans son rapport, publié le 16 août, cette institution financière souligne que l'économie du Maroc est «plus diversifiée, ses finances publiques plus solides et le secteur financier sain»; de quoi placer le Royaume «en position favorable pour poursuivre ses progrès en dépit d'une conjoncture économique et financière mondiale défavorable».
Abbas El Fassi recevant les syndicats dans le cadre du dialogue social.
Dans cette même ligne, The Financial Times, dans son édition du 2 octobre 2008 relève que «la bonne performance de l'économie marocaine est à mettre à l'actif de la croissance des revenus en dehors du secteur agricole» et que le déficit sera contenu à hauteur de 3%. De quoi stimuler la politique du gouvernement pour 2009, au moment où le projet de loi de finances fait l'objet des ultimes corrections et arbitrages. Il faut être juste: ce cabinet a été réactif sur de nombreux dossiers et il s'est même distingué par une capacité d'anticipation moins prégnante qu'il n'y paraît dans la pratique gouvernementale.
Ainsi, des mesures ont été prises pour faire face, que ce soit à une détérioration de l'économie internationale ou à une crise sociale annoncée au printemps
dernier.
Performance
La subvention du blé tendre a été assurée jusqu'au mois de mai; les milliards de dirhams non budgétés ont cependant pu être mobilisés pour rassurer l'approvisionnement en pétrole; l'approvisionnement en denrées et le contrôle des prix durant le Ramadan ont porté leurs fruits; la politique de revalorisation des bas salaires a été concrétisée le 1er juillet (+5% sur le smig) de même que les allocations familiales.
Dans cette démarche, quelle a été la logique? Une meilleure gouvernance avec des plans d'action sectoriels sur cinq ans tournant le dos à un "court termisme" traditionnel.
Abbas El Fassi présidant un conseil de gouvernement.
Une revalorisation aussi de l'action publique sur la base d'un principe de concertation et de dialogue, au sein du gouvernement pour commencer puis avec le Parlement et les partenaires sociaux et économiques. Abbas El Fassi se garde bien de marginaliser certains ministres au profit d'autres: il tient à faire un travail d'équipe. Ce qui ne peut qu'améliorer l'efficacité du travail gouvernemental et la mise en place des instruments appropriés: dialogue social, textes sur l'Instance de lutte contre la corruption, sur le Conseil de la concurrence, sur l'Agence Millénium, sur la déclaration de patrimoine, actions de solidarité couplées à l'INDH avec la création d'un Fonds de Développement rural de 300 millions de dirhams,…
Restent cependant des dossiers en instance: où en est le contrat programme Etat-régions qui doit être l'armature d'une décentralisation attendue? Quelle politique d'amélioration de la gouvernance locale? Où en est le dossier de réforme de la Justice ou celui d'une nouvelle loi organique des finances devant asseoir la régionalisation et la déconcentration?
Les axes sont fixés, les chantiers sont identifiés, les réformes à entreprendre ou à poursuivre: c'est un cap présentant toute la visibilité et la lisibilité voulues même si des correctifs ne sont pas à écarter du fait de la conjoncture. Abbas El Fassi bénéficie du soutien et de la confiance de SM le Roi -il s'en est encore prévalu voici deux semaines dans l'interview donnée à l'hebdomadaire Jeune Afrique. Il a aussi présidé la délégation officielle participant aux travaux tant de la session spéciale de haut niveau de l'Assemblée générale de l'ONU consacrée au développement africain qu'à la 64ème session annuelle de cette même institution onusienne.
De quoi le requinquer en tant que chef du gouvernement mais aussi en sa qualité de secrétaire général du parti de l'Istiqlal, à quelques semaines de son XVème congrès