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À la recherche des lions du sultan Le plus grand des lions
Publié dans MarocHebdo le 03 - 07 - 2009

Des chercheurs britanniques tracent la lignée des lions royaux marocains
À la recherche des lions du sultan
Abondant autrefois dans toute l'Afrique du Nord, le lion de l'Atlas ne survit plus qu'à l'état captif dans des zoos. Si rien n'est fait, dans un quart de siècle, ce noble félin aura cessé d'exister.
Le lion de l'Atlas -le félin pas le footballeur-, emblème officiel du Royaume du Maroc, est déjà éteint à l'état sauvage depuis 1942. À l'état captif, il en demeure moins d'une centaine dans des zoos du monde entier, dont une vingtaine dans celui de Témara, aux environs de Rabat. Tel que les choses se présentent, si rien n'est fait, il risque tout simplement de disparaître de la surface du globe dans une vingtaine d'années, et ne subsisteront plus que des individus génétiquement hybrides, mélanges des différentes sous-races, qui n'auront de lion de l'Atlas que l'apparence.
Abattage
C'est dans le souci de préserver la pureté génétique du lion de l'Atlas qu'une équipe de scientifiques britanniques, conduite par Simon Black, du Durrel Institute of Conservation and Ecology, de l'Université du Kent, a mis au point un "stud book", sorte d'arbre généalogique de chacun des descendants des lions de l'Atlas autrefois propriété du Sultan du Maroc. Les seuls spécimens dont on a la garantie qu'ils sont à 100% génétiquement purs du fait de l'isolement protecteur dont ils ont toujours été entourés. «Il existe de solides preuves circonstancielles que les animaux du zoo de (Témara) étaient les descendants des lions de Barbarie originaux capturés à l'état sauvage», affirme docteur Black à la BBC, le 23 juin 2009.
Des bêtes dites sauvages qui, paradoxalement ont été amenées au bord de l'extinction par les vagues "civilisatrices" consécutives qui se sont succédé au Maroc. Le massacre a commencé avec les Romains qui ont extirpé à leur milieu naturel des milliers de lions pour leurs cruels jeux du cirque. Puis ce furent les Arabes, qui offraient des récompenses pour l'abattage de lions, considérés comme un danger pour les centres urbains naissants. Et, pour finir, vinrent, au 20ème siècle, les chasseurs français, qui avaient déjà fini d'exterminer les derniers spécimens de lions de l'Atlas en Tunisie et en Algérie, respectivement en 1891 aux environs de Tabarka; et 1893, près de Batna.
Anticipant le danger, le Sultan Moualy Abdelhafid prit la décision en 1912, année du début du Protectorat français sur le Maroc, de faire capturer les derniers lions vivant encore en liberté dans les montagnes de l'Atlas pour les placer dans une fauverie dépendant du palais royal de Rabat. Sage décision car le dernier des individus passés à travers les mailles des filets a été tué en 1942 par un braconnier français aux environs du passage montagneux de Tizi n'Tichka, à une centaine de kilomètres de Marrakech. En 1953, avec la déposition et l'exil du roi Mohammed V, les 21 lions de la ménagerie royale de Rabat ont été momentanément confiés aux zoos de Casablanca et de Meknès jusqu'au retour du Souverain en 1955, où ils regagnèrent la fauverie de Rabat. En 1973, les descendants de cette lignée pure furent définitivement remis au zoo de Témara par feu Hassan II. C'est ainsi que ce zoo se retrouva l'hôte des derniers représentants génétiquement purs de ce noble félin qui régnait jusqu'à il y a quelques siècles sur une région s'étendant du Maroc jusqu'au nord du Soudan.
Diversité
C'est donc le plus naturellement du monde que les chercheurs britanniques ont basé leur "stud book" sur une revue des registres manuscrits du zoo de Témara datés de 1969 à 1998, en plus d'une revue détaillée des registres de zoos du monde entier à partir de 1974. Le "stud book" identifie ainsi tous les vrais lions de l'Atlas survivants, leur location, leur pourcentage de parenté et leur degré d'éloignement des "lions royaux" marocains. Les résultats de leurs travaux, en plus de détails sur le "stud book", ont été publiés dans le European Journal of Wildlife Research sous le titre Préservation de la santé génétique des lions de Barbarie en captivité: Une analyse des lions royaux marocains.
«Maintenant que nous avons ces informations, les zoos peuvent entrer en contact et planifier des échanges reproductifs, pour éviter la consanguinité, assurer et maintenir la diversité génétique et, avec elle, la santé des lions et la viabilité des populations», explique Simon Black.
L'analyse des chercheurs britanniques vise également à clarifier la valeur de conservation des différents descendants des "lions royaux" marocains captifs et leur capacité à se réadapter au climat nord-africain.
En attendant une hypothétique réintroduction dans la nature. Un projet caressé, il y a quelques années, par le gouvernement marocain, mais abandonné pour manque de moyens. Au moment où une autre sous-espèce de "lions de l'Atlas" font l'objet de sollicitudes qu'ils sont loin de mériter par les temps qui courent…
Panthera leo berberisca, ou lion de l'Atlas
Le plus grand des lions
De son nom scientifique Panthera leo berberisca, le lion de l'Atlas (ou de Barbarie) se caractérise par un pelage gris. Les mâles ont une énorme crinière couvrant la moitié du corps et plus en plus sombre vers la partie postérieure. Les femelles ont des poils longs autour du cou et de la gorge, sur les pattes avant et le long du ventre. Mesurant de 2,75 m à 3,40 m et pesant jusqu'à 315 kg, il est beaucoup plus grand et plus puissant que toutes les autres sous-espèces de lions. Seul le tigre de Sibérie le dépasse parmi les félins au niveau poids et envergure (4 m pour 384 kg), mais le lion de l'Atlas est plus haut, avec 1,10 m au garrot. Il se caractérise également des autres lions par une couronne plus pointue, un museau étroit, des pattes courtes, des yeux plus clairs. Son rugissement peut porter à 8 kilomètres à la ronde.
Sa méthode de chasse n'a jamais été documentée, mais on pense qu'il utilisait la même mort par strangulation que les autres grands félins du monde. Les proies du lion de Barbarie étaient principalement des moutons de Barbarie, des sangliers, des gazelles de Cuvier et des cerfs de Barbarie, mais aussi des troupeaux de vaches et de moutons, voire un cheval. Il vivait plus en groupes familiaux étroits qu'en meutes. La saison de reproduction avait lieu en janvier. Le record de gestation en captivité est d'environ 110 jours, après quoi jusqu'à 6 lionceaux peuvent naître avec toutefois des portées plus courantes de 3 à 4 petits.
Les lionceaux sont généralement de couleur très sombre avec des rosettes et pèsent environ 1,75 kg à la naissance. Ils ouvrent leurs yeux autour du 6ème jour et commencent à marcher à 13 jours. Les mâles montrent un intérêt pour les femmes autour de 24-30 mois, mais ne se reproduisent pas avant l'âge de 3 ans et plus