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Mode de vie : Et Dieu créa la retraite…
Publié dans La Gazette du Maroc le 25 - 07 - 2008

Yeux bridés et esprit effacé, Abdelhamid, ancien fonctionnaire de son état, s'est abonné au café en face de chez lui depuis plus de dix ans. Ces années durant, il cherche à arrondir ses fins de mois afin de subvenir à ses besoins et à ceux de sa petite famille. Retraite oblige, pension minable aussi…
J'ai encore du mal à vivre sereinement ma retraite. J'ai l'impression que je ne sers plus à rien. À soixante ans, j'avais encore envie de travailler et je crois que la retraite est une manière polie de dire « on n'a plus besoin de tes services… Casse-toi ! ». Je sais que c'est universel, mais personnellement, je le vis mal. Je passe le restant de mes jours assis dans un café en train d'ingurgiter mon lait chaud. Je n'ai rien à envier à mes copains retraités qui passent leurs journées à se battre dans des parties de dames tout en se remémorant les années de fonction. Ma pension, quant à elle, n'arrange pas non plus les choses. Si nos enfants ne nous aidaient pas, ma femme et moi, nous n'aurions pas de quoi finir le mois. Je n'aurais jamais cru en arriver là. On vieillit de plus en plus et je sais qu'après on aura plus de dépenses. Figurez-vous que le prix de nos médicaments dépasse le montant de notre pension !». Les larmes d'Abdelhamid viennent couper court à de braves lamentations. Il n'est pas habitué à ce que l'on paie pour lui, il ne savait pas ce que le manque financier voulait dire. Sa maison était ouverte à tout le monde. A présent, son cœur commence à palpiter dès que la fin du mois lui fait les yeux doux. Il se maudit davantage lorsque sa femme lui tend les quelques sous que ses enfants lui donnent. Cela se passe toujours ainsi… Synonyme de fin de fonction et de rendement, la retraite marocaine est un concept qui consiste à tourner le dos à tous ceux qui ont honnêtement travaillé durant une bonne pléiade d'années. À soixante ans, Abdelhamid, Said ou encore Fatéma, doivent impérativement plier bagages, s'envelopper dans leurs cocons et attendre docilement que la sainte mort vienne frapper à leurs portes. Leur emploi du temps se tourne le pouce, leur existence sent le moisi et leur pension crie halte face à autant de médiocrité. Nombreux sont ceux qui perdent espoir et conjuguent l'après-fonction avec la consternation, la déception et le découragement. A chaque fin de mois, ô combien de files de vieux retraités attendent devant la trésorerie… Cela devient encore pire quand ils viennent de la campagne pour avoir le sésame et qu'ils sont obligés d'attendre plus de deux jours : pas d'argent en vue, pour l'instant. Ils sont ainsi obligés d'y passer la nuit en attendant la petite pension qui agonise de honte. Il y a aussi le cas de ceux qui, pour avoir leur argent, sont obligés d'avoir chaque mois, douze témoins à leurs trousses ! Autant l'oublier…
Le Maroc, nouvelle tendance des retraités étrangers
Privés du nécessaire, les retraités marocains ont beaucoup à envier à tous ces étrangers qui vivent une nouvelle jeunesse dorée. Ils attendent impatiemment cette période de la vie où «sea, sun and sex» en est la devise. Des années durant, ils préparent leur retraite avec le plus grand soin, afin de finir en beauté une existence partagée entre boulot, boulot et encore boulot. C'est le stade où le couple se retrouve, revit et redore le blouson de tant de temps vécu ensemble sans avoir eu l'occasion de se découvrir davantage. Ils optent même de s'installer ailleurs pour y reconstruire la nouvelle vie qu'ils se sont promise. Le Maroc, grand pays d'accueil, fait partie de ces destinations qui font baver les étrangers. Titillant leur besoin de soleil, d'accueil et de chaleur, il offre une horde de choix qui correspond parfaitement aux petites exigences de ces invités avides de fraîcheur. Avec de bons avantages fiscaux, ils se permettent l'aisance dont ils rêvent et profitent pleinement de ce qu'on leur propose. « Nous avons décidé, mon mari et moi, de quitter notre France natale et de venir nous installer au Maroc. Nos enfants n'ont plus besoin de nous puisqu'ils ont assuré leur avenir et vivent leur vie comme bon leur semble. On est venu plusieurs fois ici et je ne pourrai vous cacher qu'on est follement amoureux de ce pays. On s'irrigue de son soleil, de sa chaleur et de sa culture et on n'est pas prêts à laisser passer autant d'avantages. On a choisi la terre du Maroc pour y passer notre retraite et la fin de notre existence. On est tellement content ici! ». Avec sa petite choucroute de cheveux blancs, sa jolie robe toute fleurie et son sourire de publicité pour dentifrice, Marie-France, 71 ans, compte bien savourer, en compagnie de son mari, cette retraite qu'elle a attendue depuis si longtemps. Munie de tous ses souvenirs français, elle espère se refaire une vie ici loin de la morosité de Paris. Elle a envie de s'éclater et d'explorer ce qu'elle n'a jamais eu l'occasion de découvrir. C'est un choix qu'elle assume amplement et qu'elle compte concrétiser en bonheur, satisfaction et plaisir.
«Quand la retraite me prend dans ses bras… Je vois la vie en rose»
Cartes ou cigarettes à la main, le quotidien du retraité marocain se déroule ainsi entre cafés et maisons comme s'il n'avait jamais exercé de sa vie. Perdu entre l'inutilité et le désespoir, il essaie tant bien que mal de clôturer son existence en rose. Pourtant, le pays ne favorise pas cette démarche, et ce, en mettant ses anciens fonctionnaires sur une tout autre marge. Ces derniers perdent ainsi le nord et sont désormais persuadés que plus rien n'est fait pour eux. Cela concerne particulièrement ceux dont l'état social est assez précaire. L'autre catégorie, plus aisée certes, vit différemment cette période de la vie. Les moyens permettent une organisation singulièrement consistante, afin d'immortaliser cette belle époque et la graver dans les annales personnelles. Entre voyages, sorties et activités, le retraité savoure sa renaissance en profitant de tous les avantages qui s'offrent facilement à lui. La dolce vita quoi ! «Je passe toute l'année à me balader entre la France, les Etats-Unis et Tahiti chez mes enfants. Je n'hésite pas à changer d'air dès que l'occasion se présente. Je n'ai plus aucune contrainte, autant en profiter ! Ma femme se réjouit dès qu'elle sent un brin d'ennui s'immiscer dans notre vie de tous les jours. Elle sait d'avance que je ne vais jamais refuser de squatter les quatre coins du monde et de vivre ma retraite comme je veux. Sinon, quand je ne vais pas à l'étranger, je passe mon quotidien à faire du sport, à rencontrer des copains, à organiser des soirées chez moi, à lire, à écouter de la musique… Je ne serai jamais de ces gens qui maudissent tout le temps cette belle période. Sachez que la retraite ne sonne pas la fin de l'existence. La vie est si courte pour ne pas en profiter ! » Si à 78 ans, Samir jouit toujours d'une bonne mine et pète la forme, son esprit et son moral se portent encore mieux. Il transmet spontanément sa joie de vivre. Sa devise : laissez votre retraite vous faire rayonner de bonheur !


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