Outsourcia fait l'acquisition de la société française Simplify    Dialogue social : El Otmani rencontre syndicats et employeurs    TGR : Le déficit budgétaire s'est creusé à 32,3 MMDH en septembre    Il fait l'actu : Kaiss Saïed, nouveau président de la Tunisie    Arab Reading Challenge: La Marocaine Fatima Zahra Akhiar passe en finale    Le 3e Salon maghrébin du livre fait la part belle aux enfants    Samira Said à Muscat    FRMF: Tout savoir sur les billets du match Maroc-Algérie locaux    TIBU Maroc présente la 1ère promotion de «Intilaqa»    Yemoh & The Minority Globe lance «Welcome to Africa» le 25 octobre    Ligue des champions de la CAF : Le WAC gagnera par forfait contre l'USMA    Les violations des droits humains à Tindouf mises à nu    Brexit: Un accord « possible » dans la dernière ligne droite, selon Dublin    Programme Bades: Le démenti de la CGI/CDG    Suite à une réunion avec la tutelle : Les transporteurs routiers de marchandises annulent leur grève    Moga Festival. L'électro métissé d'Essaouira !    À Hong Kong, la violence des radicaux n'entame pas l'unité du mouvement    Joie dans les rues de Quito pour célébrer la fin de la crise    Le Maroc tenu en échec par la Libye en attendant le Gabon ce mardi    Ouverture de la première session de la 4e année législative    Vidéo. Marrakech : L'accident enregistré par une caméra de surveillance    Edito : Banques    Paul Kagame : « Le développement de l'Afrique relève de la responsabilité des Africains »    Loi de Finances : Syndicats et patronat chez le gouvernement ce lundi    Le Maroc remporte à Abu Dhabi le Championnat arabe du muay-thaï    Fès : Trois individus arrêtés en flagrant délit de possession de plus de 2 t de chira    WPC de Marrakech : La ‘‘Route de la Soie'', entre alarmistes et réalistes    Tunisie : Kais Saed vainqueur de la Présidentielle    Bleus : Plan D comme Deschamps, monsieur bricolage    La quête d'un équilibre défensif    Le nouvel échéancier de paiement de l'IATA inquiète les voyagistes marocains    Ferme soutien au Plan d'autonomie au Sahara    La sensibilisation à la santé mentale au menu d'une rencontre à Rabat    Grave menace sur le passage frontalier d'El Guerguarat    Une délégation parlementaire marocaine participe à la 141ème Assemblée de l'UIP    Le village solaire d'Id Mjahdi se dote d'un Centre éducatif    La Banque africaine de développement soutient l'entrepreneuriat des jeunes et l'innovation au Maroc    Euro-2020 : L'Italie qualifiée, l'Espagne devra attendre    BMCE Bank of Africa organise une master class sur le "personal branding"    "Achoura" de Talal Selhami remporte un nouveau prix en Espagne    Le musée Farid Belkahia ouvre ses portes aux œuvres de Hassan Hajjaj    Eradication du mariage des mineurs    Epidémiologie cancer du col de l'utérus au Maroc    Météo: Le temps qu'il fera ce dimanche    Fès : Saisie de plus de 2t de chira    Le roi félicite le Premier ministre éthiopien lauréat du Prix Nobel de la paix    Marrakech : Trois morts et 22 citoyens écrasés par un conducteur en état d'ébriété    Le jour où Elton John a vu la reine Elizabeth II perdre son sang-froid    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Fête du Trône
Match Maroc/Algérie: Les 4 buts… très politiques C'est si bon de battre symboliquement le voisin! Une super-communion patriotique qui change l'agenda des contestations
Publié dans L'Economiste le 29 - 07 - 2011

«Le peuple exige… 3-0». Des slogans atypiques inspirés du printemps arabe ont été scandés avant et pendant le match Maroc-Algérie, le samedi 4 juin à Marrakech. Rappelons que c'était la 34e rencontre entre les deux pays. Parmi les supporters, des hordes de jeunes, le «Mouvement du 20 février», des MRE venus spécialement assister au derby maghrébin; des supporters des deux équipes en provenance de tous les coins du Maroc, de l'Algérie et d'ailleurs…
La rencontre s'est jouée à guichets fermés dans le grand stade flambant neuf de la capitale du tourisme. Cela faisait bien longtemps qu'un match n'avait suscité autant de suspense et de commentaires enflammés.
Le derby maghrébin était ressenti comme l'un des événements phares de l'Afrique du Nord. Et ce dans un contexte régional très particulier: des révoltes dans le monde arabe, une tension sociale, des manifestations dans les rues, de fortes attentes politiques et une crise de leadership, une quête de nouveaux repères avec, entre autres, des victoires et des symboles.
. Et par-dessus le marché, une rencontre Maroc-Algérie ne pouvait pas être seulement sportive: les charges émotionnelles sont bien trop fortes. Si bien qu'on a manqué à la courtoisie comme lorsque l'hymne national algérien fut sifflé. Et puis, quelques jours après, la défaite sans appel de l'Algérie a réveillé chez le gouvernement algérien, tout le contentieux du Sahara, de Tindouf, des frontières… jusque et y compris des dossiers qu'on croyait oubliés depuis des lustres comme le pétrole ou encore la carrière personnelle de Bouteflika (sommé démontrer son patriotisme par des actes démagogiques).
Enterré donc et sans doute pour longtemps, l'espoir d'ouverture des frontières et du passage de Zouj Bghal. Des informations en forme d'espérance avaient circulé avant le match, affirmant que ce serait l'occasion ou jamais.
. Espérances sèchement écrasées par le Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia.
Pour le Maroc, ce 4-0, des Lions de l'Atlas contre les Fennecs, a pris des allures de revanche d'un système politique sur un autre, sans compter la joie d'effacer une terrible humiliation vécue aussi sur un stade de foot quand les Algériens avaient écrasé les Marocains 5 à 1 en 1979. Aujourd'hui, certains Algériens parlent à leur tour «d'humiliation».
Sur le Net, le match s'est prolongé des jours et des jours: patriotisme joyeux côté marocain: «One, two, three, four! Vive le Maroc… 4, 5, 6: Vive Mohammed VI». Examen de conscience (politique) chez les Algériens: «Nous n'avons pas une équipe nationale, nous avons une mafia qui gère le football en Algérie», ou encore «c'est la honte, la grande humiliation…».
Personne n'a envie d'écouter les appels à la rationalité: «Ce n'est pas un match de foot qui me fera changer d'avis. L'équipe marocaine était plus soudée et déterminée à gagner. Elle l'a méritée. Mais, n'oublions pas qu'il ne s'agissait que d'un match de foot». Et revoilà les thèmes politiques lourds: «N'oubliez pas que sans le hasard de l'histoire et des frontières, nous serions des compatriotes. Vive le Maroc, Vive l'Algérie», «la fraternité des deux peuples transcende la souveraineté des nations». Certes… mais c'est si bon de battre symboliquement le voisin.
La place des héros
La victoire des Lions est venue à point nommé. Le Maroc avait besoin de cette consécration: une défaite de l'équipe de foot aurait été difficile à assumer dans un climat social et politique pénible. L'extrême gauche, Al Aldl Wal Ihsane, les associations des droits de l'Homme… multipliaient les sorties et les critiques de tous genres contre le gouvernement, le Parlement, les institutions, les partis politiques, la Constitution… Une victoire d'autant plus utile, après l'attentat de l'Argana à Marrakech. En quatre buts, les Marocains ont tout oublié. Pour se ressouder autour du drapeau national et pour renouveler leur confiance au Roi. Les scènes de liesse et de ferveur patriotiques étaient les mêmes de Tanger à Lagouira et chez les Marocains du monde qui ont manifesté leur joie à Paris, Rome, Bruxelles, Madrid, etc. La réconciliation entre le peuple et la nation était émouvante. Et surtout a donné la preuve que le Maroc est le pays de l'exception. Une exception que les Lions de l'Atlas, eux encore plus que les autres héros du Maroc, devront assumer et protéger. Le challenge est énorme.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.