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La modernisation économique du Maroc: Piliers, chantiers et défis
Par Driss GUERRAOUI
Publié dans L'Economiste le 23 - 10 - 2014

Le Maroc a fait de l'édification d'une économie ouverte et le développement d'un système productif
fondé sur de grands chantiers structurants s'appuyant sur les avantages comparatifs, compétitifs et stratégiques de ses différents secteurs d'activité un de ses objectifs prioritaires. Dans ce cadre, la modernisation économique du pays repose sur un certain nombre de piliers fondamentaux et s'appuie sur six chantiers majeurs. Cependant, pour atteindre les objectifs tracés en matière de modernisation économique, le Maroc se doit de relever plusieurs défis.
I- Les piliers fondamentaux de la modernisation économique
La stratégie marocaine de modernisation économique s'appuie sur trois piliers fondamentaux:
1- Un climat institutionnel des affaires:
Le Maroc a réussi depuis la fin des années 90 à construire par touches successives un climat institutionnel des affaires incitatif et attractif. Ce climat est le fruit de choix politiques audacieux qui ont favorisé l'émergence d'une nouvelle génération d'entreprises et d'entrepreneurs, ont réconcilié les citoyens avec leur histoire et ont renforcé la confiance des acteurs dans leurs institutions.
Plusieurs moyens ont été mis au service de ces choix politiques, couronnés tous par la consécration dans la nouvelle Constitution de 2011 des principes de liberté économique et d'initiative entrepreneuriale.
Mais bien avant cette date, la modernisation économique a été préparée par l'affermissement de l'ouverture de l'économie marocaine sur son environnement international et la libéralisation de ses échanges extérieurs que matérialise l'adhésion précoce du Maroc, dès 1994, à l'Organisation mondiale du commerce, organisation qui a vu le jour d'ailleurs à Marrakech cette même année, ainsi que par la signature de plus de 50 accords de libre-échange.
De même, ces choix ont été favorisés par la création de l'instance Equité et Réconciliation, qui a permis de tourner une page avec les violations graves des droits de l'Homme dans le passé, réconciliant ainsi les Marocains avec leur Histoire et consolidant de ce fait leur confiance dans les institutions.
Enfin, ils ont été éclairé par l'élaboration du rapport du cinquantaine, qui est le produit d'une audace politique nationale, jamais égalée dans l'histoire récente du Maroc, où l'intelligence collective du pays a permis d'élaborer un diagnostic sans équivoque de 50 années de développement humain et ce en mettant en perspective pour l'horizon 2025 deux scénarios:
-Le scénario de la continuité qui mènera le Maroc à une impasse généralisée, au désordre et au chaos ;
-Et le scénario du changement, dit «du Maroc possible», c'est-à-dire celui de la réforme, de la modernité, de la démocratie, de la solidarité et de l'ouverture sur le monde et la civilisation universelle.
C'est ce scénario qui se trouve à la base de la construction en cours de la stratégie de modernisation économique du Maroc et qui a eu une traduction sur le plan du droit économique.
2- Un droit économique moderne:
L'existence d'un arsenal de règles de nature économique est en soi un garant de l'existence d'un cadre juridique fixant les droits et les obligations des partenaires économiques et sociaux, permettant la conclusion de conventions collectives, définissant les modalités de l'arbitrage et de la gestion des conflits collectifs de travail et offrant les conditions de la modernisation future des relations professionnelles au sein de l'entreprise.
En sus de ce cadre juridique, les organisations et associations professionnelles semblent connaître progressivement une réelle mutation allant dans le sens de la prise en compte des questions liées à la responsabilité sociale et environnementale de l'entreprise, associé à l'existence d'un système de protection sociale pour les salariés des secteurs privés et publics assez développé, bien connaissant quelques déviances, notamment la sous et parfois la non-déclaration des salariés.
Par ailleurs, la modernisation économique du pays s'est renforcée par l'émergence d'instances de médiation favorisant l'éthique des affaires, la moralisation de la gouvernance économique, et l'élaboration de Grands contrats sociaux dont l'objectif souhaité est de concilier entre la compétitivité économique et la cohésion sociale. Il s'agit notamment du Conseil économique, social et environnemental, de l'Instance centrale de prévention et de lutte contre la corruption et du Conseil de la concurrence.
3- Une vision géostratégique et géoéconomique nouvelle
Cette nouvelle vision a élargi les horizons géographiques des échanges du Maroc au sein du marché mondial, faisant que ces horizons ne se limitent plus à l'Europe, la Méditerranée, le monde arabe et l'Afrique, mais aussi et de plus en plus à la zone Amérique-Asie-Pacifique, la Russie et à l'intérieur du monde arabe la zone regroupant les pays du Conseil de coopération du Golfe.
Même si l'Etat central continue au Maroc à jouer un rôle d'acteur et régulateur principal dans la vie économique, sociale et politique, les acteurs économiques, les PME comme les grands groupes nationaux, commencent réellement à s'aménager des marges de plus en plus grandes d'action, de pouvoir et de décisions sur la sphère économique nationale
L'ensemble de ses piliers et fondements constitue les principes directeurs de la vision qu'a aujourd'hui le Maroc de son futur économique, comme ils représentent un substrat des grands chantiers de modernisation économique qu'il est en train de promouvoir à l'échelle de l'ensemble du territoire.
II- Les grands chantiers de modernisation économique:
Deux traits caractérisent les grands chantiers de modernisation économique du Maroc. Ces chantiers sont d'abord l'œuvre d'une volonté politique affirmée d'engager le Maroc dans une modernité économique généralisée. En effet, il y a aujourd'hui au Maroc un projet réel de modernisation économique, piloté par un Etat moderne s'appuyant sur un système bancaire et financier bien structuré, fort, technologiquement avancé, très intégré à l'international et porté par une nouvelle génération d'entreprises et d'entrepreneurs, financières et non financières, en phase avec les grands choix stratégiques du Maroc du XXIe siècle.
Par ailleurs, ces grands chantiers structurants s'inscrivent dans le cadre d'une vision claire et précise de ce que doit être cette modernité économique. Ainsi, conformément à cette vision, la modernité économique doit consacrer le passage progressif d'une rationalité entrepreneuriale de nature rentière et spéculative portée par des groupes sociaux prospérant sous les effets multiples de leur proximité avec le pouvoir politique central, des droits acquis, du clientélisme et des privilèges à une rationalité de plus en plus soumise à la logique de la concurrence loyale, du mérite, de la compétence, du comportement économique citoyen et du respect des droits et des institutions.
Deux raisons font que cette rationalité ait connu une évolution certaine bien que lente et ait frayé un véritable chemin, bien qu'encore empreint d'obstacles structurels hérités du passé. La première raison réside dans l'incapacité de l'Etat central aujourd'hui de tout contrôler, tout réguler, tout produire et tout échanger et ce dans un contexte national marqué par la raréfaction croissante des ressources sur un fond de pression continue des besoins dans tous les domaines stratégiques de la vie économique et sociale des citoyens.
La deuxième raison réside dans la nouvelle donne du système de l'économie mondiale. En effet, celui-ci est de plus en plus marqué par l'ouverture des économies, la libéralisation des échanges, la mobilité exponentielle des capitaux, des flux financiers divers et des technologies, la suprématie progressive, relative certes mais certaine du droit et des institutions dans les actes économiques. Tous ces faits majeurs ouvrent la voie progressivement à tous ceux qui parmi les acteurs nationaux (et étrangers) qui veulent prendre des risques, innover, créer de la richesse et ont du génie.
Pour toutes ces raisons réunies, même si l'Etat central continue au Maroc à jouer un rôle d'acteur et régulateur principal dans la vie économique, sociale, politique et culturelle, les acteurs économiques, les PME comme les grands groupes nationaux, commencent réellement à s'aménager des marges de plus en plus grandes d'action, de pouvoir et de décisions sur la sphère économique nationale. La conséquence la plus logique de ce phénomène, inédit dans l'histoire récente du Maroc, est l'émergence et le développement d'une élite économique nouvelle en phase avec le grand projet de modernisation économique généralisée du pays.
C'est ce contexte nouveau qui a impulsé une stratégie globale, intégrée et diversifiée de modernisation économique basée sur six axes essentiels qui s'appuient sur six chantiers économiques majeurs. Il s'agit:
1) des nouveaux métiers mondiaux du Maroc;
2) des secteurs pour lesquels le Maroc dispose d'un avantage comparatif traditionnel;
3) des secteurs stratégiques correspondant aux défis que le Royaume aura à affronter dans un avenir proche;
4) des secteurs de la banque, la finance, l'assurance et de la bourse;
5) des grands chantiers d'infrastructures;
6) les secteurs relevant de l'économie sociale et solidaire.
C'est cette perspective qui permettra au Maroc de réaliser des avancées, voire des raccourcis dans la voie de la modernisation économique généralisée.
Les défis à relever
Pour atteindre les objectifs tracés à l'échelle de l'ensemble de ces chantiers, plusieurs défis doivent être relevés. Ainsi, la modernisation économique du Maroc aura à faire face à au moins cinq défis majeurs:
- Former les compétences et produire des élites: La formation des compétences et la production des élites économiques, administratives, politiques, scientifiques et associatives d'un niveau d'excellence, de compétence, d'engagement et d'intégrité à la mesure des nouvelles ambitions géostratégiques et géoéconomiques du Maroc du XXIe siècle constitue la clé d'entrée première à la réussite de toute la modernisation économique du Maroc.
- Organiser les territoires: Le Maroc est résolument engagé dans un processus de régionalisation avancée. Pour réunir les conditions de réussite de ce grand dessein national, les pouvoirs publics, en concertation avec l'ensemble des acteurs, sont appelés à mettre en place les instruments constitutionnels à même de préparer les représentants des populations et les acteurs publics régionaux et locaux à la prise en charge de la destinée économique des territoire, notamment les pôles de compétitivité qui structureront demain l'espace économique national
- Garantir les conditions de la citoyenneté pour renforcer l'adhésion et consolider la confiance: Garantir les conditions de la citoyenneté est un facteur essentiel pour avoir l'adhésion des populations à l'effort de modernisation économique projeté par le pays. Cependant celle-ci exige, la mise en place de politiques publique fondées sur une meilleure répartition des fruits de la croissance et la réduction sérieuse des inégalités sociales et spatiales.
- Bâtir une gouvernance responsable de l'économie: Cette gouvernance se doit ainsi d'être fondée sur la suprématie du droit et la loi, la garantie des conditions de la compétition loyale et de l'égalité des chances entre tous ceux qui parmi les citoyens veulent entreprendre et créer de la richesse. En outre, cette gouvernance responsable est appelée à s'appuyer sur l'intelligence et le génie individuels et collectifs des acteurs, la gestion de proximité, les modes éthiques de management fondés sur des systèmes appropriés de contrôle, d'évaluation et de reddition des comptes, en sus de l'égalité de traitement devant le fisc, la justice et l'accès aux services publics attenants au monde des affaires.
- Réinventer sans cesse la démocratie: Parce que l'économie est politique et parce que la politique est au cœur de la gestion des affaires de la cité, réinventer sans cesse la démocratie est une condition indispensable pour faire évoluer les dimensions institutionnelles de la modernisation économique. Pour ce faire, l'Etat se doit de favoriser les pratiques de la démocratie participative, l'écoute, le dialogue, la concertation, l'élaboration et la mise en œuvre partagées des projets collectifs entre les partenaires économique, et sociaux et ceux de la société civile organisée, fondés sur de Grands contrats sociaux.


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