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Filière algues: Comment en tirer tous les profits?
Publié dans L'Economiste le 18 - 10 - 2018

Les derniers chiffres de 2011 de la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, placent la Chine comme premier producteur d'algues au monde. Les applications étant pour moitié pour les texturants et l'autre moitié pour l'alimentation. Si la culture d'algues pour texturants est en courbe croissante, les volumes d'algues alimentaires restent stables depuis 2003
Même à El Jadida, berceau de l'algue rouge, ils sont peu nombreux à en connaître les bienfaits. Alors que dire du reste de la population? Une chose est sûre, sa valeur ajoutée pour l'alimentation et la santé échappe totalement aux citoyens.
«Il faut que les organismes responsables puissent encourager les chercheurs et spécialistes dans le domaine afin de promouvoir le secteur, surtout gastronomique, des algues pour éradiquer notamment les problèmes thyroïdiens qui s'aggravent chez les Marocains et commencent même à toucher les jeunes», explique l'algologue Ouafa Cherifi.
Une manne naturelle qui représente un apport en micro-éléments, vitamines et acides aminés. Déclinaison des possibilités de valorisation de cette ressource plus que prometteuse.
■ Agriculture: Sources d'iode, de calcium, magnésium, soufre, azote, potassium, sodium, zinc, les algues brunes, vertes ou rouges, transformées en produits prêts à l'emploi, fertilisent le sol en profondeur, favorisent la croissance des racines, stimulent la pousse et apportent de l'énergie et de la résistance aux plantes. Exemple d'innovation: le français Olmix Group a pour objectif de construire une chaîne alimentation-santé complète sans pesticide, sans antibiotique et sans additif chimique grâce à ses solutions naturelles algo-sourcées. Son créneau: utiliser les algues pour lutter contre l'antibiorésistance, sujet de santé publique mondial majeur. La première démonstration de la validité de ses solutions a été faite avec le Breizh Algae Chicken, un poulet élevé 100% sans antibiotique, grâce aux algues.
■ Alimentation: Soit en consommation directe ou en extraction de composants additifs, les algues marines sont à la fois riches en iode, s'inscrivant comme un bon allié pour ceux qui connaissent des problèmes de thyroïde, riches en protéines, anti-flatulences grâce à leur richesse en glutamates, anti-inflammatoires grâce à leur richesse en sucres, antianémiques grâce à leur richesse en fer, leurs effets sont aussi anti-âge via la vitamine E qu'elles contiennent. Les algues permettent aussi de lutter contre l'hypertension, réduisent les risques cardio-vasculaires et rééquilibrent l'activité hépatique. Antioxydantes, elles renforcent les défenses naturelles. Leur grande richesse en fibres végétales facilite le transit intestinal.
Quant à l'alimentation animale, elles s'inscrivent comme une source de protéines, en substitution aux farines de poissons qui constituent un prélèvement minier sur la ressource pélagique, et/ou de compléments nutritifs.
■ Cosmétique: Leur utilisation dans ce domaine ne date pas d'hier. Les cosmétiques aux algues puisant leurs origines dans les pratiques ancestrales des femmes asiatiques ou européennes habitant les villes côtières. Sur la base de cette utilisation vieille comme le monde, les algues étant les premiers végétaux apparus sur Terre juste après les bactéries, et résistant aux conditions extrêmes, associée aux recherches actuelles, elles s'inscrivent en cosmétique comme un très bon composant. Quelques petites structures émergent comme Atlant'Alg à Marrakech, qui commercialise toute une gamme de produits alimentaires et cosmétiques à des prix très abordables pour toucher l'ensemble des citoyens.
■ Production d'énergie: Algocarburants diesel, éthanol et biogaz en utilisant les micro-algues comme intrants en méthanisation. Des matériaux biosourcés également comme les bioplastiques algaux, adjuvants pour le BTP (béton et bitume, matériaux de construction), adhésifs, polyesters…
■ Environnement: L'ensemble de la communauté scientifique est d'accord pour considérer les algues comme un véritable allié contre l'acidification des océans, un phénomène en constante augmentation depuis la révolution industrielle. La séquestration du carbone par les macro-algues s'impose comme une belle opportunité contre le changement climatique. Naturellement dépolluantes, elles aspirent et capturent le CO2 pour ensuite rejeter de l'oxygène. De plus en plus de projets européens se tournent vers cette opportunité. C'est le cas de la colonne Morris nouvelle génération, mise au point par l'entreprise française Fermentalg en partenariat avec Suez. Le concept étant de remplir de millions de micro-algues le corps central de la colonne, qui agissent comme photosynthèse. Une seule colonne pouvant purifier autant d'air que cent arbres! Un même procédé a été installé sur la rampe du Pont Buttin à Genève en Suisse. Il s'agit d'un photobioréacteur pour la culture d'algues en milieu clos, mis au point par l'entreprise franco-néerlandaise, The Cloud Collective. En plus de la capture des gaz carboniques émis par les véhicules, cela permet de générer de l'électricité verte, du biocarburant, mais aussi de la matière pour des médicaments, des produits de beauté, ou de la nourriture.


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